ONE SHOT : CE TEXTE N'A RIEN A VOIR AVEC LE RESTE DE MA FIC :D
Je me regarde dans le miroir. Son reflet ne m'offre rien de beau. La laideur de la souffrance se lit sur ce visage émacié à présent. Les sombres larmes séchées sont imprimées dans l'épiderme et m'infligent une nouvelle peau. A la texture rêche et à la sensation d'avoir des écailles autour des yeux et du reste du visage. Pourtant, ces écailles ne me protègeront pas contre les aléas du destin, au contraire, me montrent encore plus fragile et dévoilent les blessures encore ouvertes et regorgeant de sang. L'alentour des pupilles sont rougies et mes yeux gonflés. De nouvelles traînées humides viennent mourir aux creux de la commissure de mes lèvres, emportées par un mouvement de cil épuisé et lassé de cette vie.
Je me laisse tomber contre le sol dans un bruit mat, laisse ma tête cogner contre la paroi glaciale, laisse mes cheveux s'éparpiller à terre chaotiquement, laisse mes genoux venir se rétracter contre mon ventre avec force et enfin je laisse mes encore larmes venir assombrir le parquet étincelant de ma cuisine.
Une vibration me tire de ma douleur aveuglée, un bruit agaçant se fait inlassablement entendre, pour enfin se taire. J'ai reçu un message. Je viens toucher du bout du doigt l'écran du téléphone échoué lui aussi au sol, m'accompagnant dans ma chute. Mon seul compagnon, mon unique connexion vers l'extérieur. Je me suis renfermé, niché tout au fond de ma souffrance.
Le jour est pourtant toujours là, mais j'ai l'impression que le soleil ne brillera plus jamais pour moi, pour nous. Ce nous qui me faisait vivre, ce nous qui me faisait respirer, ce nous que je laissais briller, s'épanouir comme la fleur la plus délicate, rare et magnifique au monde. Ce nous qui me rendait heureux. Je ferme mes yeux avec force, d'où s'échappent des larmes toujours plus amères.
' Hey, Bill. C'est pour m'excuser encore pour cet aprem'. On remet ça vite, de toute façon. OK ? A plus. Benny. '
Si seulement il n'avait pas annulé. Je n'aurais jamais vu, deviné, entendu des occupations parallèles de l'homme de ma vie. Dire que je peux entendre encore les cris toujours plus aigus de cette fille, fille avec qui il me trompe, mêlés aux siens. Pourquoi est-ce que je suis rentré plus tôt ? J'aurais su de toute façon, mais j'aurais voulu retarder mon enfer le plus loin possible. Echapper aux tortures mentales, à ce fait accompli. Le calme est revenu dans cette maison ou est enfermée ma peine éternelle.
Est-ce que c'est la première fois ? Est-ce qu'il l'aime ? Pourquoi est-ce qu'il me fait ça ? Et surtout, est-ce que moi, il m'aime ? Est-ce qu'il préfère baiser avec elle plutôt que de faire l'amour avec moi ?
Une porte claque. Des bruits de pas se font entendre, puis des voix. Non, je ne veux pas écouter, non je ne veux rien savoir. Je dois me cacher. Je rampe douloureusement sous la table de la cuisine et me recroqueville dans ma cachette. J'étouffe mes sanglots dans mes mains coincées dans mes dents serrées avec force.
« - J'aimerais te revoir plus souvent, mais avec Bill c'est assez difficile...
- Je sais mon ange... Mais pourquoi tu ne le largues pas à la fin ?! »
Laissez-moi dans ma douleur, laissez-moi me complaire dans cette souffrance, laissez-moi pleurer jusqu'à ce que j'en crève. Taisez-vous.
« - ... Il ne s'en remettrait pas. Il est fragile, trop. Et puis c'est mon frère.
- Tu pourrais le larguer quand même, j'en ai marre de me cacher, Tom.
- Je sais, mon amour. Laisse-moi du temps. »
J'entends un bruit de baiser bref, puis un dernier au-revoir et puis plus rien. Je mange toujours mes mains, je n'ai plus que quelques instants à survivre avant que Tom ne se décide enfin à rentrer dans sa chambre et à mettre son hip-hop à fond. Courage, ne pas craquer.
