Vraiment désolée pour l'attente, mais pour m'faire pardonner voici le nouveau chap' lourd en rebondissements ... :D

Vraiment désolée pour l'attente, mais pour m'faire pardonner voici le nouveau chap' lourd en rebondissements ... :D


[ Bout du chapitre précédent : Mes cheveux d'ébènes gouttent sur mon dos et dévalent ma chute de reins. Je me jette sur mon lit en boxer et me immédiatement roule en boule dans mes couvertures. J'éteins la lumière, quand tout à coup ma porte s'ouvre.

« - Coucou mon ange... Je viens dormir avec toi ce soir :D. »

C'est la plus grosse blague que je n'ai jamais entendue de toute ma putain d'existence.
]

Comment je suis sensé pouvoir résister après avoir goûté à l'interdit ?! Je grogne et me pelotonne un peu plus. Il interprète ça comme un 'oui', apparemment, puisqu'il vient se glisser dans mon pieu un instant plus tard. Il me pousse doucement, je suis donc obligé de me déplier, ce dont il profite dans la seconde. Il se colle illico presto à moi et je m'étonne qu'il ne ronronne pas déjà vu la façon dont il se frotte langoureusement sur mon torse.

Je le repousse gentiment et me retourne dos à lui. Combattif, il s'accroche donc à mes omoplates et colle son bassin au mien. J'expire lentement et essaye de me calmer. Il commence à se relever et à déposer une myriade de petits baisers au niveau de mon cou et de ma nuque. Il caresse tout doucement malgré la noirceur de la pièce l'endroit rougi par ses lèvres. Le suçon de cet après-midi. Il s'applique à le dessiner d'un doigt peu malhabile.

Je soupire, une fois de plus.

« - Tom... Arrête, s'il te plaît, dis-je d'une voix étrangement brisée.
- Je veux te parler, mon c½ur. Et je sais que tu n'as pas envie de dormir. »

Merci, je n'ai pas besoin de toi pour savoir la teneur en sommeil qui pèse ou non sur mes paupières !

« Tu sais... J'espère de tout mon c½ur que tu ne m'en veux pas pour ces dernières semaines. » Il marque une pause. « Je ne sais pas vraiment comment me comporter par rapport à toi.
- Pourquoi ? demandais-je naïvement. On est jumeaux, tu ... devrais pouvoir tout me dire. Absolument tout. »

Je le sens se décoller de moi un instant après que j'ai prononcé ma dernière phrase. Il me retourne vers lui tout doucement, puis continue ses explications d'une voix peu assurée.

« - Justement... non.»

Je le sens se crisper et son souffle se faire légèrement plus effréné. Est-ce qu'il va enfin me l'avouer ? J'en ai pourtant une peur panique.

« Je t'aime Bill. J'en peux plus de cet amour impossible... »

Voilà. Il me l'a dit. J'admire son courage, d'autant plus que ces sentiments ne sont pas partagés. Pensée pourtant remplie d'amertume, je vais encore une fois le faire souffrir. J'étouffe un soupir très pesant, pour le couper un instant plus tard.

« - Arrête Tom. Tout de suite, dis-je d'une voix sèche.
- Non, Bill... Laisse-moi parler ! »

Je sens sa douleur me percer à mon tour la cage thoracique.

« Je t'aime. Je veux que tu sois physiquement à moi comme j'ai l'impression d'autant t'appartenir au niveau des sentiments. Je te veux, toi. Comme amant, mais aussi comme jumeau.
- Et confident, et meilleur ami ? Tout comme femme de ménage, mère de substitution et bouche trou c'est aussi dans le lot ?! Je ne suis pas polyvalent Tom. Et jumeau, pour moi, ne va qu'avec frère ou confident. Pas amant.
- Tu m'aimes, je le sais, dit-il d'une voix brisée.
- Je te désire, nuance, tranche-je. »

Ne pleure pas. Ce que je viens de te lancer comme on aurait lancé une pique acérée est pourtant ce que je ressens. Je ne suis pas amoureux de Tom, il m'attire simplement. Mais pas qu'un peu.

« - Et... quand on s'embrassait ? Tu ne mettais pas de l'amour dans ces baisers ? Tu n'as pas aimé lorsque je t'ai fais ce suçon, peut-être ? lâche t'il, reprenant confiance.
- Je t'ai déjà dit : de l'attirance. Rien de plus.
- Je te plais, c'est déjà ça. C'est une ouverture à plus. »

Je commence à en avoir marre. Pourquoi doit-il encore plus compliquer les choses ?

« - TOM ! Arrête, okay ?! Ca suffit : je ne serais JAMAIS amoureux de toi ! Tu es mon jumeau et rien de plus.
- Je te préviens, je ne ferais pas la vie facile à Tobias...
- Tu lui fous la paix, c'est clair ?!
- C'est toi que je ne vais pas laisser en paix... Lui n'aura que la tristesse de te voir partir.
- Sors de ma chambre. »

Il a dépassé les bornes. Complètement.

« Je ne veux plus te voir jusqu'à ce que tu aies retrouvé tes esprits. C'est bien compris ? Maintenant dégage. »

Il me regarde d'un air étrange, puis se lève. Il se repenche vers moi une fois debout et revient embrasser mon suçon, en finissant amoureusement par mes lèvres.

- Bonne nuit mon amour... dit-il d'une voix pourtant pas si audacieuse que ça. »

Et il ferme la porte avec précaution. Lorsque je vois le filet de lumière du couloir se rétrécir progressivement, la solitude me prend à la gorge. C'est la première fois qu'il sort de mon lit de son 'propre' chef. J'ai peur d'avoir été beaucoup trop brusque. Et si je l'avais vraiment blessé, comment est-ce que je survivrais de l'avoir perdu ?

Je me retourne encore et toujours dans mon lit, vais faire mon sac, vais boire, me recouche, vais bâcler mes devoirs, soupire, étouffe ces pleurs d'incompréhension dans mon oreiller, et surtout je pense à Tom.

POV Tom

Je sais qu'en ce moment même il se torture dans sa chambre. Malgré tout ce qu'il s'est passé entre nous, je suis encore toutefois capable de prédire ses actions, ainsi que de les comprendre et naturellement de parfaitement les analyser. Je voudrais tellement retourner le voir et lui dire que ce n'est pas de sa faute. Mais je sais qu'il vaut mieux que je reste ici, loin de lui, comme il me l'a expressément demandé. Loin de mon, non de cet amour non partagé. Mon dieu, je souffre le martyr et je ne peux n'en vouloir qu'à moi-même.

Douce amertume qu'est celle d'aimer Bill. Cet être tout en contraste et mystère. Ses cheveux noirs de jais font ressortir son teint pâle, légèrement blafard. Ses joues rieuses adoucissent son visage qui pourrait être presque émacié par tant de pureté incisive. Ses yeux d'une douce teinte chocolat s'assombrissent et s'illuminent au gré de ses humeurs changeantes, aussi rapidement qu'un de ses battements de cils soyeux. Ayant une prestance tout comme un charisme viril, mais gardant des allures efféminées et une apparence délicate et fragile. Une silhouette élancée et longiligne, mais une personne qui donne envie de le serrer fort dans ses bras, comme un tout petit enfant. Des mimiques qui donnent tour à tour envie de lui arracher les yeux ou le plus souvent un baiser. Etant quelques fois enfant intimidé, quelques fois homme rempli d'assurance.
J'ai appris à l'aimer tel qu'il est réellement. Sans trop de mal, mais avec une douleur toujours grandissante.

Ma jalousie, dès que quoi que ce soit le concerne –et dans ce cas, le touche-, est sans bornes. Je voudrais qu'il m'appartienne. Je voudrais qu'il soit mien, ne plus jamais avoir peur qu'il s'en aille. Nos âmes sont jumelles et nos corps auraient du être liés. Je ne m'imagine pas vivre sans lui. Je respire pour lui. Je ne vis que pour être à ses côtés, avec lui, contre lui. C'est mon pire péché, ma malédiction... Mais un si beau paradis. Son c½ur est une grâce inaccessible et ses sentiments hors de portée.


« - Tom ? Tooom ? »

J'connais cette voix. Ouais, elle me dit bien quelque chose... On me secoue, sans aucune forme ni de politesse ni de délicatesse. J'ouvre les yeux très péniblement et avec une lenteur extrême. Le visage de ma mère apparaît devant mes pupilles endormies.

« Ah bah enfin ! C'est pas trop tôt ! Allez, Tom, bouge-toi ! Bill ne t'as pas réveillé ce matin, il est parti seul au lycée... Tu devrais déjà y être... me fait-elle d'une voix étrange.»

Impossible. Je dois faire un mauvais rêve.

« Il s'est passé quelque chose entre vous récemment ? Vous vous êtes... disputés ? demande doucement Mama.
- Hum, enfin... On est un peu en froid, oui...
- Pourquoi ?
- Je n'aime pas son nouveau copain, et ça l'énerve beaucoup que je le critique tout le temps. »

Fabuleux mensonge, mais qui pourtant s'éloigne peu de la réalité. Je suis le meilleur.

« - Il doit surtout en être très triste. Bon, lève-toi, je vais te faire un mot pour justifier ton retard de deux heures.
- Mais... Il est tout juste 45 ! dis-je, perplexe.
- Je te laisse te rendormir une heure si tu veux, propose-t-elle en regardant mon emploi du temps d'un air las, t'as éthique et français de toute façon. Je veux simplement que tu sois frais, dispos et que tu te fasses tout beau pour t'expliquer avec Bill à la pause, d'accord ?
- Merci Mama, tu me sauves... je souffle.»

Elle me fait un sourire avant d'écrire sur un papier la justification de retard qu'elle déposera sur mon bureau avant de refermer doucement ma porte.

« - Je te réveilles dans une heure. »

Je soupire d'aise et replonge illico dans un lourd sommeil. Lorsque Mama revient me tirer de mes draps, j'ai l'impression d'avoir dormi un siècle entier. Je lui dépose un bisou sur la joue et va à la salle de bain, mes plus belles fringues sous le bras. C'est-à-dire un baggy d'un bleu profond, avec des Nike montantes toutes noires, ainsi qu'un t-shirt blanc Eckö et pour finir un énorme sweat noir à capuche.
J'enfilerais le tout vingt minutes plus tard, sentant merveilleusement bon après une telle douche. Je ne mets pas de casquette et laisse mes dreads adroitement attachées au sommet de mon crâne. Je sais que Bill me trouve magnifique sans mes casquettes.

Je sors ensuite de la salle de bain pour venir m'attabler à la cuisine. Mama m'a préparé des brötchen et du jus d'orange et est à présent en train de préparer le déjeuner pour elle et Gordon. Je souris, avant de lui dire d'une voix malicieuse :

« - Décidément, t'es une vraie mère poule quand tu ne bosses pas !
- Ne dis rien de plus, sinon je ne t'emmène pas au lycée et tu seras encore plus en retard...
- T'es un ange... dis-je, riant avec la bouche pleine. »

Elle se moque de moi, puis se rapproche de la table. Mama prend ensuite une de mes dreads entre deux doigts, puis la regarde d'un air intrigué.

« - Ces ...choses me surprendront toujours. En tout cas, c'est beaucoup mieux comme ça qu'avec une casquette.
- Je saiiiiis, mais moi je préfère avec les casquettes...
- Dois-je comprendre que Bill te préfère aussi sans ces choses ?
- Exact. »

Elle me sourit, avant de me dire de me dépêcher. Ce que je fais, bien entendu. Je me brosse les dents en quatrième vitesse, puis attrape mon sac de cours et m'engouffre dehors, suivi de Mama. On franchit le portail, puis nous dirigeons vers la voiture. Le gymnasisum est à quinze minutes en voiture, contre quarante-cinq en bus. J'apprécie donc le fait que ma mère m'y emmène tranquillement. Elle me regarde souvent, détournant son regard de la route.

« - Tu veux me dire quelque chose, peut-être ? je lui demande avec un sourire amusé. »

Elle rit doucement, puis m'observe encore.

« - J'aimerais que tu parles avec Bill, vraiment. Je crois qu'il est amoureux en ce moment... Sois compréhensif. L'amour ça ne se commande pas, tu sais... »

Si elle savais... Je suis bien assez au courant que l'amour ne se commande pas, ni se choisit au préalable. Je pince doucement mes lèvres de mécontentement.

