OS : * Tout devait bien s'arrêter un jour ou l'autre, non ? * : OS

 OS : * Tout devait bien s’arrêter un jour ou l’autre, non ? * : OS


ONE SHOT : CE TEXTE N'A RIEN A VOIR AVEC LE RESTE DE MA FIC :D

Je me regarde dans le miroir. Son reflet ne m'offre rien de beau. La laideur de la souffrance se lit sur ce visage émacié à présent. Les sombres larmes séchées sont imprimées dans l'épiderme et m'infligent une nouvelle peau. A la texture rêche et à la sensation d'avoir des écailles autour des yeux et du reste du visage. Pourtant, ces écailles ne me protègeront pas contre les aléas du destin, au contraire, me montrent encore plus fragile et dévoilent les blessures encore ouvertes et regorgeant de sang. L'alentour des pupilles sont rougies et mes yeux gonflés. De nouvelles traînées humides viennent mourir aux creux de la commissure de mes lèvres, emportées par un mouvement de cil épuisé et lassé de cette vie.

Je me laisse tomber contre le sol dans un bruit mat, laisse ma tête cogner contre la paroi glaciale, laisse mes cheveux s'éparpiller à terre chaotiquement, laisse mes genoux venir se rétracter contre mon ventre avec force et enfin je laisse mes encore larmes venir assombrir le parquet étincelant de ma cuisine.
Une vibration me tire de ma douleur aveuglée, un bruit agaçant se fait inlassablement entendre, pour enfin se taire. J'ai reçu un message. Je viens toucher du bout du doigt l'écran du téléphone échoué lui aussi au sol, m'accompagnant dans ma chute. Mon seul compagnon, mon unique connexion vers l'extérieur. Je me suis renfermé, niché tout au fond de ma souffrance.

Le jour est pourtant toujours là, mais j'ai l'impression que le soleil ne brillera plus jamais pour moi, pour nous. Ce nous qui me faisait vivre, ce nous qui me faisait respirer, ce nous que je laissais briller, s'épanouir comme la fleur la plus délicate, rare et magnifique au monde. Ce nous qui me rendait heureux. Je ferme mes yeux avec force, d'où s'échappent des larmes toujours plus amères.

' Hey, Bill. C'est pour m'excuser encore pour cet aprem'. On remet ça vite, de toute façon. OK ? A plus. Benny. '
Si seulement il n'avait pas annulé. Je n'aurais jamais vu, deviné, entendu des occupations parallèles de l'homme de ma vie. Dire que je peux entendre encore les cris toujours plus aigus de cette fille, fille avec qui il me trompe, mêlés aux siens. Pourquoi est-ce que je suis rentré plus tôt ? J'aurais su de toute façon, mais j'aurais voulu retarder mon enfer le plus loin possible. Echapper aux tortures mentales, à ce fait accompli. Le calme est revenu dans cette maison ou est enfermée ma peine éternelle.

Est-ce que c'est la première fois ? Est-ce qu'il l'aime ? Pourquoi est-ce qu'il me fait ça ? Et surtout, est-ce que moi, il m'aime ? Est-ce qu'il préfère baiser avec elle plutôt que de faire l'amour avec moi ?

Une porte claque. Des bruits de pas se font entendre, puis des voix. Non, je ne veux pas écouter, non je ne veux rien savoir. Je dois me cacher. Je rampe douloureusement sous la table de la cuisine et me recroqueville dans ma cachette. J'étouffe mes sanglots dans mes mains coincées dans mes dents serrées avec force.

« - J'aimerais te revoir plus souvent, mais avec Bill c'est assez difficile...
- Je sais mon ange... Mais pourquoi tu ne le largues pas à la fin ?! »


Laissez-moi dans ma douleur, laissez-moi me complaire dans cette souffrance, laissez-moi pleurer jusqu'à ce que j'en crève. Taisez-vous.

« - ... Il ne s'en remettrait pas. Il est fragile, trop. Et puis c'est mon frère.
- Tu pourrais le larguer quand même, j'en ai marre de me cacher, Tom.
- Je sais, mon amour. Laisse-moi du temps. »


J'entends un bruit de baiser bref, puis un dernier au-revoir et puis plus rien. Je mange toujours mes mains, je n'ai plus que quelques instants à survivre avant que Tom ne se décide enfin à rentrer dans sa chambre et à mettre son hip-hop à fond. Courage, ne pas craquer.

Le destin s'acharne contre moi. Il est aux alentours de six heures du soir, et l'hiver a déjà commencé à assombrir les alentours. Il entre dans la cuisine, et chacun de ses pas me transperce le c½ur d'un nouveau coup de hache. Pas la lumière, mon dieu. Je vous en conjure. Laissez les malheureux en paix, ne les accablez pas plus.

Un ' clic ' se fait entendre. La lumière envahit la pièce. Non. Il soupire lentement et ouvre le frigo. Il le referme un instant plus tard et tourne les talons. Pitié, s'il vous plaît, laissez-moi ma fierté. Qu'il ne me trouve pas sous cette table, au bord du suicide. Ca lui ferait trop plaisir.

« - Beh, c'quoi ça ? »

J'entends le craquement de ses genoux. Il a... vu le maquillage noir souillant le blanc du parquet. Je peux voir ses chaussettes blanches et le bas de son baggy d'un bleu profond. Et c'est là que je remarque la chose qui causera ma perte. Les yeux grands ouverts d'horreur et inondés de larmes, je fixe mon portable échoué à deux centimètres de mon pied caché par l'ombre de la table.

« Le... portable de Bill ? »

Il avance sa main et s'immobilise brusquement. Je mords ma main jusqu'au sang et ferme les yeux avec force, coupe ma respiration. Ma dernière chance. Je vous en prie, ayez pitié d'un jumeau incestueux, amoureux, gay et surtout cocu.

« Putain, dit-il dans un souffle. »

Je ne vois rien, j'ai toujours les paupières fermées avec force. Je ne suis pas là, non, pas du tout. Je n'existe plus. Le Bill Kaulitz n'existeras plus, il n'existait qu'avec le Tom. Mon corps s'agite, fatigué de cette immobilité et régit par des spasmes incontrôlables.

« Bill... réalise-t-il.»

Je sais qu'il reste interdit. Je ne pleure jamais, ou alors que de bonheur. Sa main se pose avec appréhension sur ma cheville, qui sans que je n'ai quasi rien contrôlé, décoche un coup de pied phénoménal à cette main inopportune.

« - Ou...Ouvre les yeux. Arrête de couper ta respiration... me supplie-t-il de sa voix qui me fait et me feras toujours frissonner. S'il te plaît. BILL ?! Ta main ! Mais arrête tout de suite, tu vas te faire mal ! panique-t-il.»

Il se jette sur moi et me tire de mon asile. Je me débats autant que je peux, mais je n'ai plus aucune force. Je suis comme déjà mort ; euthanasié à la souffrance. Il m'ouvre la mâchoire de force et en sors ma main maltraitée. Elle me fait mal, tant pis. Mes sanglots résonnent de plus belle, et ma nuque se soulève brutalement pour laisser passer plus d'air et mes plaintes. Mes yeux, sous mes paupières douloureusement closes, se révulsent brutalement.

Je me laisse étrangler par mes sanglots hurlés par trop de souffrance, par la brûlure de sa présence mentie, par mon dernier souffle devant mon amour non réciproque. Tom me prends par les jambes et me tire du dessous de la table, m'exposant à la lumière de la lampe.

« - Oh mon dieu... Bill... Tu... dit-il, horrifié.
- Je Quoi ? croassais-je méchamment.»


Ses yeux se plantent dans les miens, et ceux-ci redoublent de larmes immédiatement. Je me sens honteux, honteux d'avoir su. Je l'aime, plus que ma vie. Tous ces instants me rendaient vivant, nourrissait ma mémoire en de riches souvenirs heureux.


Il est horrifié. Ses yeux reflètent sa peur et une parcelle de pitié se décèle sans mal. Oui, j'aurais voulu ne jamais analyser ce regard noisette, à la douceur du chocolat de mon -notre- enfance. J'envie cette enfance encore joyeuse et innocente, du temps ou j'avais presque tout ce que je désirais ; et chose non négligeable, un jumeau à mes côtés. Ses yeux parcourent, affolés, ce corps qu'il a tant de fois 'aimé', tant de fois caressé et idolâtré. Dire qu'hier encore je ne me doutais de rien, confiance aveugle en lui. Ses mains essayent d'ouvrir mon corps, de l'arracher à son recroquevillement nerveux. A ce contact, c'est tout mon corps qui se révulse et mes convulsions se font plus violentes, tandis que mes larmes commencent à me manquer, trop amères pour couler. Mes ongles crissent sur les dalles.

" - Bill ... calme-toi, je t'en prie. "

Ha. Un rire dément s'écoule de ma gorge, crissant de la pire des tonalités. Mes larmes revenues accompagnent mon hilarité. Je ris, mais mes sanglots à nouveau secouent toujours mon corps meurtri. Longtemps après, celui-ci s'éteints pour laisser place à un sourire moqueur, façade de mes peines.

' - Oh oui, Tom, riais-je doucement. Moi aussi j'aurais voulu te prier à temps de ne pas me tromper, de ne jamais me mentir et de ne pas m'avoir brisé le c½ur, grinçais-je. Tu n'as pas accédé à ma requête silencieuse, et je n'accepterais pas les conditions de la tienne. '

Je suis presque revenu au calme. Seules mes secousses récurrentes témoignent de ma lente agonie, tout comme mes ongles qui se sont violemment fichés dans mes paumes. Qu'est-ce que ça fait du bien.

" - Arrête, s'il te plaît. On va s'expliquer, d'accord? me demande-t-il d'une voix douce.
- Expliquer quoi au juste ? Je connais déjà tes horreurs et j'en ressens déjà les maléfices, il t'en faut encore plus ? Tu veux me tuer pour de bon ? Non, Tom. Laisse-moi.
- On ira dehors, fumer une clope sur le perron, ça va te calmer... Je te demande ça comme une faveur.
- J'irais seul, si tu veux vraiment que je fume.
- Non, ensemble ou rien.
- Ferme-la, dis-je, les dents serrées. Il n'y a plus de 'ensemble', et ça c'est toi qui l'a décidé seul.
- On est jumeaux.
- Tu as abandonné ton amant en le trompant ; et ton frère en ne lui ayant pas dis la vérité.
- Bill... Ca n'avait aucun sens.
- Pour toi, c'est sûr. Mais si pourtant ça n'en a pas, pourquoi tu m'as laissé espérer, placer mon amour entre tes doigts de traître ?! Pourquoi tu ne m'as pas laissé t'aimer tranquillement, sans faire de mal à personne d'autre qu'à moi-même, hein? Tu ne pouvais pas me laisser tranquille ?!"


Ses yeux me fixent, l'air déboussolé. Il est accroupi à côté de moi et me regarde trembler et pleurer. Sans toutefois laisser le Tom grand-frère l'aider à trouver les bons mots. Il devrait laisser parler ce Tom là, plutôt que de s'accrocher au rôle de l'ex-amant.