Le destin s'acharne contre moi. Il est aux alentours de six heures du soir, et l'hiver a déjà commencé à assombrir les alentours. Il entre dans la cuisine, et chacun de ses pas me transperce le c½ur d'un nouveau coup de hache. Pas la lumière, mon dieu. Je vous en conjure. Laissez les malheureux en paix, ne les accablez pas plus.
Un ' clic ' se fait entendre. La lumière envahit la pièce. Non. Il soupire lentement et ouvre le frigo. Il le referme un instant plus tard et tourne les talons. Pitié, s'il vous plaît, laissez-moi ma fierté. Qu'il ne me trouve pas sous cette table, au bord du suicide. Ca lui ferait trop plaisir.
« - Beh, c'quoi ça ? »
J'entends le craquement de ses genoux. Il a... vu le maquillage noir souillant le blanc du parquet. Je peux voir ses chaussettes blanches et le bas de son baggy d'un bleu profond. Et c'est là que je remarque la chose qui causera ma perte. Les yeux grands ouverts d'horreur et inondés de larmes, je fixe mon portable échoué à deux centimètres de mon pied caché par l'ombre de la table.
« Le... portable de Bill ? »
Il avance sa main et s'immobilise brusquement. Je mords ma main jusqu'au sang et ferme les yeux avec force, coupe ma respiration. Ma dernière chance. Je vous en prie, ayez pitié d'un jumeau incestueux, amoureux, gay et surtout cocu.
« Putain, dit-il dans un souffle. »
Je ne vois rien, j'ai toujours les paupières fermées avec force. Je ne suis pas là, non, pas du tout. Je n'existe plus. Le Bill Kaulitz n'existeras plus, il n'existait qu'avec le Tom. Mon corps s'agite, fatigué de cette immobilité et régit par des spasmes incontrôlables.
« Bill... réalise-t-il.»
Je sais qu'il reste interdit. Je ne pleure jamais, ou alors que de bonheur. Sa main se pose avec appréhension sur ma cheville, qui sans que je n'ai quasi rien contrôlé, décoche un coup de pied phénoménal à cette main inopportune.
« - Ou...Ouvre les yeux. Arrête de couper ta respiration... me supplie-t-il de sa voix qui me fait et me feras toujours frissonner. S'il te plaît. BILL ?! Ta main ! Mais arrête tout de suite, tu vas te faire mal ! panique-t-il.»
Il se jette sur moi et me tire de mon asile. Je me débats autant que je peux, mais je n'ai plus aucune force. Je suis comme déjà mort ; euthanasié à la souffrance. Il m'ouvre la mâchoire de force et en sors ma main maltraitée. Elle me fait mal, tant pis. Mes sanglots résonnent de plus belle, et ma nuque se soulève brutalement pour laisser passer plus d'air et mes plaintes. Mes yeux, sous mes paupières douloureusement closes, se révulsent brutalement.
Je me laisse étrangler par mes sanglots hurlés par trop de souffrance, par la brûlure de sa présence mentie, par mon dernier souffle devant mon amour non réciproque. Tom me prends par les jambes et me tire du dessous de la table, m'exposant à la lumière de la lampe.
« - Oh mon dieu... Bill... Tu... dit-il, horrifié.
- Je Quoi ? croassais-je méchamment.»
Ses yeux se plantent dans les miens, et ceux-ci redoublent de larmes immédiatement. Je me sens honteux, honteux d'avoir su. Je l'aime, plus que ma vie. Tous ces instants me rendaient vivant, nourrissait ma mémoire en de riches souvenirs heureux.
Il est horrifié. Ses yeux reflètent sa peur et une parcelle de pitié se décèle sans mal. Oui, j'aurais voulu ne jamais analyser ce regard noisette, à la douceur du chocolat de mon -notre- enfance. J'envie cette enfance encore joyeuse et innocente, du temps ou j'avais presque tout ce que je désirais ; et chose non négligeable, un jumeau à mes côtés. Ses yeux parcourent, affolés, ce corps qu'il a tant de fois 'aimé', tant de fois caressé et idolâtré. Dire qu'hier encore je ne me doutais de rien, confiance aveugle en lui. Ses mains essayent d'ouvrir mon corps, de l'arracher à son recroquevillement nerveux. A ce contact, c'est tout mon corps qui se révulse et mes convulsions se font plus violentes, tandis que mes larmes commencent à me manquer, trop amères pour couler. Mes ongles crissent sur les dalles.