« Je suis sûre que sinon il aurait préféré être avec quelqu'un qui te plairait, à toi aussi. Il doit être triste, ou alors vraiment énervé pour être parti sans toi. Mais je vais arrêter de te parler de ça, sinon je crois que tu vas exploser. Je te demande juste de faire un effort pour être plus gentil, hm ?
- Ouep. 'Juste'. »

On arrivait devant le bâtiment quelques minutes plus tard. Je me sors de la voiture assez rapidement, l'ayant remerciée précédemment. Je marche avec volonté jusqu'au portes vitrées que je pousse violemment. C'est bien ma veine, j'arrive à l'heure de la pause. Je vais donc devoir aller lui parler directement, ou du moins l'avoir dans mon champs de vision.

Lorsque je pénètre dans le hall, je devine que mon jumeau s'y trouve lorsque je vois la tignasse blonde platine d'Andreas. Pourtant, je ne les rejoins pas. Je vais plutôt voir les gens de ma classe, l'élite on va dire. Je fais des checks aux garçons, quelques étreintes ou bises aux filles, puis m'adosse au mur nonchalamment après avoir posé mon sac au sol.

« - T'es encore plus craquant sans ta casquette Tom ! lance une jeune fille au décolleté plongeant. »

Je lui renvoie un sourire avisé, accompagné d'un clin d'½il comme toute réponse, tandis que les autres acquiescent à ce que leur amie vient de dire. Je discute avec eux d'une soirée prévue ce week-end, lorsque j'aperçois mon copain gay qui s'approche du groupe. Il vient me faire la bise, puis se pose à mes côtés. Je sais qu'il est à fond sur moi, et moi je m'en sers simplement pour rendre Bill jaloux. Si toutefois il en a quelque chose à foutre.

La sonnerie retentit, signifiant le retour en cours imminent. Je soupire et me dirige vers les escaliers menant aux salles de cours des 10. Destin mauvais qui me positionna derrière Bill dans les escaliers. Son fessier parfaitement moulé dans un pantalon noir gravit ces marches d'une façon alléchante. Je ne peux m'empêcher de contempler le spectacle. Je secoue la tête doucement, pour me remettre les idées en place. Je dois lui parler comme feraient des jumeaux, pas lui mater le cul comme s'il était mon fantasme inassouvi !

J'accélère le pas et me positionne à côté de lui. Il a la tête baissée et ne semble pas encore me voir. Ses cheveux volent dans ma direction lorsqu'il tourne violemment son visage vers moi, puisque sa vision globale et floue des marches a sûrement été troublée par un détail sur son côté droit - des chaussures et un baggy qui pourrait bien appartenir à son frère, par exemple - .

« - Pourquoi t'es parti sans moi ? demandais-je, marchant toujours à ses côtés et des trémolos dans la voix.
- Je pensais que t'étais assez grand pour te lever tout seul, ainsi que de prendre le bus, réplique-t'il.
- Ce n'est pas une raison valable. Tu pourrais au moins t'excuser, dis-je avec douceur et un ton inconsciemment blessé.
- De quoi ? D'avoir dit la vérité ?! »

Je crois bien qu'on arrive au c½ur du sujet. Je sais que la discussion ne tourne plus autour de mon réveil, mais bien des discussions d'hier. Peut-être m'en veut-il de l'aimer ?

« - La vérité est toujours nécessaire, mais elle reste dangereuse.
- C'est trop cool ce que tu racontes, Tom, se moque Tobias.
- A ce que je sache, je ne t'ai pas parlé toi ?
- Je suis à côté, tes propos m'agressent les oreilles tout comme celles de Bill, fanfaronne-t-il.
- T'as qu'à te casser, si ça ne t'intéresse pas, dis-je le plus calmement possible.
- C'est vrai que vos disputes de frères pour un réveil ça pue la merde. »

Bill regarde l'altercation, l'air désintéressé, et continue à monter les étages avec classe et panache. Mais qu'est-ce qu'il attend pour me défendre ? Merde, je suis son jumeau ! Je lui ai rien demandé à son copain, c'est lui qui vient m'agresser les tympans.

« - Je te le répète alors : si ça te fais chier, casse-toi.
- Non, j'ai besoin de la bouche de Bill que tu semble vouloir monopoliser pour débattre sur des sujets merdiques.
- C'est qu'à ça qu'il te sert mon frère ? A l'embrasser, ou à encore bien d'autres choses ?! »

On est arrivé au couloir des 10 à présent. On s'est arrêtés juste en haut de l'escalier. Je commence à bouillir. Pitié, que quelqu'un intervienne avant que j'en vienne aux mains. Lui abîmer ses lèvres que Bill vénère.

« - Ca te tue ça, hein ? Connard... crache-t-il. »

Sans l'avoir prémédité, je lui mets immédiatement une droite. Mon poing atterrit dans son mignon petit nez. Il riposte en enfonçant violemment le sien dans mon ventre. Je lui balance une autre droite dans le nez, tandis qu'il essaye de me foutre des coups de pieds. Il vise brutalement mon entrejambe du genou. La douleur me ferait plier de douleur si je n'avais pas vu le regard de Bill, qui n'a pas esquissé un mouvement. Je me bats pour lui, et lui me regarde tranquillement comme on regarderait un combat de boxe à la télé. On ne touche pas à ces bijoux de famille-là, tout comme à l'amour que je porte à Bill.
La haine déborde.

Alors je tabasse son visage, agresse son ventre, lui mitraille les tibias, perfore son entre-jambe. Je m'acharne sur son corps, toujours plus avec plus de force et de haine, malgré ma douleur. Je pourrais tuer à cet instant-même. Je le hais plus que mon âme. Il connaît ma faille, ma faiblesse de l'aimer.

Lorsque je ne le sens plus riposter faiblement je le projette au sol, son corps claquant contre le carrelage dans un bruit mat. Je continue ma route, ignorant l'attroupement de personnes autour de la scène, passe au travers sans mal. Je vais aux toilettes et balance par terre mon eastpack qui n'avait pas quitté mon épaule de tout l'épisode. Devant la glace, je touche mon piercing qu'il a essayé de m'arracher. Ma lèvre inférieure me fait souffrir. Je me passe de l'eau sur le visage et en boit un peu au robinet. Je me sens bien de lui avoir cassé la gueule. J'ai gardé mon calme jusqu'au moment ou il m'a insulté, je n'ai rien à me reprocher.

xXx xXx xXx


Alors, vos avis ? :D
Dites moi touuut ^^'.
En attendant, j'vous fait des bisous...

EDIT tout droit du pays de la pluie ET du vent:

Merci milles fois pour tous vos kommis :D, malheursement je ne peux pas poster la suite, celle-ci etant dans la memoire de mon PC, reste en France ... Des que je pourrais, c est a dire une semaine et demie, je la poste, promis! ( oui, je previendrais ;) )

Bisouuuus!


So'

# Posté le mardi 15 avril 2008 13:25

Modifié le jeudi 24 avril 2008 12:31

Yeaah, MERCI POUR TOUT LES FILLES <3, nouveau chap' !

Yeaah, MERCI POUR TOUT LES FILLES <3, nouveau chap' !
[ Je me sens bien de lui avoir cassé la gueule. J'ai gardé mon calme jusqu'au moment ou il m'a insulté, je n'ai rien à me reprocher. ]

La porte s'ouvre. Je pensais voir s'imposer dans l'encadrement Léo, ou alors un Tobias amoché qui voulait prendre sa revanche ; mais c'est Andreas qui s'approche de moi. Il reste à un mètre de là ou je suis, et me dévisage.

« - Tu vas me casser la gueule pour avoir frappé un de tes potes, je suppose ? je demande, lassé et attristé en même temps. »

Un pauvre sourire étire ses lèvres.

« - Non, j'étais là depuis le début. Il t'a cherché. Je suis venu voir comment ça allait.
- T'es sérieux ?
- Ouais. Ouh... Ta lèvre doit te faire putain de mal, non ?
- Il a voulu m'arracher mon pierçing. »


Andreas secoue la tête, l'air mortifié.

« - Je ne le connaissais pas comme ça, vraiment. Il est très jaloux. Surtout lorsqu'il est amoureux...
- Amoureux ?! Il le connaît depuis trois semaines à peine ! m'énerve-je. Et jaloux de quoi ? Je ne lui ai rien fait moi !
- Il a vu le suçon...
- Ah. »


Merde. Ca s'explique un peu mieux.

« - Mais comment il a su que c'était moi ?
- Il a deviné, et Bill n'a pas démenti. Il n'était pas assez réveillé pour se rappeler de le cacher. Tu pourrais marquer ton territoire plus discrètement, quand même ! dit-il avec une pointe de malice. »


Je ne relève pas et admire ma lèvre boursouflée.

« T'es canon, même avec une lèvre boursouflée. T'inquiète pas. T'es mieux sans casquette, quand même !
- Merci... Et Bill, il est ou là ? »


Andreas me regarde, l'air compatissant. Vu son ½il, ouais, je vois. Il doit jouer au docteur avec le pauvre petit castré.

« Avec Tobias, ok, dis-je dans un souffle.
- Je voulais quand même te féliciter. Tu l'as pas raté.
- J'ai suçoté son mec quand même, il a raison de m'en vouloir.
- Certes, mais te viser les couilles comme ça, après t'avoir insulté, c'était lâche. Vraiment. »


Je sais. Et ça me fait plaisir qu'il me le dise.

« - Bon, ça a sonné. 'Faut que t'ailles en cours et moi aussi. On se voit dans deux heures. Si t'as besoin de parler, même si je suis un ami de Bill, je suis là... A plus ! »

Une seconde plus tard, je suis seul dans la pièce d'eau. Cet Andreas est génial. Je ramasse mon sac et sors des toilettes peu après, marchant quand même avec difficulté au niveau de mes couilles qui ont assez souffert. Je toque à la porte de ma salle, puis montre mon mot gribouillé par Mama à mon prof.

« - Vous vous êtes battus, monsieur Kaulitz-Trümper ?
- On peut dire ça comme ça, oui, dis-je avec un sourire goguenard.
- Vous devriez alors mieux passer par l'infirmerie, votre lèvre est gonflée et votre piercing saigne. Après, un passage chez le proviseur s'imposera.
- A vot' guise, je rétorque avant de tourner les talons.»


C'était rapide comme cours. Je me dirige donc vers l'infirmerie. Si jamais je rencontre Tobias ou Bill, je pète un câble. Je commence à arpenter l'allée de portes et de salles lorsque je vois qu'Andreas s'apprête à rejoindre la sienne, à l'autre bout du couloir. Je l'interpelle avant qu'il ne pousse la poignée. Il se tourne vers moi , intrigué et s'avance légèrement dans ma direction.

« - Dis... Ca te dérangerais de venir avec moi à l'infirmerie ? demande-je, gêné et presque rougissant une fois à ses côtés. J'... J'ai pas trop envie de voir les deux autres tout seul...
- Je comprends. Allez, je t'emmène, je suppose que tu sais même pas ou c'est.
- Exact ^^'. »


On se dirige donc vers l'infirmerie, qui se révèle être au premier étage. Je galère avec les escaliers, le bas de mon corps me faisant toujours horriblement souffrir. Andreas me regarde faire, un sourire compatissant aux lèvres et poussera même sa pitié jusqu'à me donner la main pour m'aider. Je secoue la tête en guise de rejet.

« - Je garde le semblant de dignité qu'il me reste, merci quand même. Je marcherais, ce connard ne m'a pas fait si mal que ça. »

Il pince les lèvres et me regardera ensuite peiner avec un sourire satisfait. L'infirmerie me semble s'éloigner un peu plus à chaque pas que j'avance. Sa porte blanche, du fond du couloir se fane lentement, pour tanguer doucement devant mes yeux. Je jure, puis abaisse lourdement mes paupières avant de courir jusqu'à la porte d'un pas cliquetant.

J'ai l'impression de tomber lentement, comme l'on pourrait se vider de son sang. Une agonie qui se finira devant la pâleur froide de la porte blanche. Les lettres noires en son centre m'hurlent de partir loin d'ici, mais mon c½ur sent son vis-à-vis plus proche et s'emballe de plus belle. Andreas m'a vraisemblablement couru après, puisqu'il est à mes côtés.