' - Bill... Retrouve la raison. Tu ne m'aimes pas.
- Je serais un éternel fou, dans ce cas. J'apprends beaucoup de choses très intéressantes aujourd'hui !
- On est jumeaux.
- Plus maintenant. Je déteste ce visage qui te ressemble, ce sang qui coule dans mes veines et ce nom de famille que l'on partage. C'est les seules choses qui ne nous séparent plus aujourd'hui. Les choses qu'on ne peut pas changer. Un jumeau aurais dit la vérité dès qu'il aurait compris que pour lui c'est fini et ça n'a jamais existé, il n'aurait pas trompé son frère dans son dos tout en lui disant les plus doux des mots d'amour qu'il croira aveuglément. Tu n'es pas humain, Tom, crachais-je son nom. Tout comme moi je suis bon pour l'asile pour t'avoir aimé, pour avoir aimé une illusion de ce frère. Mais tu ne mérites même plus d'être considéré comme un membre de ma famille. Je préfèrerais tout quitter plutôt que de revoir ton visage, entendre ta voix, respirer le même air que toi.
'

Je suis réellement possédé. Les mots coulent à flots de mes lèvres, crachant ma haine, mon amour déçu. Je suis vide de bons sentiments, simplement rempli d'une amertume sans fin. Je me lève avec difficulté, je m'accroche au mur de la cuisine –sans oublier mon portable- et le longe difficilement jusqu'à ma chambre. J'y trouve un paquet de cigarettes, un briquet. Je les prends dans mes mains tremblantes et blessées, sortant avec lenteur de la pièce pour rejoindre le fond du jardin. Là-bas, je m'affale dans l'herbe humide, enveloppant mon corps d'une sensation d'être recouvert, protégé par ce froid, mais pourtant toujours aussi seul.

Je voudrais que le ciel soit tourmenté, obscurci par d'immenses nuages lourds et tempêtant de milles éclairs. Je voudrais contempler ce chaos comme je pourrais réfléchir aux dernières heures. En réalité, ce ciel est seulement léger, sans l'ombre d'un nuage. Le temps est doux et un vent timide vient caresser ma joue. La seule chose qui me réconforte est cette demi-lune. Cette moitié de lune qui semble désemparée, l'autre partie d'elle-même cachée dans l'obscurité.

Alors je m'assois, allume mon briquet et enflamme doucement le bout de ma cigarette, avant de tirer dessus lentement. Je pleure toujours, mais avec moins d'intensité. Je me surprends à vouloir que Tom vienne me prendre dans ses bras, un sourire engageant aux lèvres, qu'il viendra joindre tendrement aux miennes. Un rictus tord ma bouche. Je tire plus avidement sur ma clope, recherchant un apaisement dont j'aurais besoin. Mais n'importe quelle drogue ne pourra rien pour mon cas. J'expire lentement, satisfait par l'épaisse volute de fumée qui s'échappe de mes lèvres entrouvertes.

' – Je savais que je te trouverais là, dit simplement une voix rauque. '

Je savais que ce semblant de paix ne pouvait qu'être éphémère. Je ne réponds rien, je tire juste, sans lui accorder un regard. Chose assez difficile en soi.

' – Je suis désolé, Bill...
- Je crois que c'est un peu trop tard pour des excuses.
- Je sais. Mais... je tiens à te redire que... je ne crois pas que tu puisses m'aimer. On est frères, on ne peut pas être amoureux l'un de l'autre.
- Je suis une erreur de la nature, alors. Même après ce qu'il vient de se passer. Mais si c'est pour continuer à essayer de me faire la morale -que toi seul ici mériterais-, en essayant de me raisonner sur MES SENTIMENTS, sur quoi tu n'as aucune prise et surtout plus aucun droit, alors tu peux partir immédiatement.
- Tu es têtu.
- Tu l'étais aussi. '


Entre temps, il avait allumé sa clope et s'est assis à une distance respectable de moi, dieu merci.

' – Pourquoi étais ?
- Parce que je ne sais plus qui tu es. J'ai perdu le Tom en qui j'avais une confiance aveugle et sur qui je pensais toujours pouvoir compter.
- Je suis toujours Tom, déclare-t-il en contemplant sa cigarette se consumer doucement.
- Je ne te pardonnerais jamais. Jamais.
- Mais, putain ! Arrête, Bill ! Tu-ne-m'aimes-pas ! Il faut que je te le dise en quelle langue ?!
- Allemand, mais ça ne changera rien du tout à ce que je ressentais.
- Pourquoi au passé ?
- Même réponse que précédemment. Tu essayes juste de te sentir moins coupable, repris-je. D'ailleurs j'espère au moins que tu te sens coupable d'avoir détruit ton propre jumeau ?! '


Il soupire profondément.

'- A vrai dire, je n'en sais rien.
- Tu t'enfonces. Alors pourquoi tu t'excusais ?
- Pour t'avoir trompé.
- Pas pour m'avoir menti ?
- Non. Moins.
- Tu me fais de plus en plus pitié. T'as vendu ton c½ur dans une brocante pour objets défectueux ou quoi ?!
- C'est toi qui me fais pitié, Bill. »


C'est trop pour moi. Je lève mes yeux vers lui et le fusille du regard. Concentré de haine pure et de déception. Cette remarque n'était pas digne d'un frère, surtout après ce qu'il vient de faire. Avoir eu la lâcheté de me cacher ces sentiments non réciproques, mais avoir eu le courage de me mentir et de me démolir encore plus. Mon univers déjà en ruine brûle, consumé par des flammes gigantesques.

« - Tu as raison, je ne t'aime pas. J'aimais un substitut de mon jumeau, qui s'est révélé être une parfaite illusion. J'espère que tu es au moins satisfait d'avoir raison sur ce coup. »

Sur ce, j'écrase violemment ma clope quasiment terminée dans l'herbe et me lève, pour marcher d'un pas le plus assuré possible jusqu'à la maison. Je m'engouffre dans ma chambre, que je ferme à clé immédiatement, tout comme mes volets. Je tire les rideaux rouge sang et me laisse tomber sur mon lit. Je soupire profondément dans l'obscurité et extirpe mon portable de la poche de mon pantalon moulant. Je sais déjà ce que je recherche. Les messages de Tom. Je veux déceler ses mensonges et chaque non dit dans ses textos aux apparences amoureuses.

' Coucou mon amour ! C'est pour te dire que je suis vraiment content qu'on se soit mis ensemble... Tu me rends heureux, milles fois plus qu'avec n'importe quelle fille. Je t'aime, mon ange... On se voit ce soir :). '

Il joue bien la comédie. Je suis effaré. Il a vraiment l'air amoureux, mais dans ce cas... Pourquoi ? Tout n'a pas pu changer aussi brusquement. C'est impossible, il y a autre chose. J'en suis persuadé à présent.

' Chéri... Tu me manques. Pourquoi est-ce qu'on est plus dans la même classe ? T__T. En même temps c'est mieux comme ça, sinon je n'écouterais pas les cours de la journée et passerais mes heures à te regarder... A tout à l'heure ! '

Je reste interdit. Je n'avais pas pensé à cet aspect de la chose, le physique. Il me trouvait magnifique, ne se lassait de me le répéter et je ne compte plus les fois ou nous avons couché ensemble. Est-ce que je ne lui plais plus et que c'est pour ça qu'il se tape cette fille ?
Mes réflexions s'arrêtent là, car mon mobile s'est mis à vibrer, me signalant un message d'un certain 'Tomi <3'. Mon pouls s'accélère, tandis que j'ouvre le sms.

' Bill... Ne sois pas triste, stp. Tout devait bien s'arrêter un jour ou l'autre, non ? '

Son message m'ouvre l'esprit à une perspective plus qu'alléchante. J'ai une issue certaine à tout ça. Une alternative sûre et parfaite. Je tape donc avec un sourire sadique ma réponse, avant de sortir un cutter de ma trousse de cours.

' Je ne pourrais jamais t'en vouloir réellement, Tom. D'accord, tu ne t'y es pas pris de la bonne manière, mais ça s'est fait quand même et comme ça je suis sûr que mes sentiments pour toi seront vaccinés :D. Tu as raison, tout doit bien s'arrêter un jour ou l'autre, et ce jour est venu. Tu passes me voir dans 3 min ? J'enlève juste vite fait mon maquillage. '

Je suis heureux, fier de moi. Il va souffrir. Je joue avec la lame du cutter, je retire mes chaussures et mes chaussettes avec lenteur. Un sourire béat s'épanouit sur mes lèvres. Je retire mon pull et mon t-shirt à manche longues. J'ai trois petites minutes, je n'ai pas tellement le temps de préparer tout ça. Je déverrouille la porte, mais la laisse close. Je m'allonge sur mon lit lentement, et rédige un message après avoir lu le ' OK, merci frérot. ' de Tom. Message que je n'envoierais pas, un brouillon, mon adieu.

' Je meurs pour que notre illusion reste éternelle. Que ma haine et mon amour déçu te hante jusqu'à ta mort. '

Je dois me dépêcher maintenant, sinon je n'ai plus de retour possible. Je suis assis à présent, les jambes contre mon torse. Comme seul habit, un jean noir moulant qui me tombe sur les hanches. Ma main droite armée vient tout doucement caresser mon poignet au teint pâle et délicat. Et vient s'y planter avec violence et rage. Je pleure de douleur, je pleure et inspire pour la dernière fois. Je sens mes veines se vider de leur substance doucement, et utilise mes dernières forces pour revenir planter la lame dans ma poitrine, l'esprit brumeux et le c½ur dévasté.


# Posté le samedi 31 mai 2008 08:00

Modifié le dimanche 01 juin 2008 06:43

Kapiteeeeeeeel xD

Lorsque je me réveille le lendemain matin, je suis heureux de sentir l'odeur de mon aimé à mes côtés. Ronronnant de bonheur à sa présence sans éventualité et voyant la lumière du jour perçant légèrement mes stores, je décide de rouler sur moi-même dans l'espoir d'atterrir près de son visage d'ange. Après un tour complet, puis un deuxième à sa suite c'est pourtant près de ma moquette que j'atterris avec ébahissement. Très près. Trop près. Ou en tout cas assez pour que ses franges me chatouillent perfidement la narine droite.

« - Pourquoiiiii ? geins-je. Putain de merde T__T. Je suis maudit, maudiiiiiiiiiiiiiit ! Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi. Répétais-je inlassablement en agrémentant chaque questionnement d'un contact violent entre le haut de mon front et le sol poilu – trop à mon goût -.
- Un problème, mon c½ur ? s'étonne avec amusement une voix charmante, avant d'éclater d'un rire cristallin, sûrement en voyant ma condition. »


Il est là. Je bénis le ciel, ainsi que toutes ses étoiles, astres, comètes, constellations et j'en passe. Je me retourne pour me retrouver béatement sur le dos et laisser un sourire grandement satisfait s'épanouir sur mes lèvres pleines.