" - Bill ... calme-toi, je t'en prie. "
Ha. Un rire dément s'écoule de ma gorge, crissant de la pire des tonalités. Mes larmes revenues accompagnent mon hilarité. Je ris, mais mes sanglots à nouveau secouent toujours mon corps meurtri. Longtemps après, celui-ci s'éteints pour laisser place à un sourire moqueur, façade de mes peines.
' - Oh oui, Tom, riais-je doucement. Moi aussi j'aurais voulu te prier à temps de ne pas me tromper, de ne jamais me mentir et de ne pas m'avoir brisé le c½ur, grinçais-je. Tu n'as pas accédé à ma requête silencieuse, et je n'accepterais pas les conditions de la tienne. '
Je suis presque revenu au calme. Seules mes secousses récurrentes témoignent de ma lente agonie, tout comme mes ongles qui se sont violemment fichés dans mes paumes. Qu'est-ce que ça fait du bien.
" - Arrête, s'il te plaît. On va s'expliquer, d'accord? me demande-t-il d'une voix douce.
- Expliquer quoi au juste ? Je connais déjà tes horreurs et j'en ressens déjà les maléfices, il t'en faut encore plus ? Tu veux me tuer pour de bon ? Non, Tom. Laisse-moi.
- On ira dehors, fumer une clope sur le perron, ça va te calmer... Je te demande ça comme une faveur.
- J'irais seul, si tu veux vraiment que je fume.
- Non, ensemble ou rien.
- Ferme-la, dis-je, les dents serrées. Il n'y a plus de 'ensemble', et ça c'est toi qui l'a décidé seul.
- On est jumeaux.
- Tu as abandonné ton amant en le trompant ; et ton frère en ne lui ayant pas dis la vérité.
- Bill... Ca n'avait aucun sens.
- Pour toi, c'est sûr. Mais si pourtant ça n'en a pas, pourquoi tu m'as laissé espérer, placer mon amour entre tes doigts de traître ?! Pourquoi tu ne m'as pas laissé t'aimer tranquillement, sans faire de mal à personne d'autre qu'à moi-même, hein? Tu ne pouvais pas me laisser tranquille ?!"
Ses yeux me fixent, l'air déboussolé. Il est accroupi à côté de moi et me regarde trembler et pleurer. Sans toutefois laisser le Tom grand-frère l'aider à trouver les bons mots. Il devrait laisser parler ce Tom là, plutôt que de s'accrocher au rôle de l'ex-amant.
' - Bill... Retrouve la raison. Tu ne m'aimes pas.
- Je serais un éternel fou, dans ce cas. J'apprends beaucoup de choses très intéressantes aujourd'hui !
- On est jumeaux.
- Plus maintenant. Je déteste ce visage qui te ressemble, ce sang qui coule dans mes veines et ce nom de famille que l'on partage. C'est les seules choses qui ne nous séparent plus aujourd'hui. Les choses qu'on ne peut pas changer. Un jumeau aurais dit la vérité dès qu'il aurait compris que pour lui c'est fini et ça n'a jamais existé, il n'aurait pas trompé son frère dans son dos tout en lui disant les plus doux des mots d'amour qu'il croira aveuglément. Tu n'es pas humain, Tom, crachais-je son nom. Tout comme moi je suis bon pour l'asile pour t'avoir aimé, pour avoir aimé une illusion de ce frère. Mais tu ne mérites même plus d'être considéré comme un membre de ma famille. Je préfèrerais tout quitter plutôt que de revoir ton visage, entendre ta voix, respirer le même air que toi. '
Je suis réellement possédé. Les mots coulent à flots de mes lèvres, crachant ma haine, mon amour déçu. Je suis vide de bons sentiments, simplement rempli d'une amertume sans fin. Je me lève avec difficulté, je m'accroche au mur de la cuisine –sans oublier mon portable- et le longe difficilement jusqu'à ma chambre. J'y trouve un paquet de cigarettes, un briquet. Je les prends dans mes mains tremblantes et blessées, sortant avec lenteur de la pièce pour rejoindre le fond du jardin. Là-bas, je m'affale dans l'herbe humide, enveloppant mon corps d'une sensation d'être recouvert, protégé par ce froid, mais pourtant toujours aussi seul.