« - Ca va Tom ? »

Je grommelle en guise de réponse. Un grognement serait plus juste.

« Okay, je t'ouvre la porte. T'inquiète, l'infirmière est cool. »

Il toque doucement, deux petits coups brefs, puis pousse la poignée et entrouvre la porte. Je m'appuie au mur en attendant qu'il se décide à accélérer le mouvement. Une voix claire et posée l'invite à rentrer. Il se retourne vers moi et me fait un sourire rassurant. Il entre dans la pièce, moi à sa suite. L'infirmerie est assez petite, mais l'espace est assez bien organisé. Seul la blancheur des murs fins agresse l'½il jusqu'à sa rétine.

« - Que puis-je faire pour vous, demande-t-elle avec un sourire pour Andreas. »

Je m'impose dans l'encadrement de la porte, et ses petits yeux marrons détaillent ma lèvre enflée.

« Je n'ai rien dit. Venez par ici, jeune homme, dit-elle d'un ton doux. Je vais vous mettre aussi par là-bas pour voir tout ça. »

Je tique sur le 'aussi'. Pitié.

« - Attendez, madame ! l'implore-je d'une voix plaintive. Est-ce qu'il y a deux personnes à l'intérieur ? dis-je en baissant considérablement ma voix. »

Elle hausse un sourcil, puis me répond à l'affirmative. Je me rapproche d'elle avec difficulté, pour lui dire à voix basse :

« - Je vous en prie, ne me mettez pas là-bas...
- Pourquoi ? Le blessé dort profondément, il s'est battu et a eu le dessous. Il n'y a que son ami, ne vous inquiétez surtout pas.
- Madame, s'il-vous-plaît...
- Je ne peux rien faire pour vous si vous ne m'expliquez pas les raisons de ce refus. Donnez moi une bonne justification, et je verrais ensuite. »


Je coule un regard désespéré à Andreas. Il m'encourage de ses yeux bleus et me sourit légèrement.

« - C'est moi qui me suis battu avec votre 'blessé', et au sujet de l'autre garçon.
- Puis-je vous demander plus de détails ?
- C'est... le petit-ami de mon jumeau et il lui avait manqué de respect, puis m'a insulté à mon tour.
- Votre jumeau, dites-vous... D'accord, excuse acceptée, monsieur. Je vais vous ouvrir la salle annexe.
- Merci... lui dis-je dans un soupir soulagé. »


Elle nous dit d'attendre quelques instants puis fouille dans les tiroirs de son bureau. Peu après, elle sort un trousseau de clé et ouvre une petite porte dans un coin de la pièce. Elle nous sourit, avant de nous inviter à rentrer.

« - Je reviens tout de suite, je vais chercher le nécessaire pour votre bouche. Installez-vous, il y a aussi une chaise pour vous Andreas. »

J'en déduis donc habilement que je dois m'allonger sur l'espèce de matelas surélevé au par des longs et longilins tubes en fer. J'ai toujours détesté ce genre de 'lit', ça me rappelle beaucoup trop l'hôpital. Je grimpe donc avec difficulté sur la literie, puis déplie mon corps engourdi sur ce drap blanchâtre et usé par le temps. Andreas me regarde, me couvant encore de ses yeux bleus.

« - Maaaais... hésite-je, Bill ne va pas être jaloux que tu restes avec moi ?
- Ce serait effectivement possible. Mais il sera plutôt jaloux que TOI tu restes avec moi, pas l'inverse. Et c'est ça qui serait encore plus cooool, répond-il énigmatiquement.
- Ah ouais ... ai-je comme seule répartie. »


Je pose ma tête sur l'oreille rigide et soupire. Je touche avec une attention minutieuse ma lèvre, que je sens encore enflée. C'est ce moment que choisit l'infirmière pour entrer dans la pièce. Son regard se durcit faussement, avant de me reprocher :

« - Arrêtez de toucher, monsieur Kaulitz... ! Je vais d'abord vous désinfecter ça, vous pourriez enlever votre piercing ?
- Comment est-ce que vous connaissez mon nom, madame ?
- Votre jumeau a logiquement le même que vous, il me semble, dit-elle avec malice.
- Manquerait plus que ça, qu'il change de nom, tiens... grommelle-je. Attendez un instant pour le piercing, je dois y aller doucement. »


Andreas eu un instant un brusque mouvement de tête vers la vitre située en haut de la porte, puis court presque jusqu'à mon lit en disant précipitamment que ça vaudrait mieux qu'il m'aide. Je m'apprêtais à m'y opposer, mais son regard bleuté m'a fait taire, il a une bonne raison. L'infirmière n'a pas l'air trop choquée, juste un peu perdue.
Il se rapproche de mes lèvres doucement et ses mains se poser avec une infinie délicatesse jusqu'à mes lèvres. Il s'avance encore plus, nous nous sommes plus qu'à vingt centimètres l'un de l'autre. Il dévisse avec une extrême lenteur une des billes en me demandant avec une voix chaude :

« - Ca va, Tom ... ? Je ne te fais pas trop mal ? »

Un coup sur la porte, puis celle-ci s'ébranle. Je ne regarde pas qui entre, je suis juste concentré sur la douleur de ma lèvre brûlante.

~

Quel suspense :p!

Merci pour tout, j'vous aime!


EDIT:

Yop!

Je poste demain -vendredi- normalement, merci encore une fois !
Milles bisous.

So

# Posté le samedi 03 mai 2008 19:05

Modifié le jeudi 15 mai 2008 17:23

Neues Kapitel :D

Neues Kapitel :D
[ Extrait du chapitre précédent : Je ne regarde pas qui entre, je suis juste concentré sur la douleur de ma lèvre brûlante. ]

Mes yeux se sont fixés sur la bouche entrouverte du blond, qui semble absorbé par sa tâche. Soudain, une voix trouble la concentration d'Andreas.

« - Excusez-moi de vous... dit-Bill avec une lenteur polie, avant de s'interrompre, sûrement en voyant le postérieur de son ami Andreas. »

Je sens une vague de douleur s'échouer au creux de mes entrailles, mais n'en voit pas l'origine. Andreas s'est décollé de moi et fait à présent face à Bill. Un Bill qui semble désarçonné et surtout, très fatigué. Il dévisage Andreas, puis ses yeux semblent enfin me voir. Ou plutôt, me regarder comme si j'avais de l'importance. Ses pupilles noisette vont de mes yeux embués de larmes par la douleur, puis détaille ma lèvre torturée et la peau ouverte autour de mon piercing. Il s'excuse à l'infirmière, sans toutefois la regarder. Ses yeux restent braqués sur moi.

« - Je voulais juste avoir de l'eau, pour... murmure-t-il d'une voix faiblissant. Non rien, il ira bien sans, se ravise-t-il. Excusez-moi encore une fois. »

Je croise son regard brouillé une dernière fois, puis il referme la porte derrière lui. Andreas me regarde d'un air presque amusé, avant de me demander :

« - Ca c'est fait. Tu préfères un miroir ou alors que je continue à encore plus te massacrer ton piercing ?
- Un miroir, si possible, lui rétorque-je avec un demi-sourire. »


J'itère donc ma demande à l'infirmière, qui m'en déniche un d'un placard alentour.

« - On voit bien que vous êtes jumeaux, me confie l'infirmière pendant que j'extirpais le métal de ma peau hachée.
- Ah bon ? Comment ça ? On me dit souvent que non, au contraire.
- On le voit surtout à la façon dont vous vous regardez. Il tient à vous et vous aime énormément, ça se lit comme dans un livre ouvert, et pareil pour vous.
- Ouais... Mais il n'a pas bougé quand je me suis battu contre son mec, pour lui. Et n'a pas tiqué non plus quand j'ai massacré son copain.
- Il ne voulait sûrement pas avoir à faire de choix. Choisir entre sa chair et son c½ur, c'est sûrement dur. »


Je serre les dents et encaisse le coup. De toute façon, chez moi l'élu de mon c½ur et le destiné de ma chair sont une seule et même personne. Je n'ai même pas à imaginer un quelconque choix. Elle a sans doute compris qu'elle n'avait sûrement pas dit ce qu'il fallait, puisqu'elle est ensuite sortie de la pièce pendant que je posais mon piercing sur la table de chevet. Je déteste ne pas avoir de piercing... Je me sens vide, ou alors comme déguisé. Il fait partie de moi à part entière.

« - T'inquiètes pas, Tom. Un jour ou l'autre il sera avec toi. Ils vont peut-être bien ensemble, mais toi tu es né pour être avec lui. Même avant d'être en chair ou d'avoir un c½ur tu étais avec lui. Alors ne t'inquiète pas, tout ira bien.
- Merci Andreas... Je te dois tellement.
- Et non, justement tu ne me dois rien. Je vous aime beaucoup tous les deux, et vous voir vous entre-tuer ne m'amuse pas du tout. »


Je ne peux empêcher mes lèvres de s'étirer dans un sourire purement reconnaissant, puis de le serrer fort dans mes bras. J'ai envie de renouveau, de reprendre de bonnes bases. Une idée germe dans ma tête, et si ...

« - Si j'allais m'excuser à Tobias ? dis-je avec un air presque intelligent. »

Andreas me dévisage, un demi-sourire au bout des lèvres, avant de me prendre la main pour me faire descendre de la chose grinçante qui me sert de lit provisoire. Je pose un pied au sol, puis lâche l'appui du blond pour m'avancer vers la porte de sortie. J'ouvre celle-ci d'une main légèrement craintive, avant de sortir de la pièce. Je souris ensuite à l'infirmière, avant de lui demander d'un air innocent :

« - Madame, vous pourriez me désinfecter maintenant ? J'aimerais bien parler à Bill.
- Bien sûr mon petit, assied-toi, j'arrive dans un instant, me répond-elle l'air enjoué. »


C'est donc dix minutes plus tard que je toque timidement à la salle principale de l'infirmerie, un minuscule trou en dessous du la partie gauche ma lèvre. Andreas est à ma suite, et m'encourage du regard, comme à son habitude. J'entend la voix adorée nous inviter à rentrer. Chose qu'il ne ferait sûrement pas s'il savait qui était derrière l'encadrure de la porte. Je pousse donc à poignée, puis détaille un instant la pièce avant d'y pénétrer avec appréhension. Tobias est allongé sur un lit similaire à celui de l'annexe, poussé au fond de la pièce exiguë. Mon frère est assis à ses côtés, la main logée dans la sienne. Il y a simplement deux armoires et une fenêtre, et bien sûr tout est blanc.

Bill se retourne vers moi, l'air surpris de me voir. Ses traits se tirent et il fronce les sourcils. Chose compréhensible en soi. Il me fait un pauvre sourire, ses yeux vraisemblablement fixés sur le trou vide du piercing, avant de me demander ce que je veux. Un 'toi' aurait été sans doute la réponse la plus sincère, mais je finis par trouver les mots plus appropriés.

« - Je voudrais... m'excuser à Tobias. »

Son visage semble s'éclairer autant que le soleil. Et rien que pour ça, je crois que je pourrais mentir durant tout le long de mon existence.

« - Bien sûr :D. J'crois qu'il est réveillé. Tobi, tu dors toujours ? »

Le tas de couverture se mout, une tête échevelée en sort. Je dois bien avouer qu'il est mignon, ses cheveux acajous en bataille et sa bouille d'ange. Il me fusille du regard. Comme si ça me surprenait. Durant notre bref échange visuel, Bill a salué Andreas.

« - Bonjour, pour commencer, dis-je le plus calmement et poliment possible.
- S'lut, marmonne-t-il. »


Bill lui lance une ½illade courroucée, puis l'instant plus tard m'invite à continuer, un joli sourire aux lèvres.

« - Bon... J'suis désolé d't'avoir mis une droite, mais je supporte pas vraiment qu'on se foute de ma gueule et encore moins qu'on m'insulte. J'voulais pas que ça dégénère, vraiment, j'ajoute avec un air quasiment penaud.
- Ouais, okay. C'est tout ? rétorque-t-il d'une voix traînante. »


J'empêche un franc sourire de s'emparer de mes lèvres. Je reconnais cette marque de fabrique, cette façon de faire c'est tout du Thomas Kaulitz-Trümper. Aurait-il un léger complexe d'infériorité par rapport à moi ? Un sentiment de satisfaction parcourt mon c½ur.