« - Biiiiiill. Bonjour !
- Guten Morgen, Tom... Mais... Tu pourrais peut-être m'expliquer ce que tu fais par terre, de si bon matin ? »


J'entend un bruit de vaisselle qui me fait revenir à la réalité et me redresse avec une rapidité à tout épreuve. Pour me donner une bonne contenance, je m'époussette le torse avec classe, puis me gratte discrètement le nez qui me picotait encore.

« - Moi ?! Bah. Rien. Pourquoi ? J'avais l'air de faire quelque chose de particulier ?
- Justement, non... sourit-il. ... Tu veux un brötchen ?
- Ohhhhw, Biiiiiiill. T'as pas oublié ! dis-je en me rappelant de sa promesse au magasin. T'es un ange... *O*
- On s'installe dans le lit ? J'ai un peu froid en calbut.
- Pas de soucis, viens par là ! dis-je en regagnant ma couette. Tu veux que je prenne le plateau ?
- Non, ça va, merci. »


Et c'est ainsi que le week-end s'est déroulé. Entre repas de famille avec Mama et Gordon, un après-midi chacun avec nos copains respectifs et des gamineries à la maison. Je dois aussi citer un autre petit déjeuner au lit, ainsi que de longs moments de détente, profitant seulement de la présence de l'un et de l'autre.
C'est donc avec tristesse que nous rejoignons le lycée, avec la promesse mutuelle d'être le plus discrets possible et un nouveau bracelet au poignet de Bill. Je lui lance le dernier regard amoureux de la journée, puis nous sourions doucement en passant les portes vitrées de l'enceinte du lycée.

« - Bill ! Tom ! s'extasie Léo. Vous êtes tous beaux aujourd'hui les gars.
- Je crois que les grasses matinées ont combattu mes cernes et rendu à ma peau son exquis teint de porcelaine, dis-je en riant.
- Rien à dire sur la modestie de mon voisin de gauche, rit Bill.
- Bill, mon ange ! retentit une voix sur la droite. »


Et ce boulet se retourne cependant naturellement vers la gauche avec une rapidité déconcertante. C'est-à-dire vers moi, pensant sûrement que cette exclamation mielleuse sortait de ma délicieuse bouche. Mais quel abruti, surtout que c'est naturellement Tobias qui était à l'origine de ce genre de 'cri du c½ur'.

« - Euh, ouais, Tom, t'as dit quoi ? Essaye de se rattraper Bill, faisant un instant plus tard un geste de main du genre ' Pf, laisse-tomber, c'est pas grave', puis de se retourner vers la droite. Coucou Tobi, ça va bien ? demande-t-il avant de l'embrasser avec une légère réticence que moi seul peut remarquer.
- Merveilleusement bien, et toi ? répond-il une minute plus tard.
- Pareil. »


Un sourire naît sur les lèvres de Tobias, lorsque Bill vient entourer sa nuque de deux de ses poignets, laissant tomber ses mains dans le vide de son dos. Ses yeux se fondent dans ceux de Bill, le couvent du regard avec une grande tendresse. Je crois que lui aussi, il est amoureux de Bill. Mais je pense que dans mon cas, l'intensité de ce sentiment doit-être tout autre. Même ce qu'on pourrait appeler l'amour passionnel, ou bien fusionnel ne peut pas décrire ce que je ressens. Il est tout, absolument tout.

Et je monte en cours, pour entendre devant la porte de ma salle que, puisque la professeur de chimie des 10b est absente, nous allons avoir cours en classe entière avec eux étant donné que cette matière est une option et que nous sommes en demis-groupes. 10b. J'ose espérer que ce soit la classe de Bill. J'aime tellement être en cours avec lui.

« - J'arrive tout de suite, je vais chercher les chimistes de 10b, attendez-moi ici, récite la professeur de chimie. »

Bill fait chimie, mais pas Andreas. J'en suis certain. Je sauterais presque de joie si jamais il n'y avait pas tout mon groupe à côté de moi, ou plutôt autour. J'essaye de discuter normalement avec eux, mais bizarrement, je n'arrive pas à me concentrer. Ce n'est pourtant qu'un cours. Mais un avec Bill. Depuis combien d'années n'avons-nous pas été en cours ensemble ? Peut-être cinq, ou bien même six.

« - Tooooooooooooooooooooooooooooom ! »

Une touffe brune soigneusement lissée se jette sur moi, que j'attrape au vol et serre fort contre mon torse.

« - Petit frère...
- C'est trop cool d'avoir cours ensemble... Ca fait tellement longtemps...
- Ca me manque...
- J'te le fais pas dire. »


Je ris contre lui, en le soulevant doucement et faisant voltiger ses pieds avec douceur. Je ne peux m'empêcher de déposer un baiser contre la peau laiteuse de son cou avant de le poser délicatement au sol.

« - Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demande la chimiste en chef, un sourire attendri aux lèvres.
- Réunion de famille, m'dame ! dis-je avec un sourire éclatant.
- Wow. Famille ?
- On est jumeaux, déclame fièrement Bill.
- Ahh ? Je n'étais pas au courant, répond-elle, avec le même sourire. »


Et bizarrement, c'est main dans la main que l'on entre en cours. Je serre doucement cette main aimée dans la mienne et laisse un sourire de pure joie envahir mes lèvres.

« - Euh... Bill ?
- Oui ?
- On... se met à côté ? demande-je timidement.
- Quelle question ! rétorque-t-il en riant. Viens Tomi, on va au fond.
- Tu te mets pas à côté de moi, Tom ? demande Alex avec une moue triste.
- Désolé Alex, pas aujourd'hui, répondis-je avec un sourire. »


Et je m'installe aux côtés de Bill. Le cours commence et nous sortons nos affaires avec lenteur. On surplombe la salle, étant donné qu'on est assis tout au fond, et regardons la chère institutrice faire des larges mouvements de mains pour mieux nous faire comprendre des histoires d'ions, je crois. Je tourne la tête vers Bill. Il dessine la totalité de sa feuille de cours, sans me prêter une miette d'attention. Et surtout en me cachant la vue de son avant bras. Réprimant ma curiosité, je fais mine d'écouter le cours, avant de laisser ma main traîner près de sa cuisse, puis de la poser. Ses cheveux volent vers moi, entraînés par un mouvement de tête gracieux, tandis que ses yeux foncés semblent chercher une réponse. Et il se remet à dessiner, ou à écrire, je ne sais pas.

Je soupire et fait bouger mon talon frénétiquement, comme lorsque je suis stressé, emportant dans son geste la totalité de ma jambe droite. Je caresse doucement son genou, pour entendre un claquement de langue réprobateur. Je vais te la bouffer. Ou plutôt j'aimerais.

« - Tu dessines ?
- T'occupes de rien, rétorque-t-il sans m'accorder un regard. »


Bon. J'apprécie. Surtout, je me fais chier. Je passe donc à peu près dix looongues minutes à essayer de comprendre ce cours, prendre des notes ou à faire des ratures sur ma feuille après m'être laissé aller à écrire un Bill dans la marge, prolongé par un c½ur criant de vérité. Je le regarde de nouveau. Il se mord la lèvre, apparemment très concentre, et penche la tête.

Une minute plus tard environ, un sourire éclaire son visage lorsqu'il dépose une feuille colorée sur la table que l'on partage. Une feuille presque entièrement coloriée en rouge. Un magnifique ' Je t'aime... ' noir occupe toute la place de la feuille, ainsi qu'un c½ur en dessous, d'un rouge plus profond. Et il a signé dans un coin d'un ' TON BILL'. C'est à mon tour de lui sourire alors qu'il attendait ma réaction.

« - Merci, mon amour... soufflais-je tendrement à son oreille.
- De rien..., répond-il en m'effleurant le torse de ses doigts fins. »



Je suis content de me retrouver, après ce cours en compagnie de Bill, devant le lycée. On fume ensemble, dans un coin relativement retiré. Bien sûr, nos copains respectifs sont là.
En expirant lentement l'épaisse fumée, je me morfonds sur moi-même. Je me pose des questions inutiles, du type ' mais à quoi ça rime, tout ça ?'. Le point non négligeable étant que je l'aime à me damner, et que lui serait plutôt d'accord pour qu'on soit ensemble. Pourtant, un doute subsiste en moi. Nous sommes frères, et ça rien au monde ne pourra le changer. Est-ce qu'on sera assez forts ensemble pour affronter notre entourage, nos amis, s'assumer au lycée ? Je me sens mal, comme pas à ma place, ici, mes doigts entremêlés à ceux d'Andreas. J'ai l'impression de jouer un jeu malsain, ne serais-ce que pour jouer avec les sentiments d'Andy et ceux de Tobias. Parce que j'en suis sûr, il est amoureux de Bill.

Un sourire éblouissant de Bill me tire doucement de ma torpeur.

« - Hébé, Tom ? Fait pas cette tête là, on dirait presque que tu... réfléchis, plaisante-t-il avec une moue effarée. Et c'est carrément flippant, rajoute-t-il avec un petit sourire triste caché derrière ces blagues.
- C'est pas parce que ça t'arrive peu souvent, voir jamais, que tu dois prendre ton cas pour une généralité, Bill Kaulitz-Trümper, rétorquais-je du tac au tac, tirant la langue.
- Pff. T'as la haine, c'est tout.
- Alors, ça, c'était faible x).
- Blablablaaah. »


Ô, passionnant dialogue ! Très profond, en plus de ça.

# Posté le samedi 21 juin 2008 16:26

Modifié le dimanche 29 juin 2008 18:49

Voici un OS assez personnel, mais étant donné que je ne poste plus grand chose, je le mets ici quand même.

Voici un OS assez personnel, mais étant donné que je ne poste plus grand chose, je le mets ici quand même.
OS : Goût de dégoût


Ma vue se brouille, obscurcie par de naissantes larmes de rage. Tes mots se balancent lascivement, ballet funèbre. Un sourire au goût amer vient étirer mes lèvres, avant de tenter d'expirer avec lenteur afin de calmer le rythme de mes respirations qui se rapprochent inexorablement. Que répondre à un tel manque de discernement et même de délicatesse, tellement que ces phrases en pueraient la provocation ? Lettres s'enfilent en mots, puis mes phrases se composent difficilement, pourtant lorsque je lirais ce résultat je me dirais que ça reflète vraiment mal mon soi-disant détachement. C'est dur de canaliser ses émotions, de répondre devant un amour à sens-unique, mais pas ignoré.



Et lorsque je reviendrais à ce qui devrait me redonner ma joie de vivre pure et dure, ce qui m'aura toujours été destiné, ces lèvres pleines et au sourire éblouissant, alors mes belles illusions et mes promesses d'assagissement s'évanouiront dans son odeur charnelle si différente de la tienne. Je me noie dans le souvenir de ton vice, celui dans lequel tu m'as plongée et transpercée de toutes parts, perdant les notions et les bases que j'aurais mis tant de temps à acquérir. Je ne sais plus discerner quoi que ce soit, tout ce qui comptait pour moi s'est dissout lentement pour retrouver les lambeaux restants de moi-même, ceux que tu auras épargnés.