Je voudrais que le ciel soit tourmenté, obscurci par d'immenses nuages lourds et tempêtant de milles éclairs. Je voudrais contempler ce chaos comme je pourrais réfléchir aux dernières heures. En réalité, ce ciel est seulement léger, sans l'ombre d'un nuage. Le temps est doux et un vent timide vient caresser ma joue. La seule chose qui me réconforte est cette demi-lune. Cette moitié de lune qui semble désemparée, l'autre partie d'elle-même cachée dans l'obscurité.
Alors je m'assois, allume mon briquet et enflamme doucement le bout de ma cigarette, avant de tirer dessus lentement. Je pleure toujours, mais avec moins d'intensité. Je me surprends à vouloir que Tom vienne me prendre dans ses bras, un sourire engageant aux lèvres, qu'il viendra joindre tendrement aux miennes. Un rictus tord ma bouche. Je tire plus avidement sur ma clope, recherchant un apaisement dont j'aurais besoin. Mais n'importe quelle drogue ne pourra rien pour mon cas. J'expire lentement, satisfait par l'épaisse volute de fumée qui s'échappe de mes lèvres entrouvertes.
' – Je savais que je te trouverais là, dit simplement une voix rauque. '
Je savais que ce semblant de paix ne pouvait qu'être éphémère. Je ne réponds rien, je tire juste, sans lui accorder un regard. Chose assez difficile en soi.
' – Je suis désolé, Bill...
- Je crois que c'est un peu trop tard pour des excuses.
- Je sais. Mais... je tiens à te redire que... je ne crois pas que tu puisses m'aimer. On est frères, on ne peut pas être amoureux l'un de l'autre.
- Je suis une erreur de la nature, alors. Même après ce qu'il vient de se passer. Mais si c'est pour continuer à essayer de me faire la morale -que toi seul ici mériterais-, en essayant de me raisonner sur MES SENTIMENTS, sur quoi tu n'as aucune prise et surtout plus aucun droit, alors tu peux partir immédiatement.
- Tu es têtu.
- Tu l'étais aussi. '
Entre temps, il avait allumé sa clope et s'est assis à une distance respectable de moi, dieu merci.
' – Pourquoi étais ?
- Parce que je ne sais plus qui tu es. J'ai perdu le Tom en qui j'avais une confiance aveugle et sur qui je pensais toujours pouvoir compter.
- Je suis toujours Tom, déclare-t-il en contemplant sa cigarette se consumer doucement.
- Je ne te pardonnerais jamais. Jamais.
- Mais, putain ! Arrête, Bill ! Tu-ne-m'aimes-pas ! Il faut que je te le dise en quelle langue ?!
- Allemand, mais ça ne changera rien du tout à ce que je ressentais.
- Pourquoi au passé ?
- Même réponse que précédemment. Tu essayes juste de te sentir moins coupable, repris-je. D'ailleurs j'espère au moins que tu te sens coupable d'avoir détruit ton propre jumeau ?! '
Il soupire profondément.
'- A vrai dire, je n'en sais rien.
- Tu t'enfonces. Alors pourquoi tu t'excusais ?
- Pour t'avoir trompé.
- Pas pour m'avoir menti ?
- Non. Moins.
- Tu me fais de plus en plus pitié. T'as vendu ton c½ur dans une brocante pour objets défectueux ou quoi ?!
- C'est toi qui me fais pitié, Bill. »
C'est trop pour moi. Je lève mes yeux vers lui et le fusille du regard. Concentré de haine pure et de déception. Cette remarque n'était pas digne d'un frère, surtout après ce qu'il vient de faire. Avoir eu la lâcheté de me cacher ces sentiments non réciproques, mais avoir eu le courage de me mentir et de me démolir encore plus. Mon univers déjà en ruine brûle, consumé par des flammes gigantesques.