Pendant ce temps, Bill le fixe, l'air de plus en plus contrarié. J'ai le bon rôle il me semble, pensais-je, satisfait de mes initiatives perfides. L'échevelé a toujours son air grognon et mal luné, alors je décide avec un sourire intérieur de repousser encore plus les limites de mes mensonges. Je le regarde donc avec un regard peu le moins hostile possible avant de déclarer d'une voix presque triste :

« - Je sais que Bill et toi êtes heureux ensemble, et je me suis rendu compte que c'était égoïste de ma part en tant que frère de ne pas le laisser être tranquillement avec toi. Nous n'avons pas besoin d'être amis, mais rester un minimum décents l'un envers l'autre. En plus, je suis sûr qu'on pourrait bien s'entendre. Et sinon, je trouve qu'on devrait quand même faire un effort, ne serais-ce que par amour pour Bill... »

Après un monologue si touchant, si le convalescent ne me pardonne pas ou ne s'aplatit pas, il aura de gros problèmes avec son tout nouveau copain, le pauvre chéri... Surtout que mon tendre jumeau sait que les excuses et les grands discours ce n'est absolument pas mon truc et que j'ai dû considérablement prendre sur moi.

« - T'es encore plus insignifiant et laid sans tes deux boules à la lèvre. Tu n'as vraiment rien en commun avec Bill, c'est même à se demander si vous êtes vraiment jumeaux... me dit-il toujours de son imitation ridicule de voix nonchalante et moqueuse. »

Il va le payer cher, surtout après avoir dit des imbécilités pareilles. En effet, Bill et moi nous nous ressemblons beaucoup, particulièrement sans nos piercings et lorsqu'il est démaquillé. Et mon frère accorde beaucoup d'importance au « nous », à notre gémellité si sacrée.
Bill lui fait des gros yeux, avant de lui rétorquer d'une voix glaciale et détachée, même si je sens une once de tristesse et des notes de déceptions se cacher dans celle-ci :

« - Bon, Tobias, ca suffit maintenant. Tom t'as fait des excuses, il essaye sincèrement d'arranger les choses et toi tout ce que tu trouves à faire c'est de le remballer en faisant ton malin. Je te pensais mieux que ça, vraiment. Et sache que c'est important pour moi que mes copains s'entendent bien avec mon jumeau, ou au moins qu'ils se supportent un minimum. Tom est une grande partie de ma vie et si tu ne te sens pas capable de le supporter ou même de faire des efforts pour moi, dans ce cas laisse tomber. »

Je suis en train de me demander si je ne pourrais pas –encore !- plus m'enfoncer dans mes mensonges pour mettre ce mignon Tobias d'autant plus dans le pétrin... Ouais, ça m'a l'air assez tentant :D. Je fais donc une tête plus que gênée et commence précipitamment à dissuader Bill de ces idées de rupture précoce.

« - Bill, arrête, ça sert à rien de faire ça juste pour moi. J'suis sûr qu'avec toi il est adorable et puis je n'ai pas à m'en mêler de ça, ce n'est pas moi qui sort avec de toute façon... »

Comme je l'avais prédit, je peux me servir de la tête de serial-killer névrosé de Tobias, sans oublier de mentionner ses yeux qui menacent d'envahir l'Allemagne entière d'un flot aqueux incontrôlable, pour accentuer ma moue mal à l'aise avant de m'excuser timidement :

« - Euuuh, je crois qu'on va vous laisser, hein... Je vais voir l'infirmière. Et encore désolé.... A plus. »

Et je tourne les talons après un dernier regard rempli de culpabilité jusqu'au bord des yeux à Bill et un timide signe de main pour Tobias. Je sors de la pièce et referme la porte avec douceur sur Andreas. Je rentre ensuite dans ma petite pièce toujours d'un blanc aussi immaculé. Andreas me regarde avec un air amusé.

« - Quoi ? dis-je avec un sourire satisfait et très content de moi.
- T'es vraiment cruel avec ce petit Tobias... Il va s'en prendre plein la gueule à cause de tes mensonges, rit-il.
- Boahh, il va s'en remettre. Il n'a qu'à s'écraser un tout tout petit peu, et puis ça passe. C'est juste un jaloux avec un peu trop d'ego.
- T'y es allé fort quand même... Et tu penses que Bill y a cru ? se moque-t-il.
- Il n'est pas naïf à ce point et me connaît par c½ur, mais je suis certain qu'il y a cru suffisamment pour être touché et ne plus m'en vouloir, c'est ce qui compte. »


Je rigole à gorge déployée, puis m'allonge paresseusement sur l'espèce de lit branlant et soupire d'aise sur le matelas grinçant, fier de mon coup. Une myriade d'idées toutes encore complexes et plus sophistiquées que les autres s'imposent à mon esprit. Et si je faisais semblant de ne plus m'intéresser à lui, physiquement parlant ? -Re-Devenir le frère complice, drôle, gentil, magnifique et surtout... intouchable au niveau des sentiments. Le faire s'attacher à moi jusqu'à ce qu'aucun retour en arrière ne soit ni envisageable ni possible. Je devrais lui mentir un jour ou l'autre concernant mon « ancien » amour-attirance pour lui. Dans ce cas là, comme je sais qu'au fond de lui il ressent la même chose que moi, cette passion le fera venir à moi.
Je suis diaboliquement ingénieux.


Deux semaines plus tard, mon plan indétrônable est bon fonctionnement, pour ne pas dire qu'il est parfaitement parfait. Je suis le frère idéal, qui fait rêver en même temps toutes les adolescentes attendant leur prince charmant, touchées par les milles et unes attentions que j'ai pour Bill, tout comme celles et ceux qui songent plutôt à des nuits torrides avec le beau-gosse ( casé ?! ) du lycée, succombant à mes sourires sexys et se disant que je ne dois pas être aussi sage que ça.

« - Hey Tobias, ça va ? dis-je en échangeant une poignée de main au concerné avec un sourire avenant.
- Ca va super, et toi ? me répond-il, souriant sincèrement, la main autour de la taille de mon jumeau sexy à se damner.
- Yop', la forme ! »


Et j'échange un long et langoureux baiser avec Andreas en guise de bonjour, lui ébouriffant ses cheveux dorés une fois séparés.

« - Et toi, chéri ? Bien réveillé dès le matin, ça m'étonne de toi ça, remarquais-je tendrement –avec une once de moquerie, certes- pour ma marmotte de petit-ami .
- C'est de voir ton superbe piercing et le reste qui va avec qui me rend la possession de mes moyens illico, c'pas de ma faute, rit-il doucement. »


Vous avez bien lu, moi Thomas Kaulitz-Trümper, a un copain. Déjà au féminin c'est très rare, alors au masculin c'est une grande première. Je dois avouer que je me sens bien avec lui. Il est très intelligent et compréhensif, doté d'un humour d'une piètre qualité tout comme moi, et surtout... Il aime bien jouer et rendre service aux autres, tant que ça lui laisse quelques bénéfices. Comme sortir avec moi par exemple. Je dois dire que ca rentre dans mon image de gentil frère attentionné, responsable et surtout non-incestueux.
Je lui avais fait par de mes plans perfides sur le lit de l'infirmerie, et il s'est immédiatement porté volontaire pour le poste de mignon petit copain en m'attrapant avidement par les lèvres. Depuis on sort ensemble 'secrètement' et je l'ai donc déclaré à Bill quelques jours plus tard –pour faire plus plausible et posé-, déclarant que je voulais être sûr de ce choix pour nous afficher ensemble au lycée, que l'homosexualité c'est tout nouveau pour moi, et blablabla. Ce qui était donc évidemment tout prévu à la base, pour certifier la thèse de mon changement complet.

C'est vrai que j'ai eu du mal à ne pas bouffer ces lèvres rosées et à clamer cet amour incestueux lorsque Bill m'a demandé avec un air presque triste si j'aimais réellement Andreas. Je l'ai regardé, puis lui ai dit le plus sérieusement du monde que pour l'instant non, mais qu'il me faisait beaucoup de bien et que je me sentais juste étonnamment bien dans ses bras et en sa compagnie, puis j'ai ajouté qu'avec le temps ça viendrait peut-être. J'ai cru décerner un peu de confusion amère dans ces prunelles jumelles, ce qui m'a beaucoup satisfait intérieurement.

« - Bill, t'as bien pensé à prendre tes médocs, n'est-ce pas ? lui demandais-je doucement.
- Hm. A vrai dire, non... me dit-il, gêné.
- Heureusement que super-Tomi veille au grain, m'amusais-je avant de sortir une nouvelle plaquette de son traitement d'une poche de mon baggy et de lui tendre avec un petit sourire et un léger air de reproche forcé .
- T'es génial, merci grand frère, répond-il avec un de ces sourires éblouissant en embarquant les pastilles pour sa gorge usée par le tabac et le froid de ce printemps frais dans la poche de son sac. »


Et c'est avec une moue attendrie et protectrice que je salue le groupe d'un geste de la main, pour monter en cours main dans la main avec mon blondinet.

* * *


Alors, donnez moi vos avis ! Êtes vous satisfaites de ce virement de situation, ou alors assez frustrées :P. Je voudrais vraiment savoir ce que vous en pensez.

Bref, je dois allez bosser jz. J'vous aime, je vous préviens en coup de vent, et je file :D.

Bisouuxx.

So'

# Posté le vendredi 16 mai 2008 14:37

Yop! Encore un autre chapitre 'charnière', avant le prochain lourd en conséquences agréables... mais toujours pas libidineuses :P

Yop! Encore un autre chapitre 'charnière', avant le prochain lourd en conséquences agréables... mais toujours pas libidineuses :P


[ Extrait du chapitre précédent : Et c'est avec une moue attendrie et protectrice que je salue le groupe d'un geste de la main, pour monter en cours main dans la main avec mon blondinet. ]

« - T'es vraiment trop mimi et carrément horrible à la fois. On dirait qu'il va fondre à chaque truc gentil que tu lui fais et cherche à trouver le sens caché de chacune tes phrases. Tu vas le rendre fou à être aussi attentionné. Même si je crois qu'il commence à se rendre compte de son amour pour toi, d'autant plus qu'il est « impossible » à présent.

- Je crois que mon plan est à parfaire. Ca te dérange si je suis légèrement plus...rock'n'roll et moins fleur bleue avec toi, mon ange ? dis-je en riant.
- Ouuuhw, ça promet, mon amûr ! se moque-t-il. Mais pourquoi, si je peux me le permettre ?
- Il aime les choses à plusieurs facettes, genre imprévisible et tout, et j'crois que je commence à trop creuser sur celle de la protection et le gros pigeon, même avec toi. Je dois lui montrer mon côté sauvage, grrrr ! riais-je encore.
- Ca me va, en tout cas, me sourit-il. Ceci signifie que j'aurais droit, même et surtout en public à me faire plaquer brutalement contre un mur et me faire dévorer les lèvres par un sexybandant ?
- T'as tout compris... dis-je en haussant les sourcils d'un air suggestif, puis exécute promptement ses dires contre les briques froides de la salle de cours de Bill et sa classe. »


Je savais bien sûr qu'il arriverait ici dans quelques minutes au grand maximum, j'ai donc prolongé au maximum notre effrénée étreinte buccale. Je laisse une de mes mains s'aventurer sur son torse brièvement dénudé et parcourt gentiment son fessier. Je découvre ensuite la peau laiteuse et diaphane de son cou et y laisse une marque rouge vif et y dépose des baisers enflammés sur sa totalité, comme un clin d'½il au passé difficile, tirer un trait là-dessus.

« - Ouhhhw, ça chauffe chez les futurs Kaulitz-Müller, s'amuse un Tobias fraîchement débarqué.
- Ouais, grave, ne peut qu'ajouter Bill. »


Au son de sa voix un légèrement plus rauque qu'à l'accoutumée, je sais qu'il l'a cette putain d'envie d'être à la place du blond, assailli par mes lèvres. Du coup, il se colle toujours un peu plus à son copain, réclamant de l'attention... ou alors du réconfort ? Je scelle encore nos lèvres doucement, puis vient mordiller son lobe d'oreille avec une de mes canines aiguisées, le faisait gémir sous cette prise.