Cette chose qui me brûle, me répugne lorsque j'effleure ces lèvres qui ne sont pas les tiennes. Pourtant, je ne t'ai jamais rien promis, et toi encore moins. Je t'ai timidement laissé l'accès à mon c½ur, ou tu t'es précipité pour profiter de mes faiblesses et essayer de me vider de toute substance, avant que je t'arrête. Ces courbes que je vénérais, son c½ur que je chérissais, ses yeux que j'admirais, tout maintenant me semble creux et vide de sens. Je viens à regretter ton empressement, ta fougue et pourtant ta frigidité sentimentale ; opposé à cet océan de douceur et de bons sentiments qui me donne maintenant envie de m'enfuir le plus loin possible de ces yeux me suppliant de l'aimer. Ca ne me ressemble pourtant tellement pas. Au lieu de boire sagement un antidote certain à ce qui me dévore lentement de l'intérieur, j'ingurgite ce poison goulûment jusqu'à la dernière goutte, espérant en mourir plus vite et surtout encore plus intensément.



Ses yeux me pardonneront d'ores et déjà, m'enveloppant d'une chaleur amoureuse et d'un regard tendre, tandis que les tiens me dévisageront avec dédain et déjà à moitié fermés, dont le vert s'assombrira pour mieux me toiser. Son odeur m'étourdira par abus combinés avec des superpositions de fragrances moites et musquées, pourtant la force et le naturel de la tienne me rendra folle à force de chercher à la capturer. Sa saveur sucrée me dégoûtera par trop d'excès, la simplicité de la tienne me fera juste tourner la tête, toujours en quête de plus. J'ai beau chercher à te noyer dans un ressentiment haineux, ta main s'extirpera de la surface plane et lisse de ce liquide glacial transparent pour m'happer à ta suite.



Sa peau aux allures satinées et promettant le soleil et sa chaleur rassurante me laisse de glace à présent, c'est ta carnation pâle et nacrée, parsemée de tâches de rousseurs qui enchantera les cellules des bouts de mes doigts, rien qu'en effleurant une parcelle ta nuque délicate. Ses cheveux sombres, lisses et ébouriffés là ou mes mains aimaient se perdent à l'intérieur, contrastent avec l'anarchie des tiens, d'un châtain profond et légèrement bouclés, que je n'ose pas toucher de peur de bousculer leur douceur nuageuse. Ses mots me feront pleurer ou bien sourire, quelques fois soupirer, alors que les tiens m'arrachent toujours un sourire à travers mes larmes passionnées à la pensée que ces mots sont pour moi.


# Posté le lundi 07 juillet 2008 16:46

OS * Le rêve doucereux de la haine qui s'évanouit * OS

Je suis dans le hall principal du lycée, dans un coin légèrement reculé et entouré de ma bande d'amis habituelle. Ceux-ci sont assez diversifiés, que ce soit au niveau du sexe, du style, des options, des goûts musicaux ou même de l'orientation sexuelle. Nous nous connaissons seulement depuis une année et demi, mais nous nous sommes tous plus ou moins très rapidement entendus. Pour faire assez rapide, nous sommes généralement six, plus précisément quatre garçons et deux filles. Pour commencer, du côté masculin il y a Julian, Thomas, Tobias et moi. Ensuite, il y a Helen et Lena, mais comment font-elles pour nous supporter ?

Nous sommes en pause pour encore dix minutes et encore une fois, je laisse mes yeux vagabonder sur la salle grouillant de monde, qui me semble pourtant tellement vide de son essence.

« - T'arrêtes de rêver, Tom ?! C'est pas que t'étais le seul qui disait pas trop de la merde, mais un peu quand même, ironise Lena, adossée au mur avec l'air exténué. »

Lena est une blonde à très fort caractère. Elle est très bavarde et pourtant reste toujours mystérieuse. Elle est très convoitée au lycée, malgré ou grâce à sa réputation de fille facile. Elle a des yeux d'un bleu pâle et des tâches de rousseur. Elle est très bien faite et a une taille moyenne. Elle s'habille toujours avec des couleurs criardes et des habits relativement larges, mais qui laissent deviner ses formes. Elle est scientifique, pas par son propre choix. Ses parents l'y ont contrainte. Elle est toujours très franche, mais n'a toujours pas osé dévoiler ses sentiments au volage Tobias. Elle s'entend bien avec Helen, bien qu'elle soit jalouse qu'elle soit passée dans les bras de son aimé tandis qu'elle n'a pas encore eu cet 'honneur'.

« - Toutes mes condoléances, Lena. Tu vas devoir engager une conversation avec notre cher matheux qui révise ses formules qui servent à rien... répondis-je avec un sourire.
- Toi, va écrire ton autobiographie et fous moi la paix, grogne le matheux en question : Tobias.«

Tobias, renommé Tobi, est celui avec qui je m'entends 'le moins bien'. Il est très porté sur les filles, le sexe, et vice-versa. Pas de place pour l'amour dans ses discours et c'est sans doute ce qui me dérange quelques fois. C'est un blond assez banal, aux yeux marron avec de jolis cils noirs. Je pense que c'est son sourire éblouissant qui lui vaut toutes ses conquêtes, tout comme ses muscles bien développés, sans exagérations. Il est, lui aussi, scientifique et n'a de cesse de nous rabattre les oreilles avec ses histoires du style que sans la physique et les mathématiques le monde s'arrêterait de tourner. Lena est amoureuse de lui, mais ça il ne le voit pas, trop occupé à autre chose. Il joue de la guitare sèche à ses heures perdues, sans avouer que c'est surtout un bon attire-filles. C'est le plus réaliste de nous tous et arrive toujours à calmer nos crises passagères de mauvaise humeur.

« - Ca suffit vos conneries un peu ? On vient à peine d'arriver et déjà la guerre des séries commence. Vous voulez pas éviter, au moins le matin ? Please, geint notre beau Thomas, accompagné de Julian, tout en nous faisant la bise. »

Thomas est aussi d'une taille remarquable, mais toutefois pas autant que Julian. Il est longiligne et est un des bourreaux des c½urs des homosexuels de ce lycée, mais ça j'y reviendrais plus tard. Ses yeux d'un bleu foncé tirant presque sur le gris y sont sûrement pour quelque chose, tout comme ses cheveux noirs mi-longs et son teint délicieusement hâlé. Il est aussi littéraire, mais lui est plus porté sur les langues, comme il se plaît à en plaisanter. Il est très extraverti et joue beaucoup de son physique. C'est sûrement celui qui nous donne le plus matière à rire. Ses habits sont la plupart du temps très moulants et mettent en valeur sa silhouette élancée. Il est très perspicace et devine habilement ce que pense chacun.

« - Je suis bien d'accord. La tolérance, c'est la clé ! sourit Julian. »

Julian est celui dont je suis le plus proche, sûrement parce que je le connais théoriquement depuis ma naissance, mais qu'on ne s'est réellement appréciés que depuis l'année dernière. Il a les cheveux noirs en bataille, des grands yeux sombres, contrastant avec sa peau diaphane. Il est immense et atteindra bientôt le mètre quatre vingt-dix et est relativement musclé. C'est le littéraire du groupe et parfaitement stéréotypé, c'est-à-dire qu'il passe son temps à écrire des poèmes, est souvent dans ses pensées et à une imagination sans limites, ce qui lui a déjà valu de grandes désillusions dans sa vie amoureuse d'hétéro. Il s'habille simplement, mais toujours avec soin et des couleurs neutres. C'est quelqu'un de très intelligent et posé, une personne de confiance. Il a du répondant et trouve tout le temps les mots justes pour me faire sourire, même lorsqu'il ne le cherche pas vraiment.

« Elle est ou Helen d'ailleurs ? enchaîne le brun avec un air indescriptible
- Julian... Laisse la ou elle est, tente Thomas.
- Sûrement avec sa copine la pseudo-sataniste. Je ne peux pas supporter cette fille, c'est physiologique. »

Helen a été une des conquêtes de Tobias, qui nous a rejoints depuis peu. Sa bonne humeur quasi constante et ses yeux verts joyeux nous ont tous charmés. C'est notre mélancolique et notre artiste. Elle est en options arts et dessine admirablement. Elle a une mini plastique de rêve pour son mètre cinquante cinq, qui la fait énormément complexer. Ses yeux pétillants ont malheureusement toujours une faille, qu'elle s'arrange toujours par cacher par une de ses mèches rouges lorsqu'une larme vient troubler leur éclat. Elle parle peu, mais bien. Elle est lesbienne et l'assume, bien qu'elle soit aussi celle qui a récemment brisé le c½ur de Julian en rompant pour cette raison.

« - C'est vrai que dans le genre morne et stupide, cette fille on fait pas mieux. Mais je t'assure Julian, oublie cette histoire, passe à autre chose ! T'es beau en plus, je sais qu'il y a pas mal de filles qui serait absolument pas contre de te faire oublier Helen par tous les moyens possibles... dit Lena avec un sourire.
- C'est pas une rupture normale, c'es encore pire. Il faut le vivre pour le comprendre, je pense. C'est encore plus à gerber que des ' j'aime quelqu'un d'autre, désolée'. C'est plus comme un ' tu m'as dégoûté de la race masculine par ta nullité '. Mais ça vous le savez déjà et je veux pas m'étendre là-dessus.
- Mais ça Tobi a peut-être quelque chose à voir là-dedans, dit Thomas avant d'éclater de rire.
- Merci Thomas. J'avoue que même si c'était peu délicat, c'était bien marrant. Tzz. Je suis tellement bon au pieu que c'est pas poss-
- Tais-toi Tobias, siffle Julian, son rire s'arrêtant comme il était venu à la remarque de Thomas.
- ...Vous pourriez écrire des chansons d'amour, ou un recueil de poèmes sur l'incompréhension de l'être aimé, les L, non ? Rien qu'avec les malheurs de Julian et Tom.»

Un soupir collectif.

« - On t'a connu plus délicat, Tobias, lance Helen avec un léger sourire moqueur, récemment arrivée.
- On t'a surtout connu moins con, dis-je avec une aigreur non dissimulable. Je vous ai déjà dit que je préférais éviter ce sujet, et surtout qu'on le tourne en dérision.
- Désolé, Tom, s'excuse sincèrement le concerné. »

Je grommelle un 'c'est pas grave, Tobi'. Je remarque avec tristesse les yeux de Julian rivés sur ceux d'Helen, son regard est toujours débordant d'amour, d'incompréhension et peiné. Ca fait une semaine qu'ils sont séparés et je sens que Julian est toujours au trente sixième dessous, même s'il ne le montre pas. Quand à moi, même après un an, je suis toujours autant mal.