« - Tu as raison, je ne t'aime pas. J'aimais un substitut de mon jumeau, qui s'est révélé être une parfaite illusion. J'espère que tu es au moins satisfait d'avoir raison sur ce coup. »
Sur ce, j'écrase violemment ma clope quasiment terminée dans l'herbe et me lève, pour marcher d'un pas le plus assuré possible jusqu'à la maison. Je m'engouffre dans ma chambre, que je ferme à clé immédiatement, tout comme mes volets. Je tire les rideaux rouge sang et me laisse tomber sur mon lit. Je soupire profondément dans l'obscurité et extirpe mon portable de la poche de mon pantalon moulant. Je sais déjà ce que je recherche. Les messages de Tom. Je veux déceler ses mensonges et chaque non dit dans ses textos aux apparences amoureuses.
' Coucou mon amour ! C'est pour te dire que je suis vraiment content qu'on se soit mis ensemble... Tu me rends heureux, milles fois plus qu'avec n'importe quelle fille. Je t'aime, mon ange... On se voit ce soir :). '
Il joue bien la comédie. Je suis effaré. Il a vraiment l'air amoureux, mais dans ce cas... Pourquoi ? Tout n'a pas pu changer aussi brusquement. C'est impossible, il y a autre chose. J'en suis persuadé à présent.
' Chéri... Tu me manques. Pourquoi est-ce qu'on est plus dans la même classe ? T__T. En même temps c'est mieux comme ça, sinon je n'écouterais pas les cours de la journée et passerais mes heures à te regarder... A tout à l'heure ! '
Je reste interdit. Je n'avais pas pensé à cet aspect de la chose, le physique. Il me trouvait magnifique, ne se lassait de me le répéter et je ne compte plus les fois ou nous avons couché ensemble. Est-ce que je ne lui plais plus et que c'est pour ça qu'il se tape cette fille ?
Mes réflexions s'arrêtent là, car mon mobile s'est mis à vibrer, me signalant un message d'un certain 'Tomi <3'. Mon pouls s'accélère, tandis que j'ouvre le sms.
' Bill... Ne sois pas triste, stp. Tout devait bien s'arrêter un jour ou l'autre, non ? '
Son message m'ouvre l'esprit à une perspective plus qu'alléchante. J'ai une issue certaine à tout ça. Une alternative sûre et parfaite. Je tape donc avec un sourire sadique ma réponse, avant de sortir un cutter de ma trousse de cours.
' Je ne pourrais jamais t'en vouloir réellement, Tom. D'accord, tu ne t'y es pas pris de la bonne manière, mais ça s'est fait quand même et comme ça je suis sûr que mes sentiments pour toi seront vaccinés :D. Tu as raison, tout doit bien s'arrêter un jour ou l'autre, et ce jour est venu. Tu passes me voir dans 3 min ? J'enlève juste vite fait mon maquillage. '
Je suis heureux, fier de moi. Il va souffrir. Je joue avec la lame du cutter, je retire mes chaussures et mes chaussettes avec lenteur. Un sourire béat s'épanouit sur mes lèvres. Je retire mon pull et mon t-shirt à manche longues. J'ai trois petites minutes, je n'ai pas tellement le temps de préparer tout ça. Je déverrouille la porte, mais la laisse close. Je m'allonge sur mon lit lentement, et rédige un message après avoir lu le ' OK, merci frérot. ' de Tom. Message que je n'envoierais pas, un brouillon, mon adieu.
' Je meurs pour que notre illusion reste éternelle. Que ma haine et mon amour déçu te hante jusqu'à ta mort. '
Je dois me dépêcher maintenant, sinon je n'ai plus de retour possible. Je suis assis à présent, les jambes contre mon torse. Comme seul habit, un jean noir moulant qui me tombe sur les hanches. Ma main droite armée vient tout doucement caresser mon poignet au teint pâle et délicat. Et vient s'y planter avec violence et rage. Je pleure de douleur, je pleure et inspire pour la dernière fois. Je sens mes veines se vider de leur substance doucement, et utilise mes dernières forces pour revenir planter la lame dans ma poitrine, l'esprit brumeux et le c½ur dévasté.