« - Fais le cuire au moins avant de le manger, la viande crue c'est toujours un peu dangereux, ironise Léo avec un sourire.
- J'aime les risques, rétorque-je en haussant la commissure gauche de ma lèvre percée. »


J'essaye de plus en plus de nuancer mes regards brûlants ou mes sous-entendus suggestifs, surtout à l'égard de Bill. C'est le plus important : qu'il croie n'y a plus rien, à part notre complicité fraternelle, bien sûr. Je ne l'embrasse plus, même sur la joue, et ne l'ai pas serré dans mes bras depuis des lustres. Oui, ça me manque réellement, mais je compense bien avec Andy, même si ce n'est pas du tout la même intensité.

« - N'est-ce pas, Bill ? dis-je toujours avec la même moue.
- ... ?! »


Ses yeux semblent s'affoler et son teint s'intensifier, mais je sors ma petite phrase bien rafraîchissante avec un plaisir soigneusement camouflé.

« - Une planche de snow... Ces dernières vacances... Ca te dit rien ? rétorquais-je malicieusement. Je devrais savoir à présent que de faire du sport à moins de 100 mètres de toi c'est danger mortel :P.
- T'avais qu'à pas être là !
- Et toi qu'à savoir faire du snowboard et surtout porter le matériel sans être un danger public, petit frère ! »


Il rigole gentiment, peu vexé par mon intervention. Il m'a ouvert l'arcade, quand même ! J'estime que j'ai donc le droit de le charrier un minimum pour compenser ma douleur passée. Tobias hausse un sourcil déconcerté, avant de demander des explications à « ce truc incompréhensible ».

« - Alors, en fait, on... commence Bill.
- Cht,
- Faisais du-
- Non.
- Sno-
- Et NON. Non ! Laisse-moi raconter les aventures de mon boulet de frangin !
- C'est plus les tiennes que les miennes si je peux me permettre.
- Et c'est MON arcade qui était en jeu, pas la tienne, mais vu que c'est de ta faute... :P. Alors, je disais. On faisait du snowboard aux dernières vacances, donc on rentrait des pistes en courant, le snow sous le bras et alors j'me suis arrêté parce que j'allais tellemeeeent plus vite et puis j'me suis foutu en face pour l'attendre deux secondes, genre dix mètres devant. Et c'te con il m'a percuté le sourcil avec sa planche -qui partait sur le côté tellement il la tenait mal et à bout de bras- pendant que je refaisais mon lacet tranquillement sans rien demander à personne.
- J'suis pas si cooooon ! geint-il. Et puis t'avais qu'à pas être si petit !
- Apparemment si - ___-, j'suis désolé d'avoir à te le dire. Et c'est pas que je suis petit, j'étais accroupi, abruti ! Allez l'manchot, ça suffit, va en cours maintenant.»


Je pousse délicatement Bill vers la porte de sa salle, dépose brièvement mes lèvres sur celles d'Andreas et tourne les talons en direction de ma salle située quelques mètres plus loin. Bien sûr accompagné par Tobias, ô joie. J'ai toujours un peu de mal avec lui.

« - Et t'as eu quoi au sourcil alors en fin de compte ?
- Ouvert, mais assez superficiellement et ça pourtant a pissé le sang pendant des millénaires et j'suis allé me faire mettre un point de suture. La joie, quoi.
- Oh c'te boulet ! T'as du avoir la haine.
- Haine non, très mal oui. J'lui en voulais pas, j'sais qu'il est maladroit et aveugle comme une taupe et j'ai pas fait trop attention non plus. Tant pis pour mon visage parfait, riais-je.»


Et chpok, mange-toi çaaa...Il rit doucement, puis me fait un signe de main avant de rentrer dans sa salle en face de la mienne. Je soupire, puis passe « ma » porte avec lenteur et me pose au fond de la classe. Enfin, se poser. Plutôt s'effondrer sur ma chaise entourée par des piaillantes récemment arrivées. Je demande gentiment à l'une d'elles de se décaler pour pouvoir avoir mon pote à côté de moi. Celui qui est fou de moi et qui se croit vraiment amoureux. Celui-ci, Alex, est triste que j'ai un copain, mais ça ne ternira jamais son immense bonheur –et pour lui, chance- que je sois bi.

« - Alors, Tom ? Comment va Andreas ? »

J'ai fini par comprendre -à la longue- que cette question signifiait en fait : « T'es toujours avec ton chanceux de connard de copain ? Sinon, j'suis là moi, hein !». Et comme à chaque fois, je lui réponds :

« - Il va très bien, merci Alex.
- Cool ^^'. »


Les cours passent à une lenteur inimaginable et s'enchaînent avec difficulté. Lorsqu'enfin la sonnerie annonce la fin de ce calvaire organisé, je soupire enfin. J'ai eu cinq bonnes heures pour réfléchir à ce que je pourrais faire pour faire plaisir à Bill. Et malheureusement, j'ai trouvé. Ca tient en simplement quelques syllabes, mais quel mot ! Effrayant et excitant à la foi. Tout dépend de la compagnie-escorte présente, des endroits, de pleins de choses en fait. Non, ce n'est pas un parc d'attraction supertropcool, mais plutôt... de faire du -je retiens ma respiration devant tant de conséquences – shopping.

En général, j'aime assez. C'est cool de pouvoir refaire sa garde robe -ou plutôt dans mon cas de la parfaire -, puis s'arrêter dans un café ou un parc avec ses amis pour souffler un coup, se remplir la panse de toutes sortes de choses délicieusement sucrées et se détendre les jambes engourdies d'être resté trop longtemps debout à force d'arpenter les boutiques et d'y repartir. Mais il y a un mais. Dans ce genre d'après-midi, Bill est tout simplement intenable. Et malheureusement, surtout infatigable et jamais, ô grand jamais rassasié.
Il y a un prix à tout, et je sais que l'attention lui fera énormément plaisir. De plus, j'ai envie de m'acheter des nouvelles casquettes et on vient de recevoir notre argent de poche. Parfait, il ne me reste plus qu'à m'armer d'un courage monumental et de me préparer psychologiquement. Ne serais-ce que pour le sourire de Bill.

Je l'attends donc devant sa salle, vu que je me suis dépêché de sortir exprès pour l'occasion. A y regarder de plus près, on pourrait presque me prendre pour son copain, ou alors un prétendant particulièrement attentionné. Il sort de son cours, son sac sur une épaule et ses cheveux toujours aussi impeccables. Lorsqu'il me voit, posé nonchalamment –mais avec classe !- sur le mur juste à l'entrée de sa salle, il a un sourire.

« - Alors, les cours ? Bien ? lui demandais-je , souriant.
- J'suis un peu démotivé là. Ca me gonfle, j'ai la pêche mais ça m'a trop plombé de le moral...
- Ca tombe bien, on a toute l'après-midi devant nous.
- Pour dormir ? sourit-il. »


Je n'ai même pas besoin de me forcer pour afficher un air protecteur, tendre et admiratif à la fois,

« - J'ai quelque chose d'encore mieux à te proposer.
- Ah oui :D ? Et quoi donc ? Voir nos potes de notre lycée de merde d'ou on s'est fait virer ? me demande-t-il en rigolant.
- Hm... Ca serait bien aussi. Mais j'te propose un programme différent. Et plus sportif, on va dire.
- Ah non ! s'indigne-t-il. Tu vas pas te mettre aussi en mode accro au sport ? Me laisse pas tomber sur ce coup là, geint-il avec une moue adorable.
- Tout dépend de toi... Alors dis- moi, une partie de basket ou alors... après-midi shopping ? »

Ses yeux s'illuminent subitement et il me saute au cou un instant plus tard. Putain, ce que ça m'avait manqué, pensais-je sans pouvoir réprimer ce bien être.

« - Tu ferais ça pour moi, Tom ?! me demande-t-il, une fois séparé de mes bras.
- Bien sûr, ça me fait plaisir. Je dois avouer que ça me manque de te voir sauter partout et de devoir m'user les bras pour porter tes sacs. Même si je sais qu'à la fin de la journée je me rattraperais en me plaignant sans m'arrêter.
- Wiiiiiiiiii ! Trop biieeen ! sautille-t-il avec un sourire éblouissant et en frappant frénétiquement la paume de ses mains.
- Si tu veux, on peut même engager un autre porteur ?
- Heuh. Qui ça ? s'inquiète-t-il légèrement.
- Hm... Disons... Tobias. Si tu veux, bien sûr, rajoutais-je après un moment. »


D'ailleurs, le concerné est à présent en piquet à côté de ma bombe sexuelle de jumeau. Il a l'air assez angoissé qu'on parle de lui entre nous. Bill ne lui prête pas attention et finit notre conversation.

« - J'aurais bien aimé passer un peu de temps seul avec toi, mais bon, on a toute notre vie devant nous pour ça ! Alors c'est d'accord.
- Et il ne connaît pas encore le vrai Bill Kaulitz s'il ne l'a pas encore vu sur le terrain... Marché conclu ?
- Demande à Andy aussi si tu veux, comme ça tu ne tiendras pas la chandelle...
- Je n'aurais pas le temps de m'ennuyer. Dis plutôt que tu comptes acheter tellement de choses qu'il te faudra plus que trois paires de bras pour tout porter, hm ? dis-je en lui faisant un clin d'½il.
- Trois ? Qui d'autre ? Et oui, c'est aussi pour ça, tu m'as percé à jour -_-.
- Tu ne comptes pas nous laisser porter tes propres paquets seuls, quand même ? Tsss. Aucune notion de justice dans ce bas monde. »


Il me regarde, toujours avec ce même sourire à tomber par terre. Je vois que Tobias est en train de baver devant celui-ci, mais ne fais rien pour ce l'approprier, toujours la faute à ce putain d'ego un peu malmené par le fait que son copain l'ignore royalement. Pour me parler, en plus !

« - Si on pouvait m'expliquer, dit-il, vexé comme un pou. »

Ne pas rire. Jubiler en silence.

« - Tobi, tu vieeeens faire du shopping avec nouuus ? mielle Bill, lui accordant une miette d'attention et papillonnant presque des yeux.
- Si j'ai bien tout suivi, le nous comprend toi, Tom et Andreas ?
- Ouiii !
- Hébé, pourquoi pas ?
- TU PEUX PLUS CHANGER D'AVIS MAINTENANT, T'AS DIT OUI, MOUHAHAHAAAA, dis-je avant de m'écrouler de rire devant sa tête apeurée. »


Je suis toujours en train de m'esclaffer dans les couloirs dieu –seul-sait-pourquoi, tandis que Bill va proposer le planning festif à Andreas, qui m'a l'air presque aussi foireux que mon frère sur ce plan. Oh mein Gott. Dans quoi est-ce que je me suis fourré ? Deux accro au shopping au lieu d'un seul : misère. Si ce n'est pas une preuve d'amour, ça, je sais pas quoi faire de plus à part me suicider pour lui.

« - C'est parti ? Bill, t'as ton argent sur toi ?
- Yep ! On reste sur Magdeburg, non ? J'ai vu des boutiques pas mal...
- Okay. Moi j'veux juste m'acheter une casquette noire sox. J'sais ou elle est ici.
- Parrrfait. Bon, on y vaaaaa ! »


Et bizarrement, c'est ma main qu'il loge dans la sienne pour dévaler les escaliers à toute vitesse. Il est plus qu'excité, je dirais même qu'il frise l'hystérie. Je me penche vers lui, puis lui dit doucement :

« - Fait gaffe à Tobias, sinon il va nous chier un cake parce que tu me prends la main.
- Pf. L'amour purement fraternel, il connaît pas ? rétorque-t-il avec un sourire entendu et j'ai presque l'impression d'y déceler de la moquerie. »


Il est plus malin que je ne le croyais.

« - Ouais, mais c'pas ma faute sa jalousie n'a pas de limites ; Andreas, lui, sait très bien se tenir. »

Très maladroitement rattrapé, je sais. Pas besoin de me le faire remarquer. Je stoppe Bill dans son élan et le fait attendre sagement son petit ami. Je m'accorde juste un baiser sur son front avant de détacher nos mains et qu'il s'élance sur Tobias pour lui sauter au cou en piaillant qu'il est trop content. Le brun retrouve pathétiquement des couleurs avec une rapidité effrayante.