« - Je vais foirer mon exam', constate Tobi.
- Nooon, t'inquiètes. T'es intelligent, tu vas te débrouiller. T'as qu'à draguer la prof, au pire ? s'amuse Lena, avec un pointe d'amertume bien cachée.
- Beeeahrk. J'me suis quasiment fait tout ce qui était trop bon, bon et potable au lycée, et la prof' n'appartient à aucune de ces catégories.
- La faim justifie les moyens, tant pis pour toi, dit elle en haussant faussement les épaules. »

Le visage de Lena s'est fermé brusquement. La pauvre, pourquoi est-ce qu'elle est tombée amoureuse de lui ?

« La solidarité entre blonds, comme c'est beau... Tom, tu veux pas t'y mettre ? rigole Thomas.
- J'étais CHÂTAIN CLAIR, Thomas, châ-tai claaair. Pas blond. Ou alors très foncé. C'est bien clair ?
- Oui, ex-blondasse en chef ! sourit Thomas. Oups, désolé Lena, je parlais pas de toi cette fois-ci, finit-il avant d'éclater de rire à sa propre plaisanterie.
- Bon, les gays, on arrête de se chamailler un peu ?
- Toi, révise. Sinon je te saute dessus, beau blond, dit Thomas avec un énorme sourire et en faisant mine de caresser sa tempe.
- Pschitt. Je révise, c'est bon. Allez, hop, dégage.
- Parfait. Bon, on a quoi, les L, là ? »

Je sais parfaitement ce qu'on a comme cours, malheureusement. Surtout en commun avec qui.

« - Thomas t'as italien, Helen art, moi j'ai musique mais je vais sécher, et toi Julian t'as perm'.
- Merci ! Mais.... Hésite-t-elle, tu devrais aller en musique, Tom... Ca fait un an, tu sais, tente Helen.
- Tu viens Julian ? On va dehors ? dis-je, l'ignorant et serrant les dents. »

Je détaille les traits dudit Julian. Il est toujours aussi morose. Ses cernes se font de plus en plus mauves et ses veines toujours plus bleues tellement sa peau devient translucide. Il n'a pas l'air bien, vraiment.

« - Je sais pas. J'ai froid, tu sais.
- On reste dans le hall, alors. A plus les gens ! Assied-toi, t'es pâle, murmurais-je. »

Le voir comme ça m'attriste. Je sais ce que c'est qu'un chagrin d'amour et je compatis à sa douleur. Je dis bonjour à quelques personnes qui passent devant moi et vois la salle se vider progressivement. Soudain, Julian me regarde bizarrement, l'air juste lassé de tout ça.

« - Je vais rentrer chez moi, Tom. Je vais dormir. J'en ai besoin, je pense. Excuse-moi de te laisser tout seul alors que tu pourrais le croiser. A demain, Tom.
- Appelle moi si t'as besoin d'en parler, okay ? S'il te plaît.
- T'inquiète pas, je sais que t'es là. On se comprend tous les deux. Bon courage. »

Il me dépose un bisou sur la joue avant de disparaître. Je pousse un long soupir et me laisse glisser à terre. Le hall est vide. J'ai une heure à tuer, tout ça pour ne pas le croiser. C'est pitoyable. J'y repense tout le temps, comme une routine de douleur. Je ressasse tous ces souvenirs heureux, ceux ou j'avais prise sur celui dont j'étais amoureux. Maintenant tu m'échappes.

Il faut dire que tu n'étais pas le plus facile à apprivoiser. Tes yeux oscillant entre la chaleur du chocolat et le sucré du caramel m'avaient alléché et surtout enchanté. C'était une des choses que je préférais chez toi. La façon dont tu me regardais, si particulière venant de toi. Tu me regardais comme si... je comptais. Pourtant, tu es toujours ce Bill trop populaire et aimé pour être accessible à tous. Pourquoi moi ? Je n'étais pas aussi bien que toi. J'étais juste bon en guitare.
A présent je suis un de tes ex-copains comme tu dois en avoir des centaines et dont tu n'as plus rien à foutre. Dieu sait pourtant à quel point je t'ai aimé. On a été très 'médiatisé' en tant que couple et il faut dire que j'ai pas mal de succès, sans pouvoir toutefois rivaliser avec toi. Je sais exactement le nombre de vrais copains que tu as eu au lycée depuis que tu m'as jeté. Seulement trois, mais combien d'amants à côté ?

Aucun de ces trois garçons n'avait vraiment l'air de te rendre heureux comme moi je le faisais – ou pensais le croire - , tout comme votre couple était moins 'glamour' que nous deux. Ces mecs étaient généralement des hétéros beaux et sans cervelle, bien foutus : des racailles que tu te plaisais à dominer et à domestiquer. Juste pour prouver que personne ne te résiste. Mais qu'as-tu à prouver ? Je te savais loyal, attentif, à l'écoute, romantique, bon au pieu, amusant, posé, épicurien, un peu jaloux aussi. Qui es-tu à présent ? Je me damnerais pour le savoir, mais je ne dois pas. Ne pas retomber dans le piège qui m'a avalé.

Il y a une rumeur qui circule depuis peu, ce matin d'ailleurs, que Bill aurait un nouveau copain. Il s'appelle Benjamin et pour une fois, il n'a pas l'air aussi stupide que les autres. C'est un des gays du lycée qui s'assume, mais qui a peu de conquêtes ou de succès. Il est pas mignon, mais a un certain charisme. Je sais qu'il a un très fort caractère. Il a toujours une grosse mèche noire qui lui barre ses yeux entre le vert et le marron. Il est de taille moyenne et se définit comme un 'emo'. Je sais que c'est un des amis d'avant d'Helen, à qui elle parle encore quelques fois. Il correspondrait bien aux goûts de Bill, c'est ce qui me fait le plus peur. Et si jamais il en tombait amoureux ?

Je soupire encore une fois et pose ma tête contre le mur, fermant les paupières avec délice. Je commençais à m'envoler vers le pays de mes songes, quand tout à coup la porte battante émet un bruit mat. Des voix éclatent à quelques mètres de moi, dont une qui me fait frissonner.

« - J'ai raté mon cours de musique pour toi, alors j'espère que je vais avoir des explications, crache Bill en plaquant un brun violemment contre le mur froid.
- Y'a rien à expliquer, Bill... sourit le fameux Benjamin, sans se démonter.
- C'est toi qui a lancé cette putain de rumeur sur nous deux ?
- Bien sûr... ronronne l'autre. »

Son 'ronronnement' lui aura valu un bon coup de poing dans le ventre, avec un léger plus qu'est la bague métallique de Bill. Il a le souffle coupé un instant, mais ne perd pas sa contenance. Je crois que Bill n'a pas vu que j'étais là, étant donné que je suis assis derrière un tabouret.

« - Ouff. T'as de la force quand même !
- Pourquoi t'as fait ça ?!
- Je sais pas... Parce que je suis amoureux de toi depuis... à peu près... deux ans ? Mais j'ai décidé que tu te rappellerais de moi au moins pour quelque chose et en plus j'ai pu goûter à la 'douceur' de tes mains au moins une fois... rit-il, mais je sens que sa voix reste sincère.
- T'es un taré, lance Bill d'un air méprisant.
- Au moins on aura été assez amis, tous tes exs ne peuvent pas se vanter de ça... »

Lorsque je vois que le sourire de Benjamin s'agrandit, je devine que le visage de Bill s'est fermé avec force.

« - Ta gueule...
- Tu sais de qui je veux parler, n'est-ce pas ? Ahh, comme tu m'en parlais de celui-là. J'en étais mort de jalousie. Chacun son tour. Il te manque, hein ?
- Il m'a trompé et il ne me manque pas, siffle Bill. »

Je n'étais absolument pas au courant que Bill avait largué un de ses mecs pour cette raison. C'est peut-être la dernière racaille en date, qui s'est un peu amusé avec une fille. En tout cas, Bill en souffre encore, ça se voit. Il devait être amoureux et mon c½ur se serre à cette idée.

« - Si, il te manque... T'étais même amoureux de lui, non ? Ton premier amour... se moque-t-il.»

Benjamin vient de se prendre une magnifique droite en pleine face. Son sourire reste pourtant bien accroché. De dos, je remarque l'énervement de Bill rien qu'à sa cambrure.

« - Tu la fermes, c'est clair ?! Je veux plus entendre parler de lui.
- Le premier qui t'a fait cocu c'est celui à qui tu as offert ton c½ur, douce ironie...
- Mais comment tu sais tout ça toi ?! Qu'il m'a trompé ?
- Tu m'en avais parlé, chéri. Il y a de ça un an... »

Pourtant, il y a un an, Bill et moi étions ensemble. J'y comprends rien.

« C'est même moi qui t'avais prévenu qu'il avait couché avec la blonde de sa bande... Tu sais, Lena ? »

Lena est une de mes proches amies. Que dois-je croire ? Je n'ai pourtant pas couché avec elle.

« - Je ne le sais que trop, crache-t-il. Je peux pas la supporter, je peux plus supporter leur petit groupe d'amis parfaits. Tous beaux, tous gentils, toujours là les uns pour les autres. Burk. Quand j'y pense, quand je revois la tête de Tom à ce moment là. Quand je suis sorti avec Matthias, un matin ou on était encore sensés être ensemble, il avait l'air vraiment dépressif après, le pauvre, minaude-t-il. »

Il a presque craché mon nom, comme si de prononcer ses consonnes et sa voyelle lui arracheraient la gorge. Les pièces du puzzle s'assemblent lentement, m'ahurissant.

« - Que tu es stupide, Bill... sourit encore une fois Benjamin. Tom... ? souffle-t-il en écarquillant les yeux, m'apercevant enfin. »

Le visage de Benjamin se décompose, tandis que Bill se retourne brusquement, faisant voleter ses cheveux noirs. Ses yeux me lancent de furieux éclairs, que je comprends à présent. Je me lève et me dirige vers Benjamin. Je ne regarde pas Bill, je lui demande juste d'une voix rauque mais posée de bien me tenir le brun. Je ne peux réprimer une esquisse de sourire lorsque je vois son sourcil droit se hausser quasiment à la verticale. J'agrippe le T-shirt rayé de Benjamin, effleurant avec un frisson les doigts de mon amour au passage, et balance son propriétaire une nouvelle fois contre le mur.

« - Si j'ai tout compris de là-bas, c'est toi qui lui a dit cette connerie sur Lena et moi ?
- Tu te prêtais si bien au jeu Tom, le jour ou il est sorti avec Matthias, tu avais la petite blonde dans tes bras... Ca a suffit à Bill, rit-il. Quelle totale confiance en moi, j'en ai été touché... »

Je tourne ma tête vers Bill. Il est à deux mètres de nous et regarde la scène, hébété. Ses yeux semblent vides, ou alors juste remplis d'incompréhension. Ses traits m'attirent à l'amour passé, à notre bonheur partagé, tout ce qui me manque tant.

« - Je déteste la violence et je compte pas changer juste pour un connard comme toi. Ta jalousie te bouffera, de toute façon. Et puis si c'est pas moi qui le fais, Tobias le fera de lui-même. Pourquoi se fatiguer ? Et autre chose, je pense que si tu tenais encore un minimum à Helen, tu viens de la perdre pour de bon, déclarais-je calmement. »

Je lui décochais quand même un coup au niveau du thorax, juste pour me défouler un minimum. Il me regardait toujours avec un air amusé, malgré que sa bouche se soit tordue dans un rictus de douleur. Je décelais pourtant dans ses prunelles la tristesse qui y perlait. Finalement, j'ai préféré tourner les talons après avoir récupéré mon sac qui gisait à terre.

