[ Bout du chapitre précédent : Mes cheveux d'ébènes gouttent sur mon dos et dévalent ma chute de reins. Je me jette sur mon lit en boxer et me immédiatement roule en boule dans mes couvertures. J'éteins la lumière, quand tout à coup ma porte s'ouvre.
« - Coucou mon ange... Je viens dormir avec toi ce soir :D. »
C'est la plus grosse blague que je n'ai jamais entendue de toute ma putain d'existence. ]
Comment je suis sensé pouvoir résister après avoir goûté à l'interdit ?! Je grogne et me pelotonne un peu plus. Il interprète ça comme un 'oui', apparemment, puisqu'il vient se glisser dans mon pieu un instant plus tard. Il me pousse doucement, je suis donc obligé de me déplier, ce dont il profite dans la seconde. Il se colle illico presto à moi et je m'étonne qu'il ne ronronne pas déjà vu la façon dont il se frotte langoureusement sur mon torse.
Je le repousse gentiment et me retourne dos à lui. Combattif, il s'accroche donc à mes omoplates et colle son bassin au mien. J'expire lentement et essaye de me calmer. Il commence à se relever et à déposer une myriade de petits baisers au niveau de mon cou et de ma nuque. Il caresse tout doucement malgré la noirceur de la pièce l'endroit rougi par ses lèvres. Le suçon de cet après-midi. Il s'applique à le dessiner d'un doigt peu malhabile.
Je soupire, une fois de plus.
« - Tom... Arrête, s'il te plaît, dis-je d'une voix étrangement brisée.
- Je veux te parler, mon c½ur. Et je sais que tu n'as pas envie de dormir. »
Merci, je n'ai pas besoin de toi pour savoir la teneur en sommeil qui pèse ou non sur mes paupières !
« Tu sais... J'espère de tout mon c½ur que tu ne m'en veux pas pour ces dernières semaines. » Il marque une pause. « Je ne sais pas vraiment comment me comporter par rapport à toi.
- Pourquoi ? demandais-je naïvement. On est jumeaux, tu ... devrais pouvoir tout me dire. Absolument tout. »
Je le sens se décoller de moi un instant après que j'ai prononcé ma dernière phrase. Il me retourne vers lui tout doucement, puis continue ses explications d'une voix peu assurée.
« - Justement... non.»
Je le sens se crisper et son souffle se faire légèrement plus effréné. Est-ce qu'il va enfin me l'avouer ? J'en ai pourtant une peur panique.
« Je t'aime Bill. J'en peux plus de cet amour impossible... »
Voilà. Il me l'a dit. J'admire son courage, d'autant plus que ces sentiments ne sont pas partagés. Pensée pourtant remplie d'amertume, je vais encore une fois le faire souffrir. J'étouffe un soupir très pesant, pour le couper un instant plus tard.
« - Arrête Tom. Tout de suite, dis-je d'une voix sèche.
- Non, Bill... Laisse-moi parler ! »
Je sens sa douleur me percer à mon tour la cage thoracique.
« Je t'aime. Je veux que tu sois physiquement à moi comme j'ai l'impression d'autant t'appartenir au niveau des sentiments. Je te veux, toi. Comme amant, mais aussi comme jumeau.
- Et confident, et meilleur ami ? Tout comme femme de ménage, mère de substitution et bouche trou c'est aussi dans le lot ?! Je ne suis pas polyvalent Tom. Et jumeau, pour moi, ne va qu'avec frère ou confident. Pas amant.
- Tu m'aimes, je le sais, dit-il d'une voix brisée.
- Je te désire, nuance, tranche-je. »
Ne pleure pas. Ce que je viens de te lancer comme on aurait lancé une pique acérée est pourtant ce que je ressens. Je ne suis pas amoureux de Tom, il m'attire simplement. Mais pas qu'un peu.
« - Et... quand on s'embrassait ? Tu ne mettais pas de l'amour dans ces baisers ? Tu n'as pas aimé lorsque je t'ai fais ce suçon, peut-être ? lâche t'il, reprenant confiance.
- Je t'ai déjà dit : de l'attirance. Rien de plus.
- Je te plais, c'est déjà ça. C'est une ouverture à plus. »
Je commence à en avoir marre. Pourquoi doit-il encore plus compliquer les choses ?
« - TOM ! Arrête, okay ?! Ca suffit : je ne serais JAMAIS amoureux de toi ! Tu es mon jumeau et rien de plus.
- Je te préviens, je ne ferais pas la vie facile à Tobias...
- Tu lui fous la paix, c'est clair ?!
- C'est toi que je ne vais pas laisser en paix... Lui n'aura que la tristesse de te voir partir.
- Sors de ma chambre. »
Il a dépassé les bornes. Complètement.