Andreas, plus tempéré, s'avance vers moi et dépose délicatement ses lèvres sur les miennes. Sa main se glisse dans la mienne, tandis qu'il en profite pour me souffler à l'oreille presque imperceptiblement.

« - T'es vraiment fort. Tobi bouillonnait de rage, et je suis sûr que ça ce n'était même pas prévu. »

En guise de réponse, je lui caresse le bout du nez avec un sourire conquérant. Sexy, je sais. On descend donc les escaliers, deux par deux et main dans la main. Pitoyable. Un cortège homosexuel. Ca me fait bien rire de voir à quel point j'ai changé en l'espace de quelques mois. Je n'aurais jamais pensé être bi, même si Bill m'a toujours attiré. J'avais pourtant mis ça sur le compte de notre complicité et amour infini. Hey, c'est drôle : Bill et bi. En fait non, c'était seulement lamentable comme 'blague'. Faire trop d'efforts par amour, ça me bousille mon humour. Je ne vois que ça comme excuse plausible.

C'est ainsi qu'on se retrouve dans le bus –flemme, quand tu nous tiens-, toujours deux par deux, main dans la main et assis les un derrière les autres. J'en profite donc pour embrasser Andreas, qui semble heureux de mes changements comportementaux à son égard.

Le bus s'arrête et l'on descend précipitamment, pour arriver devant la rue principale de Magdeburg. Là ou il y a tout aussi bien des petites boutiques coincées entre des prestigieux magasins que des grands centres commerciaux avec les galeries sans fin. Je ne vais pas faire un compte-rendu de toutes les boutiques –et les fastfoods - qu'on a fait en détails, mais seulement celles qui ont un minimum d'intérêt.


La boutique préférée de Bill est dans la grande avenue. Celle-ci est de taille moyenne, et remplie de toutes sortes de choses très excentriques, des fringues comme pleins d'accessoires. Ses yeux brillaient d'excitation lorsqu'on en a franchi l'enceinte et ne savait pas ou donner de la tête, par ou commencer. Nous, on devait avouer que cette boutique était assez bien dans son genre. Avec Tobias, on appréhendait la suite et donnait des paris : combien de sac en plus allions nous devoir porter ? Dans un éclair d'intelligence, j'ai demandé à la vendeuse si on pouvait poser nos sacs dans un coin, histoire de pouvoir avoir la liberté de nos mouvements et aider nos amis dans leur choix d'achat. Elle a acquiescé avec un énorme sourire pour moi, tout en prenant nos monstrueux sacs pour les poser à côté d'elle, vers la caisse. J'crois qu'elle a flashé pour moi, vu comment elle me dévisage.

Bill était déjà en transe dans les rayons une demi-seconde plus tard. Je le regardais à l'½uvre, tout en me rappelant que je savais tout ce qu'il aimait. Et si je vérifiais ? Je m'avance vers lui, et lui demande avec un petit sourire :

« - Tu veux que je t'aide ? J'te montre des trucs et tu me dis si t'aimes bien... ?
- Ca marche, me répond-il avec entrain. »


Je parcours donc les rayons, observant chaque habit d'un ½il acéré. Je trouve pas mal de choses qui auront un résultat assez prometteur sur Bill. Beaucoup de t-shirt et quelques pantalons. Pour m'amuser, je déniche un pantalon en cuir bien moulant comme il faut, et lui pend sous le nez.

« - T'aimes bien ça ?
- Wow. J'en sais rien en fait, c'est joli comme ça, mais faut essayer. »


Je souris. Toutes les choses que j'ai trouvé et que je j'ai jugées parfaites pour lui, il a adoré. Quasiment toutes les fringues qui sont entassées sur son bras fin sont sélectionnées par moi. Et lorsqu'il se dirige vers les cabines d'essayage avec Andreas, il me fait un discret clin d'½il en me désignant le pantalon en cuir, puis ferme le rideau.
Bon, ce n'est pas tout ça, mais j'ai un cadeau à acheter. Non pas que les essayages de Bill m'ennuient, bien au contraire, mais j'ai remarqué un bracelet qui lui plairait beaucoup.

En fait, il en avait un dans le même genre. De grosses mailles, avec un genre de gourmette au milieu. Mais il l'a perdu dans un parc d'attraction en début d'année, je crois. Il avait été très triste de sa perte, tellement que je lui avais promis de lui en racheter un plus tard.

Je me dirige donc vers la vendeuse et lui demande le prix. Un peu cher. Tant pis, c'est un cadeau. Je sors donc l'argent et lui donne le bracelet. Elle me rend la monnaie avec un énorme sourire.

« - Vous voulez un paquet cadeau ?
- Non merci, c'est pour tout de suite. »


Je tourne la tête pour voir Bill tirer le rideau et passer sa tête. Je l'entends demander à Tobias si je suis là, alors je me décale de la caisse et lâche le bracelet dans une de mes énormes poches avant de m'avancer vers eux. C'est limite si je ne sifflote pas pour faire plus innocent. Bill sort donc de sa cabine, beau comme un ange, suivi par Andreas une minute plus tard.

Après plusieurs essayages et combinaisons de différents habits, mon jumeau consent enfin à passer le fameux pantalon. Je l'attendais avec excitation, et lorsqu'il est sorti, j'ai bien cru que j'allais lui sauter dessus. Il est parfait, ce pantalon le moule avec précision et lui donne une classe inimaginable.

« - Euh. C'est vraiment ce que tu veux, Bill ? demande Tobias, perplexe, tandis que ses pupilles fixées sur ses formes faisaient mentir ses paroles.
- Bah, j'adore moi !
- 'Faut avouer qu'il te va très bien, souriais-je.
- Merci. »


Tobias va faire des jaloux, et encore plus que maintenant. Putain, mais quel cul ! D'ailleurs, son propriétaire me regarde avec malice, puis s'avance vers moi.

« - Dis moi Tom... Tu veux me faire plaisir ? »

Ne pas crier 'oh, ouiiii, ou tu veux quand tu veux mon ange'.

« - Tout dépend de ce que tu veux me faire faire comme plan foireux.
- Hm... J'aimerais bien que tu l'essayes, minaude-t-il.
- QUOI ? m'indignais-je. T'as fumé, hein v.v. T'as vu le diamètre pour les jambes ? Ca fait trois fois mon pantalon !
- Non ! Hey, c'est bon, fait pas ta chochooootte. Et je t'apporte le petit dej' au lit demain !
- Hmm... Okkaaay...
- Et aussi dimanche si tu mets le t-shirt et que t'enlèves ta casquette, profite-t-il de l'occasion.
- Ca marche. »


Soudain, une idée perverse me passe par la tête.

« - Tu viens avec moi dans la cabine ? Je ne vais jamais m'y retrouver avec tous tes trucs moulants et les sangles du-t-shirt. »

Parce que, oui, il y a aussi des sangles au t-shirt. Je deviens trop influençable, je crois.

« - Okay, j'arrive, répond-il après avoir réfléchi un instant. On va dans la grande. »

Il va chercher d'autres fringues à essayer et me pousse doucement derrière le rideau, sans prêter un regard à Tobias. Lorsqu'il le ferme, la lumière rouge tamisée me donne des envies de luxure, surtout au moment ou il enlève le pantalon. Je ne peux que le regarder, étant donné que je n'ai rien à me mettre. Pour faire bonne figure, je me poste quand même devant la glace et enlève ma casquette. Je refais ma queue de cheval, puis attend que Bill soit désapé. Il est magnifique en boxer. Ses os sont saillant juste ce qu'il faut et sa peau laiteuse a l'air plus qu'appétissante. Je détourne les yeux, puis attrape d'un geste leste le pantalon qu'il me lance. Je dépose délicatement mon baggy à terre pour cause de surprise cachée à l'intérieur et enfile l'habit étroit avec lenteur.

« - Putain, ça me les serre !
- Classe, Tomi. Enlève ton t-shirt XXL, t'as pas l'air con comme ça. »


Je m'exécute et me retrouve torse nu devant cette bombe sexuelle peu vêtue. Il me fait lever les bras et me passe le haut avec douceur. Ensuite, il se rapproche de moi et m'ajuste les fausses sangles doucement. Ses yeux me parcourent, affolés. Des chaussettes jusqu'au front. D'un doigt, il me fait le geste de me tourner sur moi-même. Je le soupçonne de vouloir me mater les fesses. J'enfile mes Nike air noires et blanches montantes, accroupi et le derrière juste devant lui. Je me relève ensuite et dépose un poing provocant sur le creux de mes hanches, accentuant leur courbe avec un sourire trop grand pour être sérieux.

« - T'es vraiment sexy comme ça, Tom, me dit-il en me soulevant le menton de deux de ses doigts fins. Allez, sors, je te rejoins. »

Merci mon ange, pensais-je. Et après avoir coulé un dernier regard vers ses yeux, j'écarte doucement le rideau et me faufile à la lumière du jour. Je regarde Andreas avec un air provocant et roule du cul jusqu'à lui. Tobias aussi me dévore du regard, et par contre ça, ça me fait assez peur.

« - Tu ressembles étrangement à Bill quand tu fais ta pute xDD, rit-Andreas.
- Hophophop, on ne traite pas mon frangin de pute, sale impertinent !
- ..., proteste avec véhémence le copain de la pute en question.
- Pas de raccourcis faciles, c'est juste une façon de dire que t'es super sexy de la mort qui tue comme ça. J'ai envie de te bouffer, continue Andreas avant de me plaquer contre un mur.
- Calme ta joie, la vendeuse arrive, me moquais-je avant de le décoller légèrement de moi.»


En effet, elle arrive bien et je crois que ses yeux vont tomber de leurs orbites si elle continue à les ouvrir comme ça. Je sais que je dois être pas mal, habillé comme ça, mais quand même ! Un peu de retenue et de discrétion ne ferait de mal à personne. Est-ce que son pauvre petit c½ur va lâcher devant tant de beauté ... homosexuelle ?

« - Vous avez trouvé votre bonheur ? me demande-t-elle tandis que je me détachais d'Andreas. Ah, bah apparemment oui. Il vous va très bien, ce pantalon.
- Merci. »


C'est ce moment là que choisit Bill pour pointer le bout de son nez si mignon. Il s'avance vers nous, rhabillé, mais toujours aussi magnifique. Il me toise du regard, avant de me dire avec malice :

« - Vraiment beau, ce pantalon... me dit-il en regardant tout en haut dudit pantalon.
- Ouep, tu devrais vraiment l'acheter. Le t-shirt te va très bien, aussi.
- Tu trouves ? Merci. »


Tobias est toujours autant fixé sur mon postérieur royal, ce qu'Andreas a remarqué. Je devine dans ses yeux amusés qu'il attend que ce soit Bill qui fasse une remarque. Je lui souris, et lui fais un clin d'½il encourageant.

« - Bill, à ta place, je ferais gaffe à ton mec, se marre Andy.
- Gneh ? Ah. Ouais, tu fais allusion au fait qu'il mate mon frère comme si sa vie en dépendait ? C'est très compréhensible, mais bon moi je me retiens sinon ça fait vraiment trop narcissique, rit-il.
- ..., proteste de nouveau jalousement Tobias. »


Quelle carpe celui-là ! Il se contente simplement de rougir. Comme c'est mignonnnn -__-. Ah, la pauvre vendeuse, je l'avais oubliée celle-là. Si elle est homophobe, je crois qu'elle devrait déjà être en syncope.

« - Pourquoi c'est pas vous qui l'achetez ce pantalon ? Il te va très bien ! s'inquiète t'elle.
- Et bah enfin on me tutoie ! J'commençais vraiment à me sentir vieux. Bref. Non, mais ce n'est pas trop mon style, on va dire. Il va mieux à mon frère, en plus.
- Je ne l'ai pas vu l'essayer, dit-elle en rougissant. Attends. Vous êtes frères ? Jumeaux ?
- Bah, ouais -_-. C'est vrai que je suis plus grand et plus classe, mais bon... sinon on se ressemble beaucoup ! se moque Bill, gentiment. »


C'est donc dix minutes plus tard que nous sortons du magasin, avec un nombre conséquent de sac en plus (dont un chargé d'un superbe pantalon), un nouveau râteau féminin à mon acquis et un Tobias toujours aussi muet. Ensuite, chacun de nous repart dans son propre bus, après quelques étreintes et embrassades. Bill et moi nous asseyons donc au fond du véhicule presque vide. Petite ville oblige.
Je souris pour moi-même et lui demande de fermer les yeux et de tendre son poignet droit. Il hausse un sourcil perplexe au dessus de ses paupières closes, s'exécutant malgré tout. J'attrape donc avec difficulté le bracelet échoué dans une de mes immenses poches et lui mets délicatement. Je le replace, de façon à ce qu'il soit parfait, puis déclame d'une voix théâtrale :

« - C'est boooon ! »

Et il ouvre les yeux sur le bracelet argenté. Sa bouche s'allume d'un sourire franc et sincère, pour me déposer illico un énorme bisou sur la joue.