Je me dirige vers la sortie du lycée, pour enfin me poser sur un muret. Seul. Mes pensées bourdonnent. J'ai enfin la réponse à mes interrogations. Une raison à ma douleur sourde et lancinante. Je me roule une cigarette avec lenteur, la tête ailleurs. J'enflamme quelques instants plus tard le tabac au bout du cylindre, pour tirer dessus.

« - Tu m'en roules une, Tom ? »

Je relevais la tête, mon visage au niveau du menton de mon aimé. Je suis plutôt décontenancé, mais sais à présent que je pourrais peut-être l'avoir encore à mes côtés. L'absence d'animosité dans sa voix suave me transporte. Je souris.

« - On en fume deux ensemble ? J'ai pas envie d'en rouler une deuxième tout de suite.
- Ca me va, répond-il avec un sourire. »

Je prends le filtre entre deux de mes doigts et va le porter à ses lèvres. Ses mains rejoignent les miennes, m'effleurant doucement pour prendre le contrôle de la cigarette. Un sourire étire la commissure droite de ses lèvres.

« - On a à parler, je pense, non ? dis-je avec un petit sourire timide.
- Je ne crois pas, tranche-t-il. »

Je lève les yeux vers lui. Il expire la fumée avec lenteur, disparaissant dans le ciel grisâtre. Son regard est rivé sur les nuages.

« J'ai besoin d'y réfléchir, dit-il dans un long soupir.
- J'ai envie de ré-apprendre à te connaître par coeur. Qu'on redevienne ceux d'avant qu'on sorte ensemble. Amis, pour le moment. Ca te laissera le temps d'y réfléchir, comme ça, non ? »

Bill me tend la cigarette, une main sur une de ses hanches fines. J'attrape la cigarette et de mon autre main agrippe la sienne, pour la coller contre mon c½ur, la caressant doucement. Je le sens frissonner. J'ai l'impression que chaque mouvement que l'on fait a une grâce infinie, d'un goût de paradis.

« - Je suis d'accord. Alors on se voit en musique, après demain ?
- On ne se verra plus jusque là ? Je t'avais promis une roulée, tentais-je.
- Finis-la, je vais y aller, Tom. »

Je balance la fin de la clope et tire sur son bras pour l'attirer à moi, tandis que je sautais du mur pour le rejoindre. Nos corps se sont entrechoqués et je me suis senti voler, encore. Je niche ma tête dans son cou et y dépose un bref baiser, avant de souffler sur sa clavicule avec douceur. Il émet un léger claquement de langue, avant de murmurer un douloureux ' arrête, Tom '.

« - Pourquoi ?
- Je veux pas me remettre avec toi parce que tu me fais un effet monstre, je veux ré-apprivoiser l'amour que j'avais pour toi, métamorphosé en haine. Je veux prendre mon temps.
- On se serre la main, alors ? dis-je en riant. »

Il rit à gorge déployée, spectacle ravissant.

« - Si tu insistes...
- Non, non. Je tiens à te faire la bise. »

Je prends une de ses mèches de cheveux, que je soulève doucement pour enlacer sa nuque de ma paume. Je la caresse doucement, puis pose ma main sur sa hanche, que j'effleure sous son t-shirt d'un doigt enchanté. Je prends ensuite sa mâchoire entre mes mains et m'accorde quelques instants pour admirer ces traits tant aimés, ceux dont j'ai tant rêvé et fais des cauchemars à la fois. Pour enfin lui déposer deux minuscules mais tendres baisers sur chaque joue, fondant au contact de ses lèvres se déposant en retour sur mes joues rougies de bonheur.

Il sourit légèrement.

« - Je t'ai fais la bise, non ?
- C'est vrai, tu as été très sage, dit il en commençant à reprendre son sac sur son dos. A mercredi, Tom.
- A mercredi. A part si je t'attrape au détroit d'un couloir ?
- Tu pourras me serrer la main.
- Quel honneur, riais-je. J'ai droit à un dernier bisou ? A t'en faire un ?
- Tout dépend ou, sourit-il avec douceur.
- Je choisis et je promets de ne pas t'embrasser. »

Je m'avance vers lui et lui dépose un tout petit bisou sur le nez. Ensuite, je viens effleurer doucement sa paupière inférieure, puis ses pommettes saillantes. Mon doigt retrace leurs courbes avec douceur.

« - Allez, va-y, sinon je vais être trop triste de te quitter, dis-je en me détachant de lui brusquement.»

Son visage blêmit légèrement et ses yeux s'accrochent aux miens.

« - Tom ?
- C'est moi.
- Est-ce que... je peux t'embrasser ? dit-il dans un timide souffle, des étoiles dans ses prunelles.
- ... Non, Bill. Tu dois réfléchir. Je veux que tu saches si tu veux revenir avec moi ou pas, malgré cette année qui a passé, lui dis-je avec douceur. »

Il me sourit encore, tout timide. Pour murmurer un 'd'accord'. Je le serre fort dans mes bras, je m'enivre de son odeur. Je me sens bien, tout simplement.

« Tu m'as manqué, mon Ange... »

Son regard s'illumine et il embrasse ma tempe avec lenteur. Un sourire attendri prend place sur mes lèvres tandis que je sens les siennes se refermer sur mon visage avec une tendresse infinie.

« - Toi aussi, Amour. Je m'excuserais de ne pas t'avoir fait confiance plus tard, d'accord ?
- D'accord. Bill ? T'as changé le code de ton casier ?
- Non, pourquoi ?
- Pour savoir. Envole-toi, maintenant... souris-je. »

Et il s'éloigne doucement, retournant dans le lycée. Je regarde l'heure, ça sonne dans deux minutes. J'ai largement de temps d'en rouler une jolie pour Bill, pour lui mettre dans son casier. Je prends mon temps, pensant à lui. Il m'a tellement manqué. Une fois la roulée prête, je sors un petit post-it de mon sac et écrit un petit mot rapide.

' Je te l'avais promise, la voilà. Comme ça tu auras ma salive et donc mon ADN dans ta bouche et entre tes lèvres, faute de mieux pour l'instant...
Je te fais la bise :P.
Tom.'

Je dessine un c½ur dans un coin et attend que ca sèche un peu. Je frotte ensuite le papier contre la peau de mon cou pour y déposer mon parfum, puis colle le post-it sur la cigarette. Je mets ma main dans une de mes poches larges, cachant mon post-it des regards. Je prend mon sac et me dirige vers le casier de Bill. Je fais le code, comme si un an n'était pas passé et qu'on se laissait toujours des mots dans nos casiers comme des collégiens. J'y dépose la roulée avec délicatesse, puis referme la porte métallique. Je me ravise et sors un marqueur noir de mon sac, pour griffonner un c½ur sur l'intérieur de la porte, puis signe dans un coin. Je referme le casier, puis me dirige vers ma salle de cours.

Je suis un peu en avance, mais je retrouve devant la porte Thomas, adossé au mur. Je lui souris, puis le prend dans mes bras pour le serrer fort.

« - Ca va, Tom ? T'as l'air d'être défoncé tellement t'as l'air heureux et à côté de la plaque. T'as passé ou ta perm', demande-t-il en riant.
- Tout d'abord, Julian est rentré chez lui... Il avait l'air vraiment pas bien, il faut que je l'appelle ce soir.
- Des fois je déteste Helen pour ça.
- Moi aussi.
- Mais. Ca ne m'explique ton euphorie... »

Je lui souris simplement.

« T'as l'air... amoureux, mais content de l'être. Ca fait longtemps que je t'ai pas vu comme ça... Qu'est-ce qu'il y a ? Y'a un nouveau beau gosse dans le lycée ?!
- J'ai... parlé avec Bill. »

Le sourire de Thomas brille de milles feux. Il m'enlace de nouveau un instant plus tard.

« - T'attends quoi ? Raconte !
- Je sais pourquoi il m'a largué. Un de ses amis qui est amoureux de lui lui avait dit que j'avais couché avec Lena, pour foutre la merde. Et le lendemain quand Bill a du me voir avec Lena dans les bras, il en a tiré des conclusions hâtives...
- Putain. C'est qui ce mec ?!
- Benjamin.
- Le gay moche, là ? Le pote d'Helen ?
- Exact.
- Alors lui, j'ai bien envie de lui en coller une... voir deux. Quoi que. Tobias s'en fera tellement une joie... ! Bref. Et donc ?
- Je me suis cassé après m'être expliqué avec le vieux mec, j'suis allé fumer dehors. Et Bill m'en a demandé une. Bref, on a parlé et on a déduit qu'on restait amis pour le moment, le temps d'y réfléchir.
- Cool... ! Vous vous êtes pas embrassés, donc ? Pas cool...
- On s'est embrassés quasi de partout, sauf sur les lèvres, riais-je. »

Il saute partout, puis me reprends encore dans ses bras.

« - Je suis troooooop content pour toi, Tommychouuuuuw ! »

Je lui souris et lui dépose un bisou sur la joue. Soudain, Julian se fige.

« Ah, attends, y'a Bill, là. Va le voir ! »

En effet, Bill était à l'autre bout du couloir, contre le radiateur. Il rayonnait littéralement, attirant par son halo quasiment l'attention de toute sa classe. Je le fixais, doucement, puis sors mon portable et rédige un texto, pour l'envoyer à un numéro que j'ai supprimé, mais que je connais encore par c½ur.

' Lève la tête et regarde au bout du couloir. '

Il sourit à je-ne-sais-qui, puis même de loin, en lisant sur ses lèvres, je sais qu'il vient de dire « Ah, j'ai un ami ! », avant de sortir son téléphone. Un sourire étire ses lèvres alors qu'il lève la tête. Il m'aperçoit, puis descend la tête vers son écran. Un peu déçu, je continue toutefois à le dévisager.

Mon téléphone vibre doucement dans ma main et un frisson me parcourt.

' Ca m'a manqué de ne plus pouvoir te regarder sans que mes larmes me brûlent. '

Je réponds instantanément.

' Tu m'enchantes. J'ai envie de t'embrasser, Bill. '

Je guette sa réaction. Il ne relève pas la tête vers moi, il pianote simplement à une vitesse folle. Ses mèches noires me cachent la vue de son visage, seules ses lèvres rosées m'apparaissent.

' J'aurais aimé me lever, traverser ce couloir devant tout le monde, te plaquer contre un mur et t'embrasser langoureusement comme si on ne s'était jamais quittés... Et que ça se termine aux toilettes, pour finir avec une petite touche de romantisme :D.'

Je ris à gorge déployée, puis lui lance un clin d'½il malicieux alors que je sens des papillons virevolter dans mes entrailles.