« Je ne veux plus te voir jusqu'à ce que tu aies retrouvé tes esprits. C'est bien compris ? Maintenant dégage. »
Il me regarde d'un air étrange, puis se lève. Il se repenche vers moi une fois debout et revient embrasser mon suçon, en finissant amoureusement par mes lèvres.
- Bonne nuit mon amour... dit-il d'une voix pourtant pas si audacieuse que ça. »
Et il ferme la porte avec précaution. Lorsque je vois le filet de lumière du couloir se rétrécir progressivement, la solitude me prend à la gorge. C'est la première fois qu'il sort de mon lit de son 'propre' chef. J'ai peur d'avoir été beaucoup trop brusque. Et si je l'avais vraiment blessé, comment est-ce que je survivrais de l'avoir perdu ?
Je me retourne encore et toujours dans mon lit, vais faire mon sac, vais boire, me recouche, vais bâcler mes devoirs, soupire, étouffe ces pleurs d'incompréhension dans mon oreiller, et surtout je pense à Tom.
POV Tom
Je sais qu'en ce moment même il se torture dans sa chambre. Malgré tout ce qu'il s'est passé entre nous, je suis encore toutefois capable de prédire ses actions, ainsi que de les comprendre et naturellement de parfaitement les analyser. Je voudrais tellement retourner le voir et lui dire que ce n'est pas de sa faute. Mais je sais qu'il vaut mieux que je reste ici, loin de lui, comme il me l'a expressément demandé. Loin de mon, non de cet amour non partagé. Mon dieu, je souffre le martyr et je ne peux n'en vouloir qu'à moi-même.
Douce amertume qu'est celle d'aimer Bill. Cet être tout en contraste et mystère. Ses cheveux noirs de jais font ressortir son teint pâle, légèrement blafard. Ses joues rieuses adoucissent son visage qui pourrait être presque émacié par tant de pureté incisive. Ses yeux d'une douce teinte chocolat s'assombrissent et s'illuminent au gré de ses humeurs changeantes, aussi rapidement qu'un de ses battements de cils soyeux. Ayant une prestance tout comme un charisme viril, mais gardant des allures efféminées et une apparence délicate et fragile. Une silhouette élancée et longiligne, mais une personne qui donne envie de le serrer fort dans ses bras, comme un tout petit enfant. Des mimiques qui donnent tour à tour envie de lui arracher les yeux ou le plus souvent un baiser. Etant quelques fois enfant intimidé, quelques fois homme rempli d'assurance.
J'ai appris à l'aimer tel qu'il est réellement. Sans trop de mal, mais avec une douleur toujours grandissante.
Ma jalousie, dès que quoi que ce soit le concerne –et dans ce cas, le touche-, est sans bornes. Je voudrais qu'il m'appartienne. Je voudrais qu'il soit mien, ne plus jamais avoir peur qu'il s'en aille. Nos âmes sont jumelles et nos corps auraient du être liés. Je ne m'imagine pas vivre sans lui. Je respire pour lui. Je ne vis que pour être à ses côtés, avec lui, contre lui. C'est mon pire péché, ma malédiction... Mais un si beau paradis. Son c½ur est une grâce inaccessible et ses sentiments hors de portée.
« - Tom ? Tooom ? »
J'connais cette voix. Ouais, elle me dit bien quelque chose... On me secoue, sans aucune forme ni de politesse ni de délicatesse. J'ouvre les yeux très péniblement et avec une lenteur extrême. Le visage de ma mère apparaît devant mes pupilles endormies.
« Ah bah enfin ! C'est pas trop tôt ! Allez, Tom, bouge-toi ! Bill ne t'as pas réveillé ce matin, il est parti seul au lycée... Tu devrais déjà y être... me fait-elle d'une voix étrange.»
Impossible. Je dois faire un mauvais rêve.
« Il s'est passé quelque chose entre vous récemment ? Vous vous êtes... disputés ? demande doucement Mama.
- Hum, enfin... On est un peu en froid, oui...
- Pourquoi ?
- Je n'aime pas son nouveau copain, et ça l'énerve beaucoup que je le critique tout le temps. »
Fabuleux mensonge, mais qui pourtant s'éloigne peu de la réalité. Je suis le meilleur.
« - Il doit surtout en être très triste. Bon, lève-toi, je vais te faire un mot pour justifier ton retard de deux heures.
- Mais... Il est tout juste 45 ! dis-je, perplexe.
- Je te laisse te rendormir une heure si tu veux, propose-t-elle en regardant mon emploi du temps d'un air las, t'as éthique et français de toute façon. Je veux simplement que tu sois frais, dispos et que tu te fasses tout beau pour t'expliquer avec Bill à la pause, d'accord ?
- Merci Mama, tu me sauves... je souffle.»
Elle me fait un sourire avant d'écrire sur un papier la justification de retard qu'elle déposera sur mon bureau avant de refermer doucement ma porte.