« - Merciiii ! C'est super gentil Tom ! Ca me fait trop plaisir :).
- De rien, c'était un plaisir.
- Il est trop beau en plus....dit-il en contemplant son poignet sublimé sous tous ses angles. »


Je souris, heureux de son bonheur.

« Il ressemble à celui que j'avais perdu, en plus ! Si tu commences à tenir tes promesses, je sais plus quoi faire moi x).
- Gneh ? Comprends pas, grognais-je, perplexe. Compliment ou injure injurieuse ?
- Un peu des deux, Tom. T'es adorable. »


Je tirais une langue malicieuse, puis m'installe plus confortablement dans mon siège pourtant raide comme une chaise. Je soupire d'aise, tout en le regardant frétiller comme un enfant.

« C'était une super journée. Tu gères la fougère, Tom ! »

Je sais, je sais... QUOI ?! -__-. Mon dieu, quelle vocabulaire élaboré. J'étouffe presque discrètement un rire dans mon poing fermé, puis finir par le laisser éclater, pour récolter un air perplexe.

« - Nan, rien, les nerfs xD... me justifiais-je sans grand aplomb. Putain, j'ai trop bouffé. Trop de Mcdo tue le Mcdo. Si j'avais imaginé dire ça un jour.
- T'as pas tort. Pioooou. Je me sens bal-lo-né. »


Je souris une fois de plus, avant de sortir du bus en traînant des paquets, Bill à ma suite. Je note en marchant jusqu'à la maison qu'on a une fois de plus oublié de prévenir Mama. Je crois qu'elle va nous tuer, sera ma dernière pensée avant de passer la porte.

« - Avez-vous un bon alibi, exs Kaulitz-Trümper ? tonitrue une voix féminine.»

Bill lui sort un sourire éblouissant, et pose les paquets à terre. Je fais de même, tout en m'appliquant à prendre mon air le plus innocent. Elle regarde nos sacs, puis soupire faussement.

« - T'as vu Mama, on est allé faire du shopping !
- Je crois que j'ai remarqué...
- Tom a été gentil aujourd'hui. Accès de bonté, il faudrait l'emmener chez le médecin pour que la crise ne s'arrête plus. J'ai même eu droit à un cadeau, je crois que je suis dans une dimension parallèle, rigole-t-il en lui montrant fièrement son bracelet.
- Wow, Tooom ! J'sais pas ce qui t'arrive, mais ça m'a l'air bien ! sourit Mama.
- Je saiiis, je suis formidable. »


Pris d'un élan étrange, je dépose un baiser sur la tempe de ma mère et reprend les paquets à bout de bras. Je dépose les concernés devant la chambre de mon jumeau, pour ensuite sélectionner le seul paquet qui m'appartient. La casquette sox est magnifique, enfin c'est plus réellement un bandeau noir avec une visière de taille normale qu'une casquette. Je rentre donc dans ma chambre, après un sourire pour Bill qui s'avançait dans le couloir, puis abaisse la poignée.

« - Hé, Tom ! »

Je re-ouvre ma porte et passe paresseusement ma tête dans l'encadrure.

« - Yep, c'bien moi.
- Dis...murmure-t-il en s'avançant vers ma porte et se poser contre le mur d'une épaule. Je pourrais dormir dans ton lit cette nuit ? Je dois avouer que ça me manque..., ajoute-t-il presque timidement. »


Je ne sais pas si c'est le signal tant attendu de ma victoire sur son coeur, mais je compte quand même profiter un minimum de cette peau nue si près de la mienne.

« - No problems. Mon lit est disponible quand tu veux pour toi, tu sais, petit frère... dis-je avec un tendre sourire au bout des lèvres.
- Merci Tom...
- Tu me rejoins quand t'es prêt ?
- Yop. ! sourit-il avant de sautiller gaiement jusqu'à la salle de bain. »


Un jour j'en crèverais de l'aimer.

# Posté le mercredi 21 mai 2008 08:09

* Your tears don't fall, they crash around me *, bref, Ze Kapitel :D!

* Your tears don't fall, they crash around me *, bref, Ze Kapitel :D!
[ Bout du chapitre précédent: Un jour j'en crèverais de l'aimer. ]

Je ferme doucement ma porte, puis soupire en préparant mes affaires pour aller à la douche du haut. Lorsque je me savonne doucement, appréhendant les instants futurs, je me demande jusqu'ou tout cela va nous mener. L'inceste est quelque chose de vu comme malsain, immonde. Pourtant ma relation avec Bill est plus que pure, dénuée de tout vice. L'amour passionnel règne sur nos c½urs, j'en suis certain. Le pire se transforme en meilleur. Sans le vivre, je crois que c'est dur à comprendre, ou plutôt impossible.

Je sors de la cabine, me sèche rapidement, me brosse les dents avec application maximale et sors avec une serviette autour de la taille et mes fringues sous le bras. Je dévale les escaliers pour me retrouver devant ma porte légèrement entr'ouverte. Un sourire prend possession de mes lèvres alors que je comprends que Bill est à l'intérieur. Je fais semblant de rien avoir vu et ouvre la porte à la volée, balance mes fringues à terres, puis va fouiller dans mon armoire à la recherche de mon boxer manquant toujours à l'appel. Lorsque je commence à ouvrir ma serviette pour enfiler le sous-vêtement, Bill ose me dire d'une voix assez timide :

« - Heu... Tom ? Je suis là, hein...»

Je me retourne brusquement et le regarde. Malgré moi, mes joues s'embrasent et ma bouche se tort dans un rictus gêné. Ma serviette tombe à terre. Je positionne mieux l'objet de ma pudeur et le regarde, mal à l'aise.

« - Désolé, je ne t'avais pas vu...
- Pas grave. Allez, viens, me rassure-t-il. »


J'ébauche un sourire timide, allume ma lampe de chevet, éteint l'halogène, mets mon téléphone à charger. Je finis mon sac pour le lendemain, puis range ma chambre avec une moue amusé pour le petit Bill qui commence déjà à se languir de mes formes. Une fois mes habits ayant tous retrouvé leur place initiale, je m'avance donc vers mon lit double et soulève délicatement un bout de la couette.

« - Ca va, t'as pas froid ? Si tu veux une couverture en plus, tu me le dis.
- Non, c'est bon, tu seras là, dit-il d'un air sérieux, sans être ni taquin ni sous entendu. »


Si je m'attendais à ça. Je me glisse donc doucement dans la couette, en faisant attention à ne pas trop la lever pour que Bill ne soit pas proie aux courants d'air. Je me blottis doucement dans l'enceinte précédemment réchauffée, puis me relève sur les coudes, le ventre contre le matelas et le regarde en biais. Ses cheveux sont éparpillés sur l'oreiller, peu séchés et ondulant légèrement. Il est couché sur le dos et fixe mon plafond, mais finit par laisser ses yeux retrouver les miens.

« - Alors, ça va toi ?
- Pourquoi ça n'irait pas, dis-je tendrement.
- J'en sais rien.Ca fait longtemps qu'on a pas vu Papa, répond-il à l'évasive.
- On le voit bientôt. Les prochaines vacances sont dans trois semaines. »


Pendant de longues minutes, on s'est juste dévisagés, sans un seul contact. J'ai eu le loisir de la détailler en toute impunité. Ses lèvres rosées interdites, son front volontaire, ses joues légèrement creusées, son nez adorable, ses yeux doux, ses cils recourbés, son menton fin, son grain de beauté. J'imprime encore plus chaque trait aimé, grave ce visage tant adoré.

« Au fait, tu ne m'as pas dit comment tu avais fait pour calmer Tobias après qu'on ... en soit venus aux mains, demandais-je prudemment. »

Il semble réfléchir. Ses yeux papillonnent de gauche à droite. Il se mord délicatement la lèvre, puis déclare d'une voix douce et posée.

« - Hm... Disons que je l'ai bien parlé avec lui. Je lui ai expliqué à quel point on est proche, qu'on tient l'un à l'autre. Que pour moi c'était plus important que tout que vous vous entendiez un minimum. Que je lui laisserais un peu de temps pour y réfléchir s'il le voulait, mais qu'il prenne une décision. C'était moi, avec toi, ou rien du tout.»

Dire que dans un autre contexte sa dernière phrase aurait fait battre à nouveau mon c½ur n'est pas nécessaire. J'étouffe un soupir, acquiesce doucement.

« - Et il a fini par s'y faire. C'est bien, il a un bon fond en fait.
- Je sais, dit-il avec un sourire.
- Et j'ai une autre question pour toi... »


Je suis mort de trouille, effrayé par sa réponse.

« - Je t'écoute.
- Pourquoi tu ne nous as pas séparés ? Quand on s'est frappés ? T'as regardé ton copain se faire tabasser sans rien dire. »


Je pensais plutôt à ' tu m'as laissé me battre avec lui pout toi et m'arracher mon piercing sans rien faire ', mais ça aurait été assez impromptu. Il soupire et mord sa lèvre plus fort cette fois-ci.

« - Je me demandais quand c'est que t'allais me poser cette question.
- ...
- En fait, c'est assez compliqué. Sur le moment, je n'ai pas trop réfléchi. Je vous ai regardé faire, sans vraiment me rendre compte de ce qui se passait. C'est vrai que j'aurais dû vous séparer, ou au moins te tirer pour que t'arrêtes de le frapper. Il ne t'avait rien fait, Tom.
- Il m'a insulté.
- Et ? T'es pas assez grand pour contenir tes pulsions agressives ?
- Si, mais tout est question de mesure. »


Il soupire et commence vraiment à être exaspéré, je crois bien.

« - Et il t'as dit quoi exactement ?
- Il a touché à ce qu'il ne fallait pas toucher. Provocation pure et simple. Il le savait.
- Tu pourrais pas être un peu plus explicite ?!
- ... Je vois pas comment l'être plus. Il a traité mon amour pour toi et l'a tourné en dérision.
- Je ne comprends pas. Il s'est foutu de ta gueule parce qu'on est jumeaux ?
- En quelque sorte, oui. Ca le faisait bien rire.
- Mais pourquoi ?! s'énerve-t-il.
- Il s'est foutu du fait que j'éprouvais des sentiments pour toi et que c'est lui qui sorte avec toi, dis-je, lassé et surtout en accentuant bien sur le passé du verbe éprouver. »


Son trouble s'accentue.

« - Ah.
- C'est bon, t'es content ?!
- Pas trop, non. Ecoute, je suis content que tout sois redevenu normal entre nous, dit-il après une pause. Je suis vraiment heureux de t'avoir retrouvé à part entière et de voir que tu fais des efforts pour moi, pour qu'on redevienne comme avant, déclare-t-il avec un sourire sincère . Le Tom amoureux me faisait peur, à vrai dire, avoue-t-il avec un soulagement visible. »


Faites-le taire.
Je fiche mon regard dans le sien. Brutalement, je pose mes bras de part et d'autre de son visage et me rapproche précipitamment pour dévorer ses lèvres. Je les mordille doucement, les lèche et engouffre ma langue entre l'interstice minuscule. Je suis brutal, je le sais. Pendant que ma langue vient éveiller et jouer avec sa jumelle, je me colle contre lui et m'allonge de tout mon long sur son corps à demi-nu. Mon souffle est erratique et mes mains parcourent sa nuque effrénément. Comme si ma vie en dépendait. Dieu, que ça m'avait manqué. Mes mains se perdent dans ses cheveux sombres et je m'enivre de lui, en jouit un maximum. Lorsque je retire mes lèvres des siennes, après un autre baiser appuyé en surface, ses yeux sont toujours clos.