' Je t'embrasse, chéri. On se voit mercredi. Echauffe-toi bien la voix, je t'apporterais une tisane bien chaude dans ton lit bientôt. '

Une réponse quasi-immédiate apparaît à l'écran, pour mon plus grand bonheur.

' Je réfléchirais en cours. Je veux être avec toi, Tom, c'est ce que j'ai toujours voulu. Tu viens chez moi cet après-midi ? J'ai pris ma décision. '

Je soupire doucement. Je ne veux rien précipiter.

' On restera amis jusqu'à mercredi, donc demain, Bill. Je m'en fais la promesse. J'irais chez toi après le cours de musique ;D. '

C'est dur de dire non.

' Bien. Tant pis pour toi :P. Amis jusqu'à mercredi. Tu veux venir voir mes amis (nouveaux) ? Je leur ai un peu parlé de toi. Il faut que tu fasses tes preuves, tu passes pour un connard. T'as intérêt à leur plaire. '

Je souris doucement en secouant la tête. J'suis de nature un peu timide, mais je crois que pour Bill je vais faire quelques efforts. Je prends congé de Thomas avec un clin d'½il, puis traverse le couloir. Mon aimé me reluque de haut en bas, avec un regard de braise. Mon style a un peu changé depuis l'année dernière.

J'étais un peu ce qu'on appellerait 'rappeur'. J'avais toujours des grands baggys bleus et des t-shirts démesurés. Mes dreads blondes, mon piercing à la lèvre inférieure et mes casquettes étaient le petit plus.
A présent, mes cheveux sont toujours torsadés, mais teints en noir de jais.. J'attache mes cheveux en queue de cheval haute, mais ai arrêté de porter mes casquettes. Je m'habille beaucoup plus sombrement à présent, même si mes habits restent très larges. Je me trouve beaucoup mieux comme ça. Plus mystérieux. Je ne sais même pas si mon nouveau style plaît à Bill, je ne lui ai pas demandé étant donné que je me suis teint les cheveux – c'est ce qui a été la cassure – un mois jour pour jour après sa rupture.


Je m'approche du groupe d'amis de Bill. Ils sont bien différents de notre groupe. Ils sont moins liés, plus superficiels et basés sur la popularité. J'appartenais à une bande de ce genre avant, je sais comment me comporter. J'en connais quelques uns, ça va me faciliter la tâche.

Je souris à Bill, puis fais la bise à tout le monde, fille ou garçon, en répétant ' Tom' à chaque fois. Je dégage gentiment Bill du radiateur, me mets à sa place pour ensuite l'accueillir entre mes jambes et coller mon torse contre son dos. Son odeur est presque aphrodisiaque.

« - J'vous présente Tom, j'crois que vous le connaissez un peu...
- Ouais... dit un des mecs, l'air pas franchement enthousiaste.»

Je le reconnais. Il était amoureux de moi en début d'année dernière, mais n'avait osé le dire à personne. J'étais sorti avec Bill peu après, donc il a arrêté de me harceler. Je lance un petit sourire au garçon et le détaille en un coup d'½il. Un grand châtain aux yeux verts et avec un visage très pur, pour faire bref. Il pourrait avoir du succès s'il a fait son coming-out.

« - Je peux te parler... Florian, c'est ça ?
- Heuh... ouiieuh, okay, dit-il en rougissant.
- On revient dans deux secondes. »

Je lui indique la cage d'escalier à un mètre de là et me détache de Bill doucement, laissant une main m'attarder sur sa hanche.

« J'veux pas t'effrayer, surtout. Je voulais savoir si t'avais fait du chemin avec ton homosexualité. Tu te considères toujours comme homo ?
- Oui... pourquoi ?
- Tu t'assumes ?
- ... Non.
- Pourquoi ? T'as honte de ce que t'es ? Les gays sont pourtant bien acceptés ici.
- Je... non. Je sais pas... Je crois que j'étais juste... amoureux de toi, en fait.
- Tomophile ? demandais-je en riant, pour détendre l'atmosphère.
- Euh, dit-il en rougissant.
- Okay. On va pas s'attarder plus, je veux pas que Bill croie des trucs. Mais on en reparlera, je me fais la promesse que si t'es vraiment bi ou homo, tu t'acceptera, déclarais-je en souriant . »

Je reviens donc avec bonheur aux côtés de Bill, puis lui souffle tout doucement au creux de l'oreille :

« Vivement mercredi...
- Hey, Tom ? lance une blonde. T'es nouveau au lycée ?
- Je crois pas... J'étais blond avant, c'est peut-être pour ça.
- Attends. C'est toi LE Tom ?
- Ca dépend de quel Tom tu parles, dis-je en souriant doucement.
- Tom qui écoute du rap, celui qui se tape tous les mecs du lycée et qui fait baver toutes les filles, qui se la pète et qui a un piercing à la lèvre... »

Personne ne parle.

« - Je crois pouvoir dire que j'étais ce Tom là, en effet.
- C'est vrai qu'en y regardant bien, t'es vraiment toujours canon.
- Julia, arrête de t'enfoncer, ça suffit un peu, tente une de ses amies.»

Elle marque une pause, puis écarquille les yeux.

« NON. C'est toi le fameux ex de Bill ?! »

Bill se frappe le front de la paume de sa main.

« - NON, PAS POSSIBLE... Des fois ta perspicacité m'étonne, Julia. Surtout le nombre de fois ou on a parlé de Tom le beau connard, ironise Bill.
- J'suis arrivée que cette année, c'est pas ma faute !
- Ouais, bah ça t'oblige pas à être conne. T'as de la chance que Tom l'ai bien pris, dit un mec.
- Ca suffit les gens, on s'en fout, dis-je un ton posé et froid. »

Bill se retourne vers moi, avec un petit sourire amusé. Son haussement de sourcil suggestif, je sais très bien ce qu'il veut dire. Quelque chose du style ' Hm, t'es sexy quand t'es autoritaire, mon c½ur '. La sonnerie trouble le cours de mes pensées. Je refais la bise à tout le monde, disant que j'ai été enchanté, avec un petit sourire, puis enlace Bill avec force. Et tourne les talons.

Lorsque j'entre dans ma salle de cours, je reçois un sms de Bill, que je m'empresse d'ouvrir dès que j'ai trouvé une place et le lit au fond de ma poche.

' T'as gagné Tom, ils t'aiment bien :D. Ton nouveau style a fait mouche... Si t'avais pas été mon 'fameux ex' (et que je n'imposais pas le respect), je sais que toutes les filles m'auraient demandé ton numéro en me demandant si t'étais bi ;). '

Je réponds simplement un petit ' Tu commences à quelle heure demain ? '

La réponse ne se fait pas attendre.

' La même heure que toi, dans tous les cas ;). '

Je souris béatement et m'étale sur ma chaise. Je n'ai jamais été aussi amoureux. Je passe le reste de l'heure à dessiner des petits c½urs sur ma copie, ce qui fait bien rire Helen et Thomas. Je reçois un autre sms. Je souris déjà en pensant que c'est Bill qui attend une réponse cohérente, mais mon sourire s'affaisse un peu lorsque je vois le nom d'Helen s'afficher sur l'écran.

' Je suis super heureuse pour toi, Tom. Vous étiez tellement mignons ensemble. Vous êtes faits l'un pour l'autre. Vivement mercredi pour que je puisse me régaler de la vue de votre amour retrouvé :D. Julian va comment ? '

Je tapote rapidement la réponse.

' Merci, p'tiote :'D. Pour Julian, je sais pas trop... Je comptais lui passer un petit coup de fil ce soir. Envoie lui un sms, ça lui fera mégaplaisir. Et écoute le cours un peu, rohw ;). '

Je reçois ' Chef, oui chef... ' quelques instants plus tard.


Le lendemain matin, je me réveille un quart d'heure plus tôt qu'à l'accoutumée. Je vais passer chercher Bill, ce qui nécessite d'accorder une attention toute particulière à mon apparence. J'ai vraiment envie de lui plaire. Tout en prenant ma douche, je décide de laisser mes dreads détachées, ce qui est rarissime. Je choisis un grand baggy noir, avec un t-shirt de la même couleur, agrémenté par des imprimés rouges sang. J'enfile un grand sweat noir à capuche, tout simple. J'enfile chaussettes et chaussures de la même couleur, puis va déjeuner un minimum. Je vais ensuite essayer de discipliner un peu mes cheveux torsadés. Ensuite, je passe rapidement aux toilettes, me brosse les dents, pour finir par m'asperger de parfum rapidement.

Je pousse la poignée de ma porte d'entrée, mon sac de cours sur le dos, et sors. Je marche lentement jusqu'à chez Bill, qui habite quelques rues plus loin. Je ne fume pas sur le chemin, je me contente d'écouter un peu de musique. Une fois devant sa porte, je lui envoie un sms.

' Je crois que quelqu'un aimerait bien redécouvrir ta tête du matin. Va lui ouvrir la porte, presto ! '

Deux minutes plus tard, Bill m'ouvre la porte de la maison avec un grand sourire. Je ne vois que sa tête dépasser de la porte, apparemment il était en train de se lisser les cheveux. Il me fait signe de rentrer avec un air malicieux.

« - Tu es beau à se damner avec tes cheveux comme ça, Tom... dit-il en refermant la porte derrière moi »

C'est là que je remarque qu'il est en boxer. C'est trop d'émotions pour ce matin. J'avais oublié qu'l était aussi attirant.

« - Tu es beau à se damner habillé comme ça, Bill... rétorquais-je avec un air appréciateur. Mais j'exige que tu ailles au moins mettre un jean. Je t'en prie, suppliais-je.
- Oui, mon chéri, dit-il avec un grand sourire. »

Pourtant, au lieu de monter dans sa chambre pour ramasser un jean, il se rapproche dangereusement de moi. Et me vole un baiser. Des papillons s'envolent dans mon ventre.

« - Va t'habiller, Bill, dis-je d'une voix trop rauque.
- Pourquoi ? On est mercredi, non ? répond-il d'un air malicieux.
- Après le cours de musique. Va t'habiller.
- J'ai même pas droit à un vrai bisou ? geint-il.
- ... Juste un bisou, alors. »

Je m'avance vers lui, tout doucement. Je le recule contre le mur et colle nos bassins. Je caresse doucement son torse du bout des doigts, frotte doucement ses bras nus, embrasse son cou. Je pose mes mains sur ses hanches nues et glisse tout doucement mes mains sous l'élastique de son boxer. Elles n'iront pas plus bas. Je rapproche mon visage du sien, effleure doucement ses lèvres, me frotte doucement contre sa bouche. Bouche que j'ouvre plus franchement en me collant à la sienne. Pour y glisser ma langue quelques instants plus tard. Lorsqu'elles se rejoignent, je comprime le bassin de Bill contre moi. Je redécouvre son goût, celui métallique de son piercing et le sucré de ses lèvres. Je commence à me frotter contre lui avec lenteur. Bill me masse doucement la nuque d'une de ses mains, y appuyant une légère pression pour nous rapprocher encore. Il lâche mes lèvres, pour venir visiter mon cou. Je sais déjà ce qu'il va faire. Il suçote avec douceur la peau sensible de mon cou, aspire goulument l'épiderme offert. Quelques instants plus tard, seul le rouge vif témoignera du passage de ses lèvres. Je m'applique donc à lui en poser un à mon tour. Je me colle toujours plus à lui, et tandis que je fais rouler doucement sa peau fine entre mes lèvres, je laisse mes mains vagabonder sur sa carnation dénudée.