« - Je te réveilles dans une heure. »
Je soupire d'aise et replonge illico dans un lourd sommeil. Lorsque Mama revient me tirer de mes draps, j'ai l'impression d'avoir dormi un siècle entier. Je lui dépose un bisou sur la joue et va à la salle de bain, mes plus belles fringues sous le bras. C'est-à-dire un baggy d'un bleu profond, avec des Nike montantes toutes noires, ainsi qu'un t-shirt blanc Eckö et pour finir un énorme sweat noir à capuche.
J'enfilerais le tout vingt minutes plus tard, sentant merveilleusement bon après une telle douche. Je ne mets pas de casquette et laisse mes dreads adroitement attachées au sommet de mon crâne. Je sais que Bill me trouve magnifique sans mes casquettes.
Je sors ensuite de la salle de bain pour venir m'attabler à la cuisine. Mama m'a préparé des brötchen et du jus d'orange et est à présent en train de préparer le déjeuner pour elle et Gordon. Je souris, avant de lui dire d'une voix malicieuse :
« - Décidément, t'es une vraie mère poule quand tu ne bosses pas !
- Ne dis rien de plus, sinon je ne t'emmène pas au lycée et tu seras encore plus en retard...
- T'es un ange... dis-je, riant avec la bouche pleine. »
Elle se moque de moi, puis se rapproche de la table. Mama prend ensuite une de mes dreads entre deux doigts, puis la regarde d'un air intrigué.
« - Ces ...choses me surprendront toujours. En tout cas, c'est beaucoup mieux comme ça qu'avec une casquette.
- Je saiiiiis, mais moi je préfère avec les casquettes...
- Dois-je comprendre que Bill te préfère aussi sans ces choses ?
- Exact. »
Elle me sourit, avant de me dire de me dépêcher. Ce que je fais, bien entendu. Je me brosse les dents en quatrième vitesse, puis attrape mon sac de cours et m'engouffre dehors, suivi de Mama. On franchit le portail, puis nous dirigeons vers la voiture. Le gymnasisum est à quinze minutes en voiture, contre quarante-cinq en bus. J'apprécie donc le fait que ma mère m'y emmène tranquillement. Elle me regarde souvent, détournant son regard de la route.
« - Tu veux me dire quelque chose, peut-être ? je lui demande avec un sourire amusé. »
Elle rit doucement, puis m'observe encore.
« - J'aimerais que tu parles avec Bill, vraiment. Je crois qu'il est amoureux en ce moment... Sois compréhensif. L'amour ça ne se commande pas, tu sais... »
Si elle savais... Je suis bien assez au courant que l'amour ne se commande pas, ni se choisit au préalable. Je pince doucement mes lèvres de mécontentement.
« Je suis sûre que sinon il aurait préféré être avec quelqu'un qui te plairait, à toi aussi. Il doit être triste, ou alors vraiment énervé pour être parti sans toi. Mais je vais arrêter de te parler de ça, sinon je crois que tu vas exploser. Je te demande juste de faire un effort pour être plus gentil, hm ?
- Ouep. 'Juste'. »
On arrivait devant le bâtiment quelques minutes plus tard. Je me sors de la voiture assez rapidement, l'ayant remerciée précédemment. Je marche avec volonté jusqu'au portes vitrées que je pousse violemment. C'est bien ma veine, j'arrive à l'heure de la pause. Je vais donc devoir aller lui parler directement, ou du moins l'avoir dans mon champs de vision.
Lorsque je pénètre dans le hall, je devine que mon jumeau s'y trouve lorsque je vois la tignasse blonde platine d'Andreas. Pourtant, je ne les rejoins pas. Je vais plutôt voir les gens de ma classe, l'élite on va dire. Je fais des checks aux garçons, quelques étreintes ou bises aux filles, puis m'adosse au mur nonchalamment après avoir posé mon sac au sol.
« - T'es encore plus craquant sans ta casquette Tom ! lance une jeune fille au décolleté plongeant. »
Je lui renvoie un sourire avisé, accompagné d'un clin d'½il comme toute réponse, tandis que les autres acquiescent à ce que leur amie vient de dire. Je discute avec eux d'une soirée prévue ce week-end, lorsque j'aperçois mon copain gay qui s'approche du groupe. Il vient me faire la bise, puis se pose à mes côtés. Je sais qu'il est à fond sur moi, et moi je m'en sers simplement pour rendre Bill jaloux. Si toutefois il en a quelque chose à foutre.
La sonnerie retentit, signifiant le retour en cours imminent. Je soupire et me dirige vers les escaliers menant aux salles de cours des 10. Destin mauvais qui me positionna derrière Bill dans les escaliers. Son fessier parfaitement moulé dans un pantalon noir gravit ces marches d'une façon alléchante. Je ne peux m'empêcher de contempler le spectacle. Je secoue la tête doucement, pour me remettre les idées en place. Je dois lui parler comme feraient des jumeaux, pas lui mater le cul comme s'il était mon fantasme inassouvi !