Ses joues sont délicatement rougies. Il n'a toujours pas montré ses prunelles. Ses lèvres sont toujours délicatement entrouvertes et semblent me prier de venir les nourrir.

« - Pourquoi... ? souffle-t-il.
- ...
- Pourquoi est-ce que j'aime autant ça ? J'ai l'impression de n'avoir rêvé que ce ça depuis deux semaines, et tout en sachant au fond que ce n'est pas qu'une impression. Pourquoi quand j'embrasse Tobias je suis surpris qu'il n'ait pas de piercing à la lèvre ? Pourquoi quand je t'ai vu si attentionné j'ai cru fondre et m'empêchais de roucouler comme une collégienne à chaque sourire que tu me lançais ? murmure-t-il sans s'arrêter, les yeux toujours clos.
- Je... Je t'assure que j'ai essayé d'oublier, de repartir sur de bonnes bases. Pour toi. J'ai retrouvé en moi l'âme du grand frère protecteur et en ai usé et abusé. Mais au fond, ça n'a rien changé, juste légèrement atténué. »


Il soupire et ses paupières tressautent presque imperceptiblement. Sa bouche s'épanouit, lorsqu'il murmure un mot silencieusement.

« - Encore...S'il-te-plaît... »

Je souris à moi-même et accède à sa requête avec un plaisir innommable. Ses lèvres on un goût intemporel, un mélange du passé, de ce présent et de notre futur, ensemble. Promesse d'éternité lorsque nos langues se caressent dans un mouvement sans fin.

« - Brrrrr. Brrrrr. Brrrrrrrrrrrr, fit mon téléphone.
- Noaan, ne va pas voir, grommelle Bill tout contre mes lèvres alors que j'ébauchais un mouvement de retrait.
- C'est peut-être important, Ange. »


Je butine ses lèvres brièvement, puis viens embrasser sa gorge et le haut un de ses pectoraux, pour finir par son aine et me lève doucement. La lumière du téléphone posé sur la chaise engendre un faisceau lumineux qui ne montre que des poussières volantes. Je débranche l'objet, puis le prend dans ma main et saute sur le lit. Bill se colle automatiquement à moi et vient ronronner contre mon nombril et enlacer mon ventre plat d'une de ses mains. Je lui caresse la nuque avec douceur d'une main, tout en ouvrant un message d'Andreas avec grande curiosité.

« Salut, Tom. J'espère que tout va bien chez toi. Je suis désolé de te dire tout ça par sms, mais je ne trouverais pas la force d'affronter ton regard. Je tombe amoureux de toi, et je suis déjà bien atteint. Toi et tes magouilles. Toi et ton amour sans bornes pour Bill. Plus j'apprends à te connaître, plus je suis sidéré. Ou puises-tu toute cette force, tous ces espoirs, pour ne pas succomber devant ces coups du destin ? Je t'admire énormément. Tu es différent de Bill, oui. Vous allez pourtant tellement bien ensemble. Je suis persuadé que je ne fait pas ce qu'il faut, mais je me devais de te le dire, Tom. Je ne sais pas si tu voudras encore de moi après ça. Je veux juste te dire : je tiens à ce que le fait de rompre seulement pour me protéger ne vienne pas à ton esprit empathique. Je n'accepterais aucune rupture de ce genre, je veux que tu me largues en me disant que Bill t'aimes en retour et qu'il l'a enfin accepté ;). Sois heureux, Tom. Parce que, putain, tu le mérites. »

Je suis estomaqué. J'ai arrêté de caresser le cou de Bill sans même m'en rendre compte. Andreas est admirable et d'une bonté d'esprit sans pareille. Je tiens énormément à lui et ça me chagrine réellement tout ce qu'il se passe. Une tête ébouriffée escaladant mon torse vient frotter son nez contre le mien.

« - Qu'est-ce qu'il se passe, Tomi ? s'inquiète-t-il légèrement. »

Sans autre forme de cérémonie, je lui tends le mobile avec un soupir, le message toujours à l'écran.

« - Andreas. Remet au début.
- 'Kay.»


Il repose sa tête contre mon nombril et tend le téléphone en l'air , à quelques centimètres de ses yeux. La forte lumière de l'appareil sur sa peau sans maquillage et ses yeux noisette ne lui fait rien perdre de son charme, bien au contraire. Ses sourcils se froncent et un timide sourire vient déformer ses lèvres pincées. Il soupire et commence à tapoter rapidement sur le clavier. Ensuite, il me tend le mobile ou il a rédigé une réponse avec un air gêné.

« T'inquiètes pas Andy, je ne t'en veux pas. Pour l'instant Bill et moi on a besoin de se donner du temps... C'est plutôt toi qui devrait préférer vouloir me larguer ! Tu es vraiment un gars génial... Je te souhaite du bonheur aussi, parce que toi aussi tu le mérites, sûrement encore plus que moi. Et j'accepte encore de faire un petit bout de chemin à tes côtés. Bisous tous doux, Tom. »

Pour toute réponse je dépose amoureusement mes lèvres souriantes sur celles de Bill avant d'appuyer sur le bouton d'envoi. L'accusé arrive immédiatement à l'écran du téléphone jeté négligemment au bout de la couette, tout comme la réponse d'Andy une minute plus tard.

« Bill écrit vraiment bien, on dirait presque que c'est toi qui parle... Bonne nuit les amoureux ! Andy qui tient fort à vous. Hey, au fait, pas la peine de me répondre, je dormirais très bien même sans vos v½ux :P. »

Nous sourions devant la réponse assez inattendue du blond, tandis que Bill se love contre moi avec délice après s'être levé pour éteindre le téléphone et le remettre à charger d'un pas peu assuré. Il joue avec une de mes dreads qui tombe nonchalamment sur ma joue, puis vient la loger derrière ma tête. Il vient embrasser ma gorge, puis s'occupe de ma pomme d'Adam avec délice.

« - Bill, demandais-je alors qu'il avait toujours sa tête nichée dans mon cou.
- Hm ? grommelle-t-il, sortant son visage de ma gorge offerte.
- Tu as... couché avec Tobias ?
- Oui. »


Sa réponse m'a déçu, tout comme le ton de sa voix. Pour lui ça semble tout à fait normal et en un sens, il n'a pas tort. Pourtant, ça me dérange de savoir que moi je n'ai pas réussir à satisfaire les hormones d'Andreas parce que je pensais trop à lui, tandis que lui ne se gêne absolument pas. C'est vraiment nul et insensé, je sais, mais je ne peux pas repousser ces ressentiments.

« Et toi ? Andreas ?
- Je... n'ai pas réussi, dis-je d'une voix froide et sèche. »


Bizarrement, il éclate de rire. Pour ma plus grande horreur. Je dois dire que le fait qu'il ne me comprenne pas –ou plus- me tord atrocement le c½ur.

« - Comment ça ? xD
- ...
- T'as pas voulu être dessous ? Ou alors t'as eu une panne ? Ou tu t'es dégonflé parce que ça te faisais trop bizarre pour ta première fois ? s'interroge-t-il, toujours riant à gorge déployée. »


J'ai envie d'être méchant.

« - Tu sais, j'ai déjà couché avec un mec, contrairement à ce que tu pourrais penser. Plusieurs même. Et j'ai testé dessus et dessous. Ce n'est pas ça qui m'a dérangé, claquais-je. »

A présent, ses yeux éclairés par ma lampe de chevet semblent bouleversés. Il est toujours sur moi et son visage est relativement proche de moi. Son regard s'abaisse alors qu'il murmure :

« - Tu ne me l'as jamais dit...
- Tu ne m'as jamais dit non plus que tu couchais avec des mecs, je l'ai 'remarqué' par moi-même figure toi. Quand tu m'as avoué plus tard que t'étais gay, j'me suis demandé ce qui était si attirant dans l'homosexualité. J'ai donc essayé vite fait, et j'ai trouvé ça pas trop mal. J'ai retenté l'expérience quelques fois, mais rien de plus et toujours assez caché.
- Désolé...
- De quoi ?
- De t'avoir pris pour un puceau du cul, sourit-il avec gêne.
- Pas grave. »


Il vient m'embrasser les lèvres tout doucement, pour se faire pardonner je pense, mais ma peine ne disparaît pas.

« - Pourquoi t'es triste, Tom ?
- ... Parce que ça m'énerve que t'ai fait l'amour avec Tobias alors que moi je n'ai pas pu coucher avec Andreas ; parce que par respect pour toi je ne voulais rien faire, et puis surtout je ne me sentais pas de le faire, indirectement par rapport à toi. Je n'ai jamais été amoureux comme maintenant, et ça pour moi aurait été comme te tromper. »


-Chpok. Mange toi ça.-
Pour être plus sérieux, et je crois que j'en ai besoin à présent, il me semble que Bill manque de fondre en larmes. Il regarde son oreiller et se mort la lèvre avec force, ses yeux bordés de larmes. J'avance une main vers lui, ébauche un mouvement pour caresser sa mâchoire, mais une main mal élevée me barre la route.

« - Je me sens tellement nul... souffle-t-il. Putain, je suis trop con !
- Bill...
- Et moi je te balance ça, continue-t-il sans me prêter attention, comme si c'était la chose la plus banale au monde. J'ai même pas réfléchi à ce que toi tu pouvais ressentir, à comment tu appréhendais les choses. Je me dégoûte. Putain, quel con !
- Bill, arrête.
- Non. Je suis le mec le plus nul de la Terre. Que dis-je ? De l'univers, de la galaxie même ! s'énerve-t-il. Je te mérite pas Tom...
- Si tu prends mes... accès de colère en compte, je crois qu'on est presque quittes, quoi que j'ai des longueurs d'avance sur toi.
- C'est... complètement différent ! Putain, mais ca n'a rien à voir ! Si un jour j'avais pensé que tu serais fidèle à quelqu'un, amoureux en plus... ! Tu es vraiment génial Tom, se radoucit-il soudain, et t'arrives encore à te bonifier avec le temps. Je suis dégueulasse. »


Je ne vois qu'une seule chose pour contrer ce phénomène. Je me jette donc sur lui et l'embrasse à pleine bouche. Je pense avec soulagement qu'il se calme un minimum, avant de remarquer qu'une larme dévale lentement sa joue, silencieuse. De mon pouce, je la sèche délicatement, puis me détache de ses lèvres pour embrasser bribes par bribes chaque parcelle de la traînée encore humide, pour ensuite aller déposer un baiser sur chacune de ses paupières closes.

« - Chuuut, Bill. T'inquiètes pas.
- Je suis tellement désolé, Tom... Je m'en veux, si tu savais.
- Je m'en doute, petit frère. Ca va... Pleure pas pour ça.
- Tom... laisse moi du temps... Je veux... être avec toi...
- Rien ne me ferait plus plaisir Bill. »


Je sens un feu d'artifice aux milles et une couleurs toutes plus chatoyantes les unes que les autres s'éclater dans mon c½ur. Ses crépitements s'explosent et se répercutent, vibrent dans mon corps tout entier, diffusant une chaleur céleste dans mes veines.

« - Mais laisse moi du temps... Je veux réfléchir encore à tout ça... Je ne peux pas larguer Tobias tout de suite, tu comprends ? Je voudrais d'abord retrouver mes marques, faire le changement en douceur...
- J'ai quelque chose à te proposer. Au lycée, on reste comme avant. Je reste le gentil Tom, et on se retrouvera tranquillement tous les deux à la maison ?
- Merci... Merci...»


Il s'embrase, embrasse chaque parcelle de ma carnation sans s'arrêter, murmurant des mots incompréhensibles contre ma peau. Il s'accroche à moi, va quérir mes lèvres avec passion... Puis il finit par revenir sur terre, me soufflant à l'oreille, tout près :

« - Je propose qu'on retrouve nos copains ce week-end, une après-midi au moins.
- Parfait, Bill...
- Dans ce cas, on va dormir mon ange. Tomorrow will be a busy day :D. Beaux rêves, mon amour... Et soit sûr que je rêverais de toi.
- Bonne nuit, Bill... »


Et je me blottis contre son abdomen, puis embrasse son c½ur, en murmurant contre sa peau laiteuse un 'je t'aime', presque inaudible. Alors pourquoi ai-je cru entendre un écho de ma propre voix résonner doucement dans l'obscurité de la chambre ?

# Posté le dimanche 25 mai 2008 13:03