Il me fait vraiment trop envie, continuer serait dangereux. Je sens son excitation contre la mienne. Je dépose un doux baiser contre sa bouche, puis me baisse pour embrasser son étoile à l'aine. Avant de me détacher de lui.

« - Quel bisou... dit-il.
- 'Clair...
- Putain, j'en ai vraiment trop envie là. T'es une tentation pas possible. Tu me chauffes en plus !
- Même pas vrai ! dis-je en riant. Allez, va te préparer, mon ange.
- Tu viens avec moi ? Tu m'habilleras, comme ça ? »

J'hoche la tête et le suis dans sa chambre. Elle n'a pas changé, elle correspond toujours autant à Bill. Mystérieuse et lumineuse en même temps.

« - Je vais me lisser les cheveux, tu viens me tenir compagnie, demande-t-il de la salle de bain.
- Volontiers, dis-je en souriant. Bill ?
- Oui, entends-je au loin.
- Ton visage pas maquillé m'avait beaucoup manqué...
- Ton sourire amoureux m'avait beaucoup manqué aussi, Tomi. »

J'éclate de rire, attendri, avant de m'engouffrer dans la salle de bain. Bill est devant son miroir et se lisse ses cheveux d'ébène avec application. Je vais me placer contre le mur opposé et le regarde par le biais du miroir. Il sourit à mon reflet, puis me lance un clin d'½il malicieux.

« - Au fait, je t'ai pas dit. J'adore ta couleur de cheveux et ton léger changement de look, t'es vraiment canon comme ça... dit-il avec un sourire.
- Merci, Bill, rougissais-je.
- Nan, mais comprends-moi bien, t'étais déjà super canon avant, mais là ça dépasse les limites l'imagination...
- N'exagère pas trop, dis-je avant d'éclater de rire. »

Je l'entends souffler doucement, en bougonnant 'tzz, pas possible celui-là, jamais content, on lui fait un super compliment et... pas même une once de reconnaissance'. Sa moue vexée me fait craquer.

« - Arrête de faire cette bouille, Ange, j'ai encore quelques heures à tenir.
- D'accord... dit-il tendrement, avec un sourire compréhensif.
- T'es tout beau, tu sais... même pas maquillé.
- Chut. Pas vrai. »

Je m'approche doucement de lui, par derrière, pour enlacer sa taille de mes bras avec lenteur. Je pose mon menton dans sa nuque et respire son odeur boisée. J'embrasse son cou tendrement, d'une multitude de petits baisers. Il ronronne de bonheur, arrêtant presque de lisser sa frange un instant. Je me penche pour déposer un bisou sur sa tempe, puis retourne à mon mur, satisfait.

Quelques minutes plus tard, Bill replace quelques mèches de cheveux et arrange sa frange de deux doigts manucurés agiles. Sa masse capillaire retombe élégamment sur ses fines épaules nues. Il me sourit, puis m'invite à choisir ses habits tandis qu'il se maquille. J'acquiesce doucement, puis me dirige vers sa chambre.
J'ouvre son placard sur le point de s'effondrer et ne sais plus où poser mes yeux. Il y a tellement d'habits à l'intérieur que je décide de procéder par étapes. D'abord, le pantalon. Je déniche un pantalon légèrement large noir, qui ira très bien avec ses adidas de la même couleur. En ce qui concerne le t-shirt, j'en trouve un noir avec une tête de mort rouge. La veste que je choisis est elle aussi noire, en cuir et avec quelques bandes blanches sur les manches ou les flancs. Je prends aussi soin de lui emmener des bracelets et une bague noire, que je lui avais offerte l'année dernière et qu'il avait soigneusement posé sur sa table de nuit, sans pourtant la mettre.

« - Tiens !
- Tu t'y es retrouvé, me demande-t-il souriant, tout en noircissant ses paupières.
- Très bien, il faut dire que c'est pas la première fois, rétorquais-je.
- C'est vrai. Alors, montre-moi ce que t'as choisis et je verrais.
- Oui, princesse, dis-je en éclatant de rire. »

Je m'exécute donc, devant sa bouille vexée. Une fois que j'ai montre tous les habits, il semble assez satisfait de mes choix mais garde toutefois une expression hautaine.

« - Merci, vous pouvez vous retirer à présent.
- Pardon ?! je m'exclame, ahuri.
- Je rigole, Tom, répond-il tendrement, tout en enfilant son pantalon. »

Je m'assois donc sur les toilettes et attends qu'il ait terminé. Je regarde ses fesses se tortiller lorsqu'il se retourne pour passer sa ceinture dans les sangles, je regarde son ventre se recouvrir doucement de tissu lorsque je tirerais sur t-shirt, lui venant en aide en débloquant sa tête et son brushing parfait, je le regarde enfiler ses chaussettes noires en équilibre, sans tomber, je détaillerais son désirable visage lorsqu'il lacera rapidement ses chaussures, je le regarderais enfiler son blouson en cuir le moulant avec précision, je fixerais ses jolies mains fermer ses bracelets sur ces poignets et enfin je meurs de bonheur en le voyant passer ma bague à son doigt.

« - T'es rho beau, dis-je avec un air niais, alors qu'il dégage quelques cheveux de sa nuque.
- Merci Tom, t'y es pour quelque chose...
- C'est vrai que cette coordination fringues te va super bien.
- Non, c'est que tu me rends heureux... De porter cette bague, ça me fait tellement plaisir. Je l'ai fixée pendant un an, sans pouvoir la mettre sans penser à toi.
- Bill... soupirais-je, avant de me jeter dans ses bras. »

Il me serre avec force, puis soupire à son tour en disant 'allez, on y va, on va être en retard sinon'. J'acquiesce, puis me détache de lui à contre c½ur. Il attrape son sac noir à bandoulière sur le lit, le place sur son épaule et me prends la main. On descend les escaliers ensemble, côte à côte et mon c½ur se gonfle de bonheur en réalisant qu'il est enfin à mes côtés. Mon téléphone vibre alors que je récupérais mon sac à dos abandonné dans l'entrée. J'ai un sms de Julian.

' Désolé Tom, hier je n'ai pas pu décrocher, j'étais en état de parler à personne. Je suis super heureux pour toi et Bill, même si je sens que votre bonheur va me rendre envieux. On se voit en histoire, en tout cas! Bisous et je te souhaite beaucoup de bonheur. Julian.'

Ca c'est du texto. Je remarque que Bill est figé, la main sur la poignée, me regardant.

« - J'ai le droit de demander qui t'envoie un sms ou c'est encore trop tôt, rougit-il ?
- C'est Julian.
- Ha... répond-il, attendant vraisemblablement que je m'autorise à donner des détails.
- Il nous souhaite du bonheur et s'excuse de s'être bourré la gueule hier. »

Bill hausse un sourcil perplexe en guise de réponse, une fois de plus. Je souris en répondant.

« T'es pas au courant de son histoire avec Helen, toi qui sait tout ?
- Helen... une petite brune aux yeux verts, qui traîne depuis peu avec vous ? La copine de Tanja, l'horrible 'gothique' ?
- Exact, tu fais honneur à ta réputation.
- Ils ont été ensemble ces deux-là ? C'est vrai qu'ils iraient super bien ensemble...
- Ils étaient parfaits, tu veux dire. Mais Helen l'a largué parce qu'elle se serait rendue compte de son homosexualité.
- Ouhw. Coup dur pour Julian, j'imagine, grince-t-il.
- Oui, il était très amoureux d'elle.
- Et combien de temps a-t-elle attendu avant de se caser avec la pauvre conne ?
- Une minuscule semaine, même pas.
- Pas très clean cette Helen, très sadique même.
- Oui... Jusqu'à avant-hier, Julian et moi on était les pauvres dépressifs inconsolables par la perte de l'être aimé.
- Et tu vas le laisser dans son gouffre, seul, te complaisant dans les yeux de ton amour retrouvé ? »

Je m'avance vers lui et souris contre ses lèvres, puis me détache sa bouche.
« - N'y compte pas trop. Je vais soutenir mon ami d'enfance. Il a été là pour moi lorsque tu m'as largué, négligeant parfois même presque Helen pour moi, alors je ferais pareil pour lui. Dans la mesure du possible, bien sûr, dis-je avec un clin d'½il.
- Ca me va. »

Il marque une pause.

« Tu dois être génial comme ami. Mais tu l'es encore plus comme copain...
- Je l'espère bien !
- Allez, tu répondras à son texto en marchant, je ferme la porte, dit-il en me poussant dehors.»

Je marmonne un 'quelle politesse...', avant de sortir mon téléphone de ma poche. Je commence à pianoter, tout en mettant un pied devant l'autre avec lenteur. Bill me rejoint, tornade brune, pour me saisir une main un instant plus tard.

« - T'as pas besoin des deux, j'imagine ?! »

Son air satisfait me fait sourire lorsque j'entremêle nos doigts.

« Tu me feras lire ? Je suis curieux de voir ce que tu répondras à ça.
- Si t'attends encore une minute, oui. »

Il hoche doucement la tête, puis marche simplement en me caressant le pouce avec calme, le visage levé vers le ciel et ses mèches au vent frais matinal.

La minute passée, je lui tends le téléphone de ma main libre.

' Quoi qu'il se passe, je serais là pour toi Julian, comme tu l'as tellement fait pour moi l'année dernière. Je ne vais pas te faire la morale pour hier soir, ta gueule de bois est sûrement suffisante pour te faire remarquer l'inutilité de la chose. On en reparlera en histoire ;), si t'as envie et/ou besoin, bien sûr. A toute à l'heure. Bisous de Tom ! '

« - T'es tout mignon. Et je plains ce pauvre Julian, ça craint vraiment son histoire avec Helen.
- Oui...
- Ohw, t'as vu, on est même pas en retard ! dit-il en apercevant les grilles du lycée.
- Je n'en reviens pas, bizarrement.
- C'est les autres qui ne vont pas en revenir de nous voir ensemble, je crois, rétorque-t-il en souriant.
- Ne rigole pas trop, je n'en reviens pas non plus. »

Il me dépose un tendre baiser sur les lèvres, puis sur le nez.

« - T'inquiète pas, Tomi, je ne suis pas près de te lâcher.


_( To be continued )_




Voici donc un OS, futur TS que j'ai écrit depuis peu. Je me remets doucement au yaoi ( pas au twincest pour l'instant ), après une grande pause.

J'espère que vous aimerez :S et que vous me pardonnez de pas avoir donné signe de vie ou presque pendant tout ce temps.

J'vous fais des bisous et vais vous prévenir!

So' <3

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 08:54