J'accélère le pas et me positionne à côté de lui. Il a la tête baissée et ne semble pas encore me voir. Ses cheveux volent dans ma direction lorsqu'il tourne violemment son visage vers moi, puisque sa vision globale et floue des marches a sûrement été troublée par un détail sur son côté droit - des chaussures et un baggy qui pourrait bien appartenir à son frère, par exemple - .
« - Pourquoi t'es parti sans moi ? demandais-je, marchant toujours à ses côtés et des trémolos dans la voix.
- Je pensais que t'étais assez grand pour te lever tout seul, ainsi que de prendre le bus, réplique-t'il.
- Ce n'est pas une raison valable. Tu pourrais au moins t'excuser, dis-je avec douceur et un ton inconsciemment blessé.
- De quoi ? D'avoir dit la vérité ?! »
Je crois bien qu'on arrive au c½ur du sujet. Je sais que la discussion ne tourne plus autour de mon réveil, mais bien des discussions d'hier. Peut-être m'en veut-il de l'aimer ?
« - La vérité est toujours nécessaire, mais elle reste dangereuse.
- C'est trop cool ce que tu racontes, Tom, se moque Tobias.
- A ce que je sache, je ne t'ai pas parlé toi ?
- Je suis à côté, tes propos m'agressent les oreilles tout comme celles de Bill, fanfaronne-t-il.
- T'as qu'à te casser, si ça ne t'intéresse pas, dis-je le plus calmement possible.
- C'est vrai que vos disputes de frères pour un réveil ça pue la merde. »
Bill regarde l'altercation, l'air désintéressé, et continue à monter les étages avec classe et panache. Mais qu'est-ce qu'il attend pour me défendre ? Merde, je suis son jumeau ! Je lui ai rien demandé à son copain, c'est lui qui vient m'agresser les tympans.
« - Je te le répète alors : si ça te fais chier, casse-toi.
- Non, j'ai besoin de la bouche de Bill que tu semble vouloir monopoliser pour débattre sur des sujets merdiques.
- C'est qu'à ça qu'il te sert mon frère ? A l'embrasser, ou à encore bien d'autres choses ?! »
On est arrivé au couloir des 10 à présent. On s'est arrêtés juste en haut de l'escalier. Je commence à bouillir. Pitié, que quelqu'un intervienne avant que j'en vienne aux mains. Lui abîmer ses lèvres que Bill vénère.
« - Ca te tue ça, hein ? Connard... crache-t-il. »
Sans l'avoir prémédité, je lui mets immédiatement une droite. Mon poing atterrit dans son mignon petit nez. Il riposte en enfonçant violemment le sien dans mon ventre. Je lui balance une autre droite dans le nez, tandis qu'il essaye de me foutre des coups de pieds. Il vise brutalement mon entrejambe du genou. La douleur me ferait plier de douleur si je n'avais pas vu le regard de Bill, qui n'a pas esquissé un mouvement. Je me bats pour lui, et lui me regarde tranquillement comme on regarderait un combat de boxe à la télé. On ne touche pas à ces bijoux de famille-là, tout comme à l'amour que je porte à Bill.
La haine déborde.
Alors je tabasse son visage, agresse son ventre, lui mitraille les tibias, perfore son entre-jambe. Je m'acharne sur son corps, toujours plus avec plus de force et de haine, malgré ma douleur. Je pourrais tuer à cet instant-même. Je le hais plus que mon âme. Il connaît ma faille, ma faiblesse de l'aimer.
Lorsque je ne le sens plus riposter faiblement je le projette au sol, son corps claquant contre le carrelage dans un bruit mat. Je continue ma route, ignorant l'attroupement de personnes autour de la scène, passe au travers sans mal. Je vais aux toilettes et balance par terre mon eastpack qui n'avait pas quitté mon épaule de tout l'épisode. Devant la glace, je touche mon piercing qu'il a essayé de m'arracher. Ma lèvre inférieure me fait souffrir. Je me passe de l'eau sur le visage et en boit un peu au robinet. Je me sens bien de lui avoir cassé la gueule. J'ai gardé mon calme jusqu'au moment ou il m'a insulté, je n'ai rien à me reprocher.
Alors, vos avis ? :D
Dites moi touuut ^^'.
En attendant, j'vous fait des bisous...
EDIT tout droit du pays de la pluie ET du vent:
Merci milles fois pour tous vos kommis :D, malheursement je ne peux pas poster la suite, celle-ci etant dans la memoire de mon PC, reste en France ... Des que je pourrais, c est a dire une semaine et demie, je la poste, promis! ( oui, je previendrais ;) )
Bisouuuus!
